Le gouvernement algérien vient d’instaurer une obligation de service de cinq ans pour les nouveaux étudiants du pôle technologique de Sidi Abdellah. Cette mesure, formalisée par décret présidentiel et publiée au Journal officiel, ne concerne que les écoles spécialisées en intelligence artificielle, cybersécurité, mathématiques et nanosystèmes qui sont hébergé à Sidi Abdellah. Les futurs diplômés devront travailler dans des institutions nationales, tandis que les étudiants actuels bénéficient d’une clause de sauvegarde. Une décision qui s’inscrit dans la stratégie de souveraineté technologique du pays et de fuite des cerveaux, mais qui interroge la liberté de choix professionnel.
Le gouvernement algérien a introduit une nouvelle obligation pour les étudiants de premier cycle inscrits dans les écoles du pôle technologique de Sidi Abdellah. Ces nouveaux étudiants devront s’engager à travailler pendant cinq ans dans des institutions nationales après l’obtention de leur diplôme. Cette mesure s’apparente à une forme de service civil, visant à garantir le retour sur investissement de la formation d’élites dans des domaines stratégiques pour le pays.

La décision a été formalisée par le décret présidentiel n° 26-228 du 23 Dhou El Hidja 1447 correspondant au 9 juin 2026, qui modifie et complète le décret présidentiel n° 23-416 du 26 novembre 2023 portant statut-type de l’école nationale supérieure relevant du pôle technologique de Sidi Abdellah, wilaya d’Alger. Ce texte a été publié au Journal officiel de la République algérienne, numéro 44, daté du 18 juin 2026.
Cinq ans d’engagement national obligatoires pour les nouveaux étudiants du pôle de Sidi Abdellah
Cette obligation ne concerne que les universités du pôle scientifique et technologique Chahid Abdelhafid Ihaddaden de Sidi Abdellah, qui regroupe quatre écoles nationales supérieures spécialisées : l’école d’intelligence artificielle (ENSIA), l’école de cybersécurité, l’école de mathématiques et l’école de nanosystèmes. Les autres universités algériennes ne sont pas affectées par cette mesure.
Selon les informations disponibles, la mise en œuvre de cette obligation se fait selon les modalités suivantes. Les nouveaux étudiants qui obtiennent leur baccalauréat et sont admis à l’une de ces écoles sont tenus de signer un engagement contractuel les liant à ce service de cinq ans dans le secteur public national. En revanche, les étudiants actuellement inscrits bénéficient d’une clause de sauvegarde car ils ont le choix de signer ou non cet engagement, ce qui leur permet de décider librement de leur parcours professionnel après le diplôme.
500 000 spécialistes et 7% du PIB : le pari algérien sur l’intelligence artificielle
Cette mesure s’inscrit dans la stratégie plus large de l’Algérie pour renforcer sa souveraineté technologique et limiter la fuite des cerveaux. Le pays ambitionne de former 500 000 spécialistes des technologies de l’information et de la communication d’ici 2027, avec l’objectif de porter la contribution de l’intelligence artificielle à environ 7% du PIB national.

