14 juillet 2026

L’Académie algérienne des sciences trace sa feuille de route <BR> Biodiversité, IA et coopération africaine au programme

L’Académie algérienne des sciences et des technologies (AAST) a tenu, le 13 juillet 2026 à Alger, son Assemblée générale ordinaire, consacrée au bilan du premier semestre et à l’examen des orientations du second semestre. Sous la présidence de Mohamed Hicham Kara, l’institution a dévoilé un programme structuré autour de trois chantiers majeurs à savoir la Conférence nationale sur la biodiversité, pierre angulaire du futur Musée national d’histoire naturelle; un sommet des compétences africaines en octobre 2026, inscrit dans la dynamique de l’Agenda 2063 de l’Union africaine; et l’ouverture de quatre prix thématiques dédiés à l’excellence scientifique dans les domaines de l’environnement, de l’intelligence artificielle et de la sécurité alimentaire. Entre consolidation de son rôle de think tank auprès des décideurs publics et renforcement de sa présence internationale, l’AAST affiche une ambition en phase avec les défis souverains de l’Algérie et du continent.

L’Académie algérienne des sciences et des technologies (AAST) a tenu, hier (13 juillet) à Alger, son Assemblée générale ordinaire, consacrée à la présentation du bilan de ses activités au titre du premier semestre 2026, ainsi qu’à l’examen de plusieurs dossiers relatifs au développement de la recherche scientifique et de l’innovation.

Une Assemblée générale (AG) est la réunion périodique des membres d’une institution, ici, l’AAST, chargée de prendre les décisions stratégiques, d’approuver les bilans d’activité et de fixer les orientations futures. Elle constitue l’organe de gouvernance suprême de l’institution.

Bilan et perspectives de l’AAST

Cette réunion a été l’occasion d’examiner le rapport élaboré par l’AAST sur l’état de la formation, de l’enseignement, de la recherche scientifique et de l’innovation au niveau national, ainsi que de débattre de projets scientifiques et des prochaines échéances académiques. L’objectif affiché est de renforcer la contribution de cette institution à l’accompagnement des politiques publiques liées aux sciences et aux technologies.

Par politiques publiques, on entend l’ensemble des décisions, programmes et actions mises en œuvre par l’État pour répondre à des besoins collectifs. Dans ce contexte, l’AAST joue un rôle de think tank scientifique, c’est-à-dire un organisme qui produit des expertises, des analyses et des recommandations pour éclairer les décideurs publics.

Consolidation et rayonnement

À ce propos, le président de l’AAST, Mohamed Hicham Kara, a indiqué que l’ordre du jour de l’AG porterait sur le bilan des activités réalisées durant le premier semestre 2026, ainsi que sur l’examen du programme d’activités du second semestre.

Il a souligné que l’institution qu’il préside « poursuit la consolidation de son rôle dans l’accompagnement du système national de la recherche et de l’innovation, à travers l’élargissement de sa coopération avec les différentes instances nationales, qu’elles soient de recherche ou de prospective », tout en renforçant sa présence sur la scène internationale.

La prospective est une démarche d’analyse et d’anticipation des évolutions futures, fondée sur l’identification des tendances, des ruptures possibles et des scénarios à moyen et long terme. Elle diffère de la recherche fondamentale par sa vocation prédictive et stratégique.

Trois chantiers majeurs pour le second semestre

Dans le cadre de son programme pour le second semestre, l’AAST compte organiser plusieurs événements structurants.

La Conférence nationale sur la biodiversité

L’AAST prépare la Conférence nationale sur la biodiversité, qui sera, selon M. Kara, « la pierre angulaire du projet de Musée national d’histoire naturelle ».

La biodiversité désigne la variété des formes de vie sur Terre comme les espèces végétales, animales, fongiques, micro-organismes, ainsi que la diversité des écosystèmes et des gènes qui les constituent. La conférence vise à dresser un état des lieux de la biodiversité algérienne et à définir des stratégies de préservation.

De plus, le Musée national d’histoire naturelle est un projet structurant pour l’Algérie, qui vise à créer un espace de conservation, de recherche et de vulgarisation scientifique dédié au patrimoine naturel du pays. Sa réalisation s’inscrit dans une dynamique de valorisation du patrimoine scientifique et culturel national.

Le sommet des compétences africaines

À la fin du mois d’octobre 2026, l’AAST organisera une rencontre regroupant les compétences africaines, à même de « renforcer la coopération scientifique entre les chercheurs africains et d’ouvrir de nouvelles perspectives de partenariat et de recherche » souligne le président de l’AAST.

En effet, cette initiative s’inscrit dans la dynamique de l’Agenda 2063 de l’Union africaine, qui place la science, la technologie et l’innovation au cœur du développement du continent. L’Algérie, en tant que membre fondateur de l’Union africaine, cherche à positionner son écosystème de recherche comme un hub régional de coopération scientifique Sud-Sud.

Les prix thématiques de l’excellence

Dans le sillage de l’encouragement de l’excellence scientifique, le président de l’AAST a annoncé l’ouverture des candidatures à quatre prix thématiques dans différents domaines. Le premier prix thématique porte sur l’environnement. Ce domaine recouvre l’écologie, le climat et les ressources naturelles. L’enjeu principal est la lutte contre le changement climatique et la préservation des écosystèmes.

Le deuxième prix thématique concerne l’intelligence artificielle. Ce domaine englobe l’IA, les algorithmes et la data science. L’enjeu est la souveraineté numérique et la compétitivité technologique.

Le troisième prix thématique est consacré à la sécurité alimentaire. Ce domaine couvre l’agriculture, l’agro-industrie et les biotechnologies. L’enjeu est l’autosuffisance alimentaire et la résilience des chaînes d’approvisionnement.

Pour mieux comprendre, l’Intelligence artificielle (IA) désigne l’ensemble des théories et techniques développant des programmes informatiques capables de simuler des comportements intelligents, tels que l’apprentissage, le raisonnement, la perception ou la prise de décision. Elle constitue aujourd’hui un enjeu stratégique majeur pour les nations.

De plus, la sécurité alimentaire est définie par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) comme l’accès de tous les individus, en permanence, à une alimentation suffisante, sûre et nutritive pour répondre à leurs besoins alimentaires et leurs préférences pour une vie active et saine. En Algérie, elle constitue une priorité souveraine, le pays importe encore une part significative de ses besoins en céréales et en produits laitiers.

L’Assemblée générale de l’AAST a ainsi posé les jalons d’un second semestre 2026 riche en initiatives. Entre consolidation du rôle d’expertise auprès des pouvoirs publics, rayonnement international et valorisation de l’excellence scientifique, l’institution affiche une feuille de route ambitieuse, en phase avec les défis contemporains de l’Algérie et du continent africain.

Sources
Agence Algérienne de Presse (APS), IT Mag (itmag.dz)

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