26 juillet 2026

La Direction générale des impôts lance le paiement en ligne via «Jibayatic» <BR> Vers une fiscalité 100 % numérique

Un pas de plus vers la dématérialisation fiscale

La Direction générale des impôts vient de franchir une étape décisive dans la modernisation de l’administration fiscale. Hier, elle a officialisé le lancement d’un service de paiement en ligne intégré au portail de déclaration et de paiement à distance «Jibayatic», contraction de l’arabe jibaya ( perception/recouvrement) et du suffixe tic (Technologies de l’Information et de la Communication).

En fait, Jibayatic est la plateforme numérique dédiée aux services fiscaux en Algérie. Elle permet aux contribuables d’effectuer à distance leurs déclarations et, désormais, leurs paiements.

Ce nouvel outil s’inscrit dans une démarche globale d’amélioration de la qualité du service public. L’objectif affiché est double qui est de simplifier la vie des citoyens face à l’impôt et renforcer l’efficacité de la collecte des recettes publiques.

Qui peut en bénéficier ?

Contrairement à certaines avancées numériques qui concernent d’abord les grandes entreprises, ce service s’adresse à tous les contribuables, sans exception de régime fiscal.

C’est quoi un contribuable ? Toute personne physique ou morale tenue de payer des impôts, des taxes ou des droits à l’État. Cela inclut aussi bien le salarié qui paie l’IRG (Impôt sur le Revenu Global) que l’entrepreneur soumis à l’IBS (Impôt sur les Bénéfices des Sociétés) ou le commerçant relevant du forfait.

De plus, le Régime fiscal est un ensemble des règles qui déterminent comment un contribuable est imposé (forfait, réel simplifié, réel normal, etc.). Chaque régime correspond à un type d’activité, un chiffre d’affaires ou une situation particulière.

Que vous soyez un professionnel libéral, un commerçant, une PME ou une grande entreprise, vous pouvez désormais utiliser ce service.

Quels sont les moyens de paiement acceptés ?

La DGI a prévu plusieurs canaux de paiement pour adapter le service aux habitudes des usagers :

  • Carte interbancaire (CIB) : il s’agit de la carte de paiement émise par les banques algériennes, utilisable sur les terminaux électroniques du pays. Elle fonctionne comme une carte de débit classique et permet des paiements sécurisés en ligne.
  • Carte Gold : carte bancaire haut de gamme offrant généralement des plafonds de paiement plus élevés et des assurances complémentaires. Elle est souvent délivrée aux clients disposant de revenus réguliers et substantiels.
  • Virement bancaire : transfert d’argent directement depuis le compte bancaire du contribuable vers celui du Trésor public, sans manipulation de liquide. Ce mode de paiement est particulièrement adapté aux montants importants ou aux entreprises.

Ces opérations peuvent être effectuées via cinq établissements bancaires partenaires : la Banque nationale d’Algérie (BNA), le Crédit populaire d’Algérie (CPA), la Banque de développement local (BDL), la Banque de l’agriculture et du développement rural (BADR) et la Banque d’Algérie à l’étranger (BAE).

Ce choix de banques publiques reflète la volonté de l’État de structurer d’abord le service au sein du réseau bancaire national avant une éventuelle extension au secteur privé. Cette approche permet également de garantir la traçabilité des flux financiers et de sécuriser les recettes de l’État.

Comment accéder au service ?

Pour utiliser « Jibayatic », il est impératif de disposer d’un identifiant et d’un mot de passe personnels. Les contribuables qui ne possèdent pas encore ces codes d’accès sont invités à se rendre dans les plus brefs délais auprès des services fiscaux compétents à savoir inspections fiscales, centres fiscaux ou centres fiscaux de proximité.

Ces identifiants sont indispensables car ils ouvrent l’accès à l’espace personnel du portail, une zone sécurisée où chaque contribuable retrouve ses informations fiscales, ses déclarations en cours et ses échéances à venir.

Il faut savoir que les centres fiscaux de proximité sont des structures déconcentrées de la DGI, créées pour rapprocher l’administration fiscale des citoyens, notamment dans les zones périurbaines et rurales. Ils offrent les mêmes services que les grandes inspections fiscales mais à l’échelle locale.

Pour plus d’explication, il faut savoir que l’espace personnel fonctionne comme un bureau virtuel. Une fois connecté, le contribuable peut consulter son dossier fiscal, télécharger ses avis d’imposition, effectuer ses déclarations et, désormais, payer ses impôts en quelques clics. La sécurité repose sur le cryptage des données et l’authentification par mot de passe.

Pourquoi adopter le paiement en ligne ?

La Direction générale des impôts a particulièrement insisté sur les avantages de cette transition numérique, surtout à l’approche des échéances fiscales. Selon l’administration, les bénéfices sont multiples et tangibles pour le citoyen.

Tout d’abord, il y a le gain de temps considérable. Finies les heures d’attente dans les guichets : une opération qui pouvait auparavant mobiliser une demi-journée entière s’effectue désormais en quelques minutes, directement depuis un ordinateur ou un smartphone.

Ensuite, le portail offre une disponibilité permanente, ouvert vingt-quatre heures sur vingt-quatre et sept jours sur sept. Que ce soit un dimanche soir, un jour férié ou une heure inhabituelle, le contribuable peut s’acquitter de ses obligations fiscales à l’heure qui lui convient, sans se soumettre aux horaires d’ouverture des administrations.

La sécurité constitue également un atout majeur. Les paiements électroniques réduisent sensiblement les risques d’erreurs de saisie, de perte de documents papier et de fraudes. Chaque transaction est tracée, horodatée et enregistrée automatiquement dans le système fiscal, ce qui constitue une garantie supplémentaire pour l’usager comme pour l’administration.

Enfin, la réduction des déplacements constitue un avantage non négligeable. En limitant les allers-retours vers les services fiscaux, ce service numérique participe activement au désengorgement des centres-villes et à la réduction de l’empreinte carbone, un effet collatéral positif que l’on oublie souvent de mentionner.

Cette initiative s’inscrit, plus largement, dans le cadre de la transformation numérique de l’Algérie, portée par le programme de modernisation de l’administration publique. Depuis quelques années, plusieurs ministères déploient des services en ligne pour améliorer la relation entre le citoyen et l’administration et pour lutter efficacement contre la bureaucratie.

Un accompagnement renforcé des contribuables

Consciente que la transition vers le numérique peut susciter des appréhensions, la DGI a réaffirmé son engagement à accompagner les usagers. Ses différents services fiscaux restent mobilisés pour apporter soutien et aide technique lors de l’utilisation de « Jibayatic ».

Bon à savoir
En cas de difficulté technique (oubli de mot de passe, blocage de compte, erreur de saisie), les contribuables peuvent contacter le support du portail ou se rendre physiquement dans un centre fiscal. Il est conseillé de conserver une copie de chaque paiement effectué en ligne, au moins jusqu’à sa validation définitive sur le relevé bancaire.

Le lancement du paiement en ligne sur « Jibayatic » marque un tournant dans la relation entre l’administration fiscale algérienne et les contribuables. En combinant accessibilité, sécurité et simplicité, la DGI entend non seulement moderniser ses procédures, mais aussi inciter les citoyens à adopter une démarche proactive et autonome dans la gestion de leurs obligations fiscales.

Pour en profiter, il suffit de se munir de ses identifiants, de choisir son mode de paiement et de quelques minutes de connexion. L’ère du guichet unique n’est plus très loin.

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