10 octobre 2026

Starlink part à l’assaut du marché américain de la téléphonie mobile <BR> Elon Musk veut bousculer les opérateurs traditionnels

Le vendeur ? Grain Management, un fonds spécialisé dans les infrastructures télécoms. Avec ce coup de force, Starlink s’attaque directement au cœur de métier des opérateurs traditionnels pour proposer de la téléphonie mobile directe depuis l’espace, en s’affranchissant des contraintes actuelles.

Elon Musk ne cachait d’ailleurs pas sa joie sur X, qualifiant ces fréquences de « dernière pièce manquante du puzzle » pour quadriller entièrement le territoire américain.

Pourquoi ces fréquences valent de l’or
C’est mathématique et physique car les ondes basses voyagent beaucoup plus loin et traversent les murs épais bien mieux que les hautes fréquences. Résultat, une couverture immense et un signal qui passe enfin à l’intérieur des maisons.
Jusqu’à présent, Starlink dépannait surtout les zones blanches paumées au milieu de nulle part. Avec ces nouvelles bandes, la donne change car l’entreprise veut marier ses satellites à des infrastructures terrestres pour viser le grand public, partout.

Mais patience. En août dernier, la directrice générale Gwynne Shotwell a refroidi les plus pressés en fixant le lancement officiel de Starlink Mobile aux États-Unis à fin 2027.

Wall Street prend peur, les géants toussent
À Wall Street, l’effet de l’annonce a été immédiat et brutal. Dès les transactions en préouverture, les investisseurs ont paniqué : l’action d’AT&T a chuté de 6,7 %, tandis que celles de T-Mobile et de Verizon ont reculé respectivement de 6,7 % et de 5,8 %.

La panique a traversé l’Atlantique. À Francfort, Deutsche Telekom a décroché de −7,9% (le géant allemand contrôle 53 % de T-Mobile). Même constat en Europe pour Orange (−3,4%), Telefónica (−3,3%) et Vodafone (−4,3%). Pendant ce temps, l’action de SpaceX grimpait de 3,6 %, surfant sur une dynamique de +50% depuis août.

Les patrons de télécoms changent de ton
Il y a encore peu, les grands patrons du secteur riaient sous cape. John Stankey, le patron d’AT&T, jurait qu’un tel modèle économique n’était « pas viable ». En septembre, Dan Schulman (Verizon) enfonçait le clou, affirmant qu’en ville, la fibre et les antennes terrestres restaient « mille fois plus efficaces » que le satellite.

Sauf que ce rachat rebat les cartes. Les marchés n’attendent plus 2035 pour s’inquiéter.Reste un immense caillou dans la botte de Musk l’Europe. Contrairement au bloc américain, le Vieux Continent fonctionne au compte-gouttes. Chaque pays attribue ses propres fréquences et impose ses propres régulations.

Pour transposer son modèle européen ou africain, Starlink va devoir s’enliser dans un marathon administratif complexe. Les opérateurs historiques européens ont encore un répit, mais la menace vient de passer à la vitesse supérieure.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *