27 janvier 2022

Le président du conseil d’administration, Omar Merarga, le laisse clairement entendre : Algérie Poste serait la première institution à lancer le commerce et le paiement en ligne


L’institution reste la seule entité financière en Algérie à permettre à ses 15 millions de porteurs de pouvoir retirer leur argent de n’importe quel bureau de poste
« Nous sommes dans une réflexion avancée pour lancer le e-commerce », nous dit M. Merarga, président du conseil d’Algérie Poste. Cette déclaration a été faite en marge de la rencontre Benhamadi-Montebourg au niveau du ministère de la Poste et des Technologies de l’information. Nous avons voulu en savoir un peu plus mais le président du CA nous stoppe en nous disant : « Une fois notre projet abouti, nous vous en parlerons. » L’impact national du lancement effectif du e-commerce en Algérie aura pour effet la mise en place de solutions technologiques susceptibles de contribuer au développement de services publics et autres accélérateurs de progrès. Notre interlocuteur ajoute qu’«aujourd’hui, nous allons nous intéresser aux attentes de l’acheteur en ligne et le lancement du paiement électronique sera élargi avec le temps à d’autres opérations de règlement des factures d’électricité, d’eau et autres besoins familiaux et sociaux à partir de chez soi ». On en parle mais on ne le définit jamais. Le commerce électronique est une activité économique par laquelle une personne ou une entreprise propose ou assure à distance et par voie électronique la fourniture de biens ou de services. Le lancement du e-commerce en Algérie est inévitable et s’y préparer maintenant devient une nécessité. 2013 sera peut-être non seulement l’année de la 3G mais certainement aussi l’année du e-commerce. Créé en 1995 à l’initiative de la communauté bancaire, la Société d’automatisation des transactions interbancaires et de monétique – SATIM – avait pour vocation de mettre en place un système de paiement électronique en Algérie. Il s’agit de mettre en œuvre  le développement et l’utilisation des moyens de paiement électronique par la mise en place et la gestion de la plate-forme technique et organisationnelle assurant une interopérabilité totale entre tous les acteurs du réseau monétique en Algérie. D’un autre côté,  l’Abef – l’Association des banques – lance un nouveau groupement d’intérêt économique pour la supervision du système de paiement électronique qui soutiendrait le lancement et le développement de la carte de paiement. Ce GIE regrouperait la Banque centrale et les banques publiques et privées qui ont une licence et qui activent en Algérie. Sur ce sujet, selon l’APS, M. Bessaa, président de l’ABEF, a expliqué que le groupement en question aura pour principale mission de « définir le mode de fonctionnement de la monétique, les règles de sécurité à mettre en place, les arbitrages et la supervision du système de paiement électronique ». L’autre volet, et non des moindre, consiste soit à améliorer, soit à élaborer un cadre de textes réglementaires afin d’assurer un renforcement législatif sur la protection et la sécurisation des données et des transactions en ligne, en vue de garantir l’intégrité des personnes et des entreprises. En bref, créer un environnement de confiance. Et pour cela, nous retombons sur l’authentification, la signature électronique tant sur le plan juridique qu’institutionnel. Le volet le plus important est la confiance  numérique. Et pour cela, il faut voir ce qui se fait dans le monde. Il en ressort que depuis ces deux dernières décennies, les professionnels, les chercheurs et les régulateurs se focalisent sur les problèmes technique, d’authentification et juridique alors que les pratiques numériques ont besoin de « confiance » qui est la focale pour le développement de la confiance numérique.  L’e-commerce en Algérie est resté un vœu pieux coincé entre les dispositifs d’authentification forte tels que certificat/signature électronique, carte à mémoire, voire biométrie et les services en ligne, qui sont annoncés depuis des années. Sur un thème de cette ampleur,  qui a permis par exemple aux Etats-Unis d’engranger plus de 10 points sur son PIB, il y a lieu d’avoir une approche allant du général au particulier. Sans cela, on court le risque de s’égarer dans des généralités. Les utilisateurs et surtout les professionnels trépignent d’impatience depuis des années et attendent son entrée sur le marché. Il s’agit donc de créer une rupture, et le mot est faible, qui pourrait montrer de nouvelles pistes.  L’e-commerce est tout désigné pour faire introduire le numérique, élément incontournable sur les cinquante prochaines années, et donner envie à l’Algérien d’utiliser sa carte de paiement électronique et de pouvoir payer par Internet en toute simplicité, mais pas uniquement. Et c’est là qu’intervient la confiance mais la confiance est un concept est difficile à saisir. Tout d’abord, la confiance est une perception relative à un autre mais c’est aussi une relation qui conduit à agir sans oublier que le besoin de « confiance » peut varier selon les contextes, les moments, les objectifs, les individus. Et ce n’est pas tout. Il faut aussi ajouter que le point de vue des utilisateurs n’est pas équivalent à celui des professionnels mais on est dans l’immatériel. En effet, la confiance constitue de facto un capital… immatériel. De même, elle se génère, s’entretient et se détruit. Faire confiance, c’est accepter de prendre un risque en s’en remettant à un autre que l’on juge compétent même si confiance et sécurité ne vont pas de paire. Or, le constat est limpide. La confiance est en crise, mais cette crise n’est pas spécifique au monde numérique et n’a pas grand-chose à voir avec un problème de sécurité. D’un autre côté, il ne peut y avoir de confiance sans risque car les deux sont indissociables. Pour passer cet écueil, cela exige des transformations profondes des systèmes de décision, de contrôle, d’interaction, de gestion du risque… et du management. En fin de compte, pour que le e-commerce puisse se développer, il est impératif que les entreprises réapprennent à faire confiance à leurs clients. Après plusieurs années d’attente, Algérie Poste reste la seule institution financière en Algérie à permettre à ses 15 millions de porteurs de pouvoir retirer leur argent de n’importe quel bureau de poste. Il est clair que les freins au développement de l’e-commerce sont encore nombreux en Algérie, notamment à cause d’un taux de pénétration de la carte électronique encore relativement faible et d’une résistance psychologique. Algérie Poste, par la voix de son président du conseil d’administration, se met enfin à réfléchir très sérieusement au commerce et au paiement électroniques. On attend pour voir.

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