
Le marché du travail technologique est en ébullition, partout dans le monde, pour les personnes ayant quelques années d’expérience dans l’industrie à leur actif. Cela est particulièrement vrai pour les ingénieurs logiciels, mais d’autres fonctions technologiques suivent également. La demande est très forte. Il y a quelques années, la demande provenait des États-Unis. Aujourd’hui, elle vient de partout États-Unis, Royaume-Uni, UE, Pays-Bas, Europe de l’Est, Amérique du Sud et d’autres pays. Cela met une pression extraordinaire sur les écoles de formation d’ingénieurs en informatique avec comme conséquence pour les pays du Sud de former — donc de dépenser énormément de moyens humains et matériels — et de voir partir « ses » ingénieurs dont il a tant besoin pour son développement, car construire une société numérique accessible à tous est un enjeu sociétal majeur pour le XXIe siècle. Revers de la médaille : si l’on s’appesanti sur la formation, on verra que le marché de l’emploi est trop faible pour absorber tous les jeunes — ingénieurs, managers ou autres — que le système scolaire produit.
D’un autre côté, c’est un problème de société, voire un problème de civilisation, qui nécessite une révolution culturelle, un changement de mentalité et d’habitudes, car sans les ingénieurs, on ne peut rien faire sauf si on doit « importer » la ressource humaine ! Importer me rappelle immédiatement les banques qui pour faire une importation demandent « 2 papiers » et pour exporter demande « un camion de document ».
Qu’il s’agisse d’investissements, d’initiatives visant à favoriser l’accélération d’actions implantées dans les tissus régionaux, locaux ou dans les « zones d’ombre », il faut des ingénieurs bien formés, bien rémunérés et bien dans leur tête.


