20 septembre 2026

Santé et technologie <BR> L’intelligence artificielle s’impose au cœur de la prise en charge du diabète et de l’endocrinologie

À Oran, de belles choses se sont passées. Jusqu’à vendredi dernier, plus de 250 médecins et spécialistes de tout le pays se sont retrouvés pour un événement important à savoir les journées d’endocrinologie et de diabétologie. Organisée par la clinique Laribère du CHU d’Oran, cette rencontre avait un objectif tout simple et profondément humain, voir comment la technologie peut nous aider à vivre mieux et en meilleure santé.

Nos médecins ne parlent pas de gadgets ou de science-fiction. Ils parlent d’outils capables de changer concrètement le quotidien des personnes qui vivent avec le diabète ou des soucis de thyroïde. Le Professeur Soumia Faidallah, qui préside la Société algérienne d’endocrinologie et du métabolisme, l’explique si bien. Pour elle, l’idée est de passer du « pareil pour tout le monde » au « sur-mesure ».

Concrètement, qu’est-ce que cela change ? L’intelligence artificielle, qui peut paraître un grand mot compliqué, sert en réalité de super-assistant pour analyser rapidement des analyses de sang ou des bilans médicaux. Elle aide à repérer un petit dérèglement de la thyroïde ou à ajuster précisément la dose d’insuline, le repas et le sport qu’il vous faut, rien qu’à vous.

Et ce n’est pas tout. Le Professeur Merad Mohamed Samir, du CHU d’Oran, nous a partagé une vraie avancée. Il parle de la commercialisation de petits capteurs intelligents qu’on pose sur la peau et qui permettent aux personnes atteintes de diabète de suivre leur glycémie en continu sur une période de deux semaines, tout en recevant des recommandations en temps réel pour mieux gérer leur quotidien. Fini la corvée des piqûres au bout du doigt à longueur de journée. Ce petit patch, souvent installé avec l’aide d’un proche ou d’un voisin un peu calé en technologies, discute directement avec une application sur le téléphone. Il surveille le taux de sucre en continu pendant deux semaines et souffle même des conseils en direct pour adapter la journée.

Pour que tout cela devienne une réalité accessible à chacun d’entre nous, du nord au sud du pays, les professionnels de la santé le savent, il faut serrer les coudes. Ils demandent à ce que les universités et les hôpitaux travaillent main dans la main, pour que l’innovation naisse ici et profite à nos familles.

Alors, comment imaginez-vous la santé de demain dans votre quartier ? Seriez-vous prêts à confier une partie de votre suivi médical à ces nouvelles technologies si elles vous simplifient la vie ?

Définitions

Endocrinologie : Branche de la médecine qui étudie le fonctionnement des glandes endocrines (thyroïde, hypophyse, surrénales, pancréas, etc.) et les hormones qu’elles produisent. Elle traite les troubles liés à un excès ou à un déficit hormonal.

Diabétologie : Spécialité médicale consacrée au diagnostic, au traitement et au suivi du diabète, une maladie chronique caractérisée par un taux élevé de sucre dans le sang (glycémie) dû à un défaut de production ou d’utilisation de l’insuline.

Maladies métaboliques : Ensemble de troubles affectant le métabolisme, c’est-à-dire les processus par lesquels l’organisme transforme les aliments en énergie. Elles incluent le diabète, l’obésité, les dyslipidémies (anomalies des lipides sanguins) et certains troubles thyroïdiens.

Intelligence artificielle (IA) : Ensemble de techniques informatiques permettant à des machines de simuler des capacités humaines telles que l’apprentissage, le raisonnement et la prise de décision. Dans le domaine médical, l’IA analyse de grandes quantités de données pour aider au diagnostic et au traitement.

Profil hormonal : Ensemble des dosages sanguins des différentes hormones (thyroïdiennes, sexuelles, surrénaliennes, etc.) permettant d’évaluer le fonctionnement des glandes endocrines.

Capteur de glycémie (patch) : Petit dispositif appliqué sur la peau qui mesure en continu le taux de glucose dans le liquide interstitiel (situé entre les cellules). Il transmet les données à une application mobile, offrant une surveillance en temps réel sans piqûre au doigt.

CHU (Centre hospitalo-universitaire) : Établissement de santé public associant soins, enseignement et recherche. Le CHU d’Oran est l’un des principaux pôles hospitaliers d’Algérie.

Société algérienne d’endocrinologie et du métabolisme : Association scientifique nationale regroupant les médecins spécialistes en endocrinologie, diabétologie et maladies métaboliques, dont la mission est de promouvoir la recherche et la formation continue dans ces domaines.

Capteurs cutanés connectés : Petits dispositifs indolores posés sur la peau qui mesurent en continu des paramètres biologiques (comme le taux de glucose) et transmettent les informations à un smartphone pour une surveillance en temps réel.

Le diabète : Une maladie chronique qui se caractérise par un excès de sucre dans le sang (l’hyperglycémie). Cela arrive lorsque le corps ne produit plus assez d’insuline ou l’utilise mal. L’insuline est l’hormone qui permet au sucre d’entrer dans nos cellules pour nous donner de l’énergie.

La glycémie : C’est tout simplement le taux de sucre présent dans le sang à un moment donné.

L’intelligence artificielle (IA) en médecine : Dans ce contexte, il ne s’agit pas de robots qui remplacent les médecins, mais de programmes informatiques très puissants capables d’analyser des montagnes de données médicales (milliers de dossiers, d’analyses) en une fraction de seconde pour aider le médecin à poser un diagnostic plus rapide ou à repérer des signaux faibles invisibles à l’œil nu.

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