1 juin 2026

L’Algérie célèbre l’auto-entrepreneuriat <br> Plus de 30 000 jeunes intégrés et une économie en pleine métamorphose


Cette intégration rapide de plus de 30 000 auto-entrepreneurs n’est pas qu’une statistique; elle « traduit une nouvelle dynamique en matière de mentalités et de modes de fonctionnement », a affirmé Noureddine Ouadah. Elle incarne une « transformation tangible dans le processus de numérisation de l’économie », marquant le passage d’une économie informelle vers un écosystème entrepreneurial moderne et inclusif. L’Algérie mise clairement sur l’innovation et l’autonomie pour bâtir une nouvelle génération d’acteurs économiques, notamment issus des domaines des sciences humaines et sociales, prêts à apporter des solutions concrètes aux défis de demain.

Un statut clé pour l’emploi
Cette dynamique positive est le fruit d’une politique volontariste. Le statut de l’auto-entrepreneur, concrétisé par la loi n° 22-23 signée par le Président de la République en décembre 2022, vise à organiser et encadrer les nouvelles activités économiques issues de l’essor du numérique et de l’économie de la connaissance. Il représente une passerelle essentielle pour des milliers de jeunes et de professionnels qui œuvraient souvent dans l’informel.

Cette carte ouvre la voie à des avantages significatifs pour les auto-entrepreneurs. Elle apporte d’abord une grande simplicité administrative, levant des barrières souvent rédhibitoires comme l’obligation de disposer d’un local commercial ou de s’inscrire au registre du commerce. De plus, elle facilite l’accès bancaire en permettant l’ouverture d’un compte dédié, simplifiant ainsi les transactions et la gestion financière. La fiscalité est également allégée grâce à un régime d’impôt forfaitaire unique (IFU) au taux préférentiel de 0,5% du chiffre d’affaires (conformément à la Loi de Finances 2024), ce qui minimise la charge fiscale. En outre, l’auto-entrepreneur bénéficie d’une couverture sociale, un filet de sécurité indispensable pour tout travailleur. Enfin, la loi facilite même l’exportation pour certains services numériques (comme le développement web/mobile ou l’e-marketing), offrant la possibilité de transférer tous les revenus en devises vers l’Algérie.

Ces mesures visent non seulement à réduire le nombre d’individus évoluant dans le « marché parallèle » sans protection, mais aussi à développer l’esprit entrepreneurial et à fluidifier l’accès des jeunes au marché du travail par l’auto-emploi.

L’inscription simplifiée, une réussite numérique
Le processus d’obtention de la carte est lui-même un exemple de modernisation. L’Agence Nationale de l’Auto-Entrepreneur (ANAE) a lancé en janvier 2024 une plateforme numérique intuitive, permettant aux personnes éligibles de s’inscrire en ligne. Au Salon, une initiative inédite a permis une inscription instantanée : les candidats qualifiés pouvaient obtenir leur carte en moins de 10 minutes, soulignant la volonté d’une administration rapide et efficace.

Le Salon national de l’auto-entrepreneur, qui s’étale sur deux jours au Palais de la Culture « Moufdi Zakaria », sous le haut patronage du Président Abdelmadjid Tebboune, est bien plus qu’une simple exposition. Il vise à « renforcer la visibilité des compétences qui contribuent, quotidiennement, à la transformation économique de l’Algérie », comme l’a souligné le ministre Ouadah.

Les participants ont pu bénéficier d’espaces interactifs de réseautage, favorisant les rencontres entre auto-entrepreneurs et entreprises (publiques et privées) à la recherche de talents flexibles et fiables. Des « business dating » ont même permis la conclusion de contrats initiaux sur place dans des domaines variés comme les technologies de l’information et le design.

Enfin, dans un geste fort de solidarité, le Salon a également mis en lumière l’initiative virtuelle « Ghaza Talent » de Palestine, réaffirmant le soutien constant et indéfectible de l’Algérie aux causes nobles.

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