10 août 2022

Présentation de la plateforme « Turathi.dz » de protection des biens culturels

Chaque jour, quelque part dans le monde, un objet est volé ou pillé dans le but d’être vendu illégalement sur le marché. Au cours des 30 dernières années, le trafic illicite d’œuvres d’art et de biens culturels est devenu un problème majeur. Le vol, le pillage et le trafic illicite des biens culturels sont des crimes. La ministre de la Culture et des Arts, Soraya Mouloudji a procédé à Alger, au lancement de la plateforme électronique « Turathi.dz », destinée à lutter contre la contrebande et le trafic illicite des biens culturels, et réalisée en collaboration avec l’ambassade des Etats-Unis d’Amérique.

Dédiée essentiellement aux corps constitués de la Police et la Gendarmerie nationales ainsi qu’aux Douanes algériennes (dont des représentants étaient présents), « Turathi.dz » est un guide-photo numérique, permettant la consolidation des stratégies de protection et de valorisation des collections des musées et des bibliothèques, à travers l’élaboration de projets numériques et la formation à leur maitrise pratique pour empêcher toute tentative de commercialisation illégale des biens culturels.
Le trafic illicite des biens culturels est une des activités criminelles transnationales les plus importantes et les plus lucratives. Il s’agit d’un crime international qui dépasse les frontières, car les objets volés sont souvent déplacés d’un pays à l’autre.
La ministre de la Culture et des Arts a indiqué que son département a « œuvré à la recherche des voies et techniques avec ses partenaires, afin de pouvoir lutter efficacement contre la contrebande et le trafic illicite des biens culturels », conformément aux orientations du président de la République M. Abdelmadjid Tebboune, portant sur la nécessité de la conservation, la protection et la valorisation de l’héritage culturel algérien.
La plateforme électronique « Turathi.dz » est constituée d’une « base de données numériques sur les différents biens culturels, les plus exposés au vol, à la contrebande et à la commercialisation illicite », a indiqué Soraya Mouloudji, expliquant que ce guide-référence peut être utilisé par « les agents des différents corps constitués, les hommes de loi, ainsi que les collaborateurs internationaux actifs dans ce domaine ».
Ce projet intervient en application du « mémorandum d’entente » signé en 2019 par l’Algérie et les Etats Unis d’Amérique, portant sur la « limitation de l’exportation d’objets archéologiques vers les Etats-Unis et l’arrêt de la spoliation et le trafic de ces objets conformément à la convention de l’UNESCO de 1970 ».
De son côté, l’ambassadeur des Etats-Unis d’Amérique, Elisabeth Moore Aubin a rappelé dans sa lettre, que ce guide photo, réalisé en collaboration avec la « Coalition des antiquités », fait partie des « engagements plus larges entre la partie algérienne et américaine », qui comprenait également la « création d’un plan à long terme de numérisation des biens culturels algériens, qui contribuera à prévenir et à poursuivre les pillards et permettra au ministère de partager plus largement son riche patrimoine culturel avec le public ».
Une journée de formation sur l’utilisation et l’exploitation des données de ce nouveau moyen numérique de contrôle a été encadrée par des experts algériens à l’adresse des éléments des corps constitué présents. Internet offre un outil précieux aux trafiquants en rendant le trafic des biens culturels plus rapide, plus facile et de plus en plus difficile à combattre pour les autorités mais il peut aussi être utilisé contre les trafiquants.

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