Le ministère de la Poste et des Télécommunications a annoncé mardi la fin des travaux de maintenance sur le câble sous-marin SMW4 à Palerme. Grâce à une stratégie de redondance efficace, aucune perturbation n’a été ressentie par les 45 millions d’utilisateurs internet algériens, confirmant la résilience des infrastructures du pays.
Le ministère de la Poste et des Télécommunications a affirmé, mardi dans un communiqué, que les travaux de maintenance programmés sur le câble sous-marin de fibre optique SMW4 (acronyme de South East Asia-Middle East-Western Europe 4), au niveau de la station de Palerme en Italie, se sont achevés avec succès selon le calendrier prévu.
Le ministère précise dans son communiqué que « l’opération de maintenance n’a eu aucune incidence sur la qualité du service internet en Algérie ». Cette réussite s’explique par les mesures techniques proactives déployées par Algérie Télécom, notamment la redirection de la capacité internet concernée vers d’autres câbles sous-marins de secours, appelés câbles redondants. Cette stratégie a permis de garantir la continuité du service et de maintenir le débit habituel pour les utilisateurs.
Pour cette maintenance débutée le 9 mars dernier, les équipes techniques devaient accomplir des opérations complexes, notamment le remplacement de répéteurs sous-marins. Ces dispositifs jouent un rôle crucial car ils amplifient le signal lumineux sur de longues distances afin de compenser l’affaiblissement progressif que subit la fibre optique en parcourant des milliers de kilomètres sous la mer. Grâce à une préparation minutieuse, l’ensemble de ces interventions s’est déroulé sans le moindre accroc.
Dans ce cadre, le ministère de la Poste et des Télécommunications réitère « son engagement permanent à suivre la disponibilité des infrastructures internationales de télécommunications et à déployer de nouveaux câbles pour assurer la qualité de la connexion internet internationale en Algérie ».
Pourquoi ces infrastructures sont-elles vitales ?
L’Algérie dépend largement des câbles sous-marins pour son accès à internet global. Actuellement, le pays est connecté via plusieurs systèmes, dont le SMW4, ALVAL, ORVAL, ALPAP et prochainement le Medusa. Cette diversification constitue une priorité nationale pour éviter les interruptions de service qui peuvent paralyser l’économie numérique, les transactions bancaires en ligne, les services gouvernementaux et la communication internationale.
La réparation du câble sous-marin SEA-ME-WE 4 implique des navires câbliers spécialisés pour localiser, remonter et souder la fibre optique sectionnée en haute mer. Ces opérations techniques complexes nécessitent une expertise pointue et des équipements de précision.
La Méditerranée concentre une densité exceptionnelle de câbles sous-marins en raison de son rôle de carrefour stratégique entre trois continents : l’Europe, l’Afrique et l’Asie. Cette concentration offre certes des opportunités de connectivité riches et variées, mais elle génère également des risques accrus. En effet, de nombreux facteurs peuvent endommager ces artères numériques, tels que les ancres de navires qui s’abattent parfois sur les câbles enfouis, les tremblements de terre sous-marins qui provoquent des glissements de terrain, ou encore l’usure naturelle des matériaux après des décennies d’immersion.
C’est précisément pourquoi l’Algérie doit impérativement multiplier ses points d’atterrissement, ces stations côtières où les câbles émergent de l’eau pour se connecter aux réseaux terrestres, et diversifier ses routes alternatives. Cette stratégie de résilience trouve une concrétisation majeure avec le projet Medusa, attendu pour début 2027, qui viendra renforcer significativement la redondance des infrastructures télécoms du pays.
A Savoir
Qu’est-ce qu’un câble sous-marin de fibre optique ?
Il s’agit d’un câble contenant des fibres de verre extrêmement fines, posé sur le fond des océans, qui transmet des données à la vitesse de la lumière sous forme de signaux lumineux. Le SMW4, mis en service en 2005, constitue l’un des principaux axes de connexion internet entre l’Asie, le Moyen-Orient et l’Europe, avec une longueur totale d’environ 20 000 kilomètres.
Que signifie « redondant » en télécommunications ?
La redondance désigne la duplication des équipements ou des routes de transmission. Dans ce contexte, cela signifie que plusieurs câbles sous-marins assurent la même fonction : si l’un tombe en panne ou est indisponible pour maintenance, les autres prennent automatiquement le relais. C’est un peu comme avoir plusieurs ponts pour traverser une rivière : si l’un est fermé, le trafic emprunte les autres sans interruption totale.
Comment fonctionnent les navires câbliers ?
Ces bateaux sont véritablement des ateliers flottants équipés de sonars pour détecter les câbles enfouis sous plusieurs mètres de sédiments, de robots sous-marins téléopérés (ROV — Remotely Operated Vehicles) pour inspecter les dommages, et de vastes tourets pour remonter les sections endommagées à bord. Une fois réparée, la fibre est resoudée avec une précision micrométrique, puis replongée à plusieurs centaines de mètres de profondeur.
Le Sea-We-Me4
Le consortium SEA-ME-WE 4 (South East Asia – Middle East – Western Europe 4) est un groupe de 16 entreprises de télécommunications internationales (Algérie Télécom (Algerie), Bharti Infotel Limited (Inde), Bangladesh Submarine Cable Company Limited ( Bangladesh), CAT Telecom Public Company Limited (Thaïlande), Emirates Telecommunication Corporation (UAE), France Telecom (France), MCI (Etats-Unis), Pakistan Telecommunication Company Limited (Pakistan), Singapore Telecommunications Limited (Singapore), Sri Lanka Telecom PLC (Sri Lanka), Saudi Telecom Company (Arabie Saoudite), Telecom Egypt (Egypte), Telecom Italia Sparkle S.p.A.(Italie), Telekom Malaysia Berhad (Malaisie), Tunisie Telecom (Tunisie) et Tata Communications (Inde)) ayant signé en 2004 un accord pour construire et exploiter un câble sous-marin majeur reliant l’Asie du Sud-Est à l’Europe via le Moyen-Orient.
Le système SMW4 se compose de deux paires de fibres, avec une capacité de conception initiale de 1,28 Tbps, mise à niveau à 4,6 Tbps en 2015. Il a été mis en service le 13 décembre 2005 pour normalement 25 ans.
La réparation du câble sous-marin SEA-ME-WE 4 (SMW4) implique des navires câbliers spécialisés pour localiser, remonter et souder la fibre optique sectionnée en haute mer. Des travaux de maintenance (mars 2026) sur ce câble reliant l’Algérie à Marseille et qui causent des perturbations internet, nécessitent des opérations techniques complexes qui se sont bien passé.

