15 mai 2026

Huawei ICT Day 2026 <BR> L’Algérie mise sur sa jeunesse pour accélérer la transformation numérique

« Inspiring Algerian Talents » : quand Huawei s’invite au Ftour
C’est dans une atmosphère chaleureuse, celle d’une soirée de Ramadan, que s’est déroulée la cérémonie de remise des prix du hackathon « Tech4Connect 2026 » et de la reconnaissance des lauréats du programme « Seeds for the Future ». L’événement, organisé par Huawei Algérie dans le cadre du ‘ICT Day’ annuel, a réuni étudiants, start-uppeurs, représentants du gouvernement et acteurs du secteur privé.

Il faut savoir que le programme « Seeds for the Future » est l’initiative phare de Huawei en matière de responsabilité sociale des entreprises (RSE). Lancé en 2008, il vise à former les talents locaux aux technologies de pointe. En Algérie, l’édition 2025 a sélectionné les meilleurs étudiants de plus de 44 universités pour un stage intensif de 15 jours à Alger, suivi d’une semaine d’immersion au siège mondial du groupe en Chine.

Un hackathon au service de la souveraineté technologique
Le « Tech4Connect 2026 » a mis au défi plus de 200 étudiants répartis en équipes trinômes, composées d’un spécialiste en intelligence artificielle (IA), d’un expert métier et d’un lead designer avec pour objectif de développer en 48 heures des prototypes innovants exploitant le Huawei Cloud, l’IA, la 5G et l’énergie numérique pour répondre aux défis de deux secteurs stratégiques.

Le hackathon s’articulait autour de deux catégories principales. En AgriTech, les défis portaient sur l’agriculture intelligente, l’optimisation des ressources hydriques et la traçabilité des productions. Dans la catégorie Villes intelligentes, les équipes devaient proposer des solutions de mobilité durable, de gestion énergétique urbaine et de services publics connectés.
Deux équipes ont été primées dans chaque catégorie, récompensant « l’innovation et la créativité de la jeunesse universitaire algérienne », selon les organisateurs.

Numérisation comme « nécessité »
Noureddine Ouadah, ministre de l’Économie de la connaissance, des Start-up et des Micro-entreprises, a prononcé un discours en faveur de la transformation digitale, qualifiée de « nécessité » pour l’Algérie.
Trois piliers structurent la vision du ministre. Premièrement, la souveraineté technologique : « Nous possédons toutes les compétences nécessaires », a-t-il martelé, assurant que les ingénieurs algériens sont capables de développer des logiciels « au sein des systèmes technologiques les plus complexes conçus par Huawei ».

Deuxièmement, l’écosystème start-up : le ministre a souligné le rôle croissant des start-up algériennes, soutenues par les dispositifs de financement de l’État, et a insisté sur le fait que ces jeunes pousses doivent désormais contribuer « de manière concrète » au chantier présidentiel de numérisation, avec une ambition d’export vers l’Afrique et le monde.
Troisièmement, la collaboration public-privé : un partenariat inédit a été annoncé, par lequel Huawei intégrera des programmes développés par des start-up algériennes dans ses systèmes technologiques, offrant ainsi une vitrine internationale aux développeurs locaux.

Il terminera son speech en disant « Les talents algériens sont vraiment, vraiment, vraiment inspirés. Et ils n’attendent que de contribuer à cet immense effort. »

Micro-entreprises et intégration : le maillon fort
Le ministre a également mis en lumière un aspect souvent méconnu de la politique numérique algérienne à savoir le rôle des micro-entreprises. Financées par les dispositifs étatiques, ces structures, souvent créées par de jeunes diplômés, œuvrent au quotidien pour « rapprocher Internet et les TIC des citoyens ».

Selon Ouadah, ces micro-entreprises constituent un levier essentiel pour accélérer le rythme de la numérisation, augmenter le taux d’intégration technologique locale et mieux maîtriser des technologies jugées « sensibles ».

Pour le ministre, l’objectif est clair à savoir faire de l’Algérie un hub technologique régional, capable d’exporter ses compétences vers l’Afrique subsaharienne. Un pari audacieux, qui reposera sur la capacité des jeunes talents primés ce soir-là à transformer ces promesses en réalisations concrètes.

En Algérie, le statut de micro-entreprise, créé en 2022, permet aux jeunes de bénéficier d’exonérations fiscales et de financements pour lancer leur activité. Le gouvernement compte plusieurs dizaines de milliers de ces structures dans le secteur des TIC.

Huawei : entre engagement historique et stratégie commerciale
Tony Sze, président-directeur général de Huawei Algérie, a répondu à ces avances en saluant la « profondeur des relations historiques » entre Alger et Pékin. Il a réaffirmé « l’engagement du groupe à accompagner la transformation numérique du pays », en insistant particulièrement sur la dimension stratégique de la formation.
Cette posture s’inscrit dans une stratégie globale de l’entreprise chinoise, qui cherche à consolider sa présence sur le continent africain face à la concurrence américaine et européenne. En formant les talents locaux et en intégrant les start-up algériennes à son écosystème, Huawei sécurise ses marchés tout en répondant aux attentes de souveraineté des États africains.

Bilan et perspectives
‘ICT Day 2026’ marque un tournant dans la relation entre l’Algérie et Huawei avec des partenariats structurants via la formation, le transfert de technologies et l’intégration des écosystèmes locaux.
Plusieurs étapes méritent d’être surveillées dans les mois à venir, notamment le déploiement concret des solutions primées lors du hackathon dans des projets pilotes, l’intégration effective des start-up algériennes dans le catalogue Huawei, ainsi que l’organisation de l’édition 2026 du programme « Seeds for the Future » et son extension éventuelle à de nouvelles universités.

Smart City
Le terme « Smart City » (ville intelligente) désigne une urbanisation qui utilise les technologies de l’information et de la communication (TIC) pour améliorer la qualité de vie des citoyens, optimiser la consommation énergétique et réduire l’impact environnemental. L’AgriTech, quant à elle, combine agriculture et technologies numériques pour relever les défis de la sécurité alimentaire mondiale.

Agritech
L’AgriTech (contraction de Agriculture et Technology) désigne l’ensemble des technologies numériques et innovantes appliquées au secteur agricole. Elle vise à moderniser et optimiser l’ensemble de la chaîne de valeur agricole — de la production à la distribution — en utilisant des outils comme l’intelligence artificielle, l’Internet des objets (IoT), les drones, les capteurs connectés, l’analyse de données (big data) et les plateformes numériques. L’objectif principal est d’améliorer la productivité, réduire l’impact environnemental, optimiser la consommation d’eau et d’engrais, garantir la traçabilité des produits et renforcer la sécurité alimentaire face aux défis démographiques et climatiques.

Le Hackaton en bref
200+ étudiants mobilisés pendant 48 heures
44 universités représentées dans le programme « Seeds for the Future »
4 équipes primées (2 par catégorie)
15 jours de stage à Alger + 1 semaine en Chine pour les lauréats
Partenariat annoncé entre Huawei et les start-up algériennes

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