Dans un contexte où la coopération scientifique internationale s’impose comme un levier essentiel pour relever les défis planétaires, l’Algérie vient de franchir une étape majeure avec le lancement officiel du projet KIPAD (Knowledge and Innovation Partnership on AI and Green Energy). Ce partenariat algéro-danois rassemble quatre institutions académiques de renom l’ENP et l’ENSIA côté algérien, les universités SDU et DTU côté danois et positionne l’Algérie comme le seul pays du Maghreb sélectionné dans ce programme phare du gouvernement danois, doté de 430 millions de couronnes danoises (environ 58 millions d’euros) pour la période 2025-2029.

Dans un contexte où la coopération scientifique internationale s’impose comme un levier essentiel pour relever les défis planétaires, l’Algérie vient de franchir une étape majeure avec le lancement officiel du projet KIPAD (Knowledge and Innovation Partnership on AI and Green Energy ou Partenariat pour le Savoir et l’Innovation en Intelligence Artificielle et Énergies Vertes). Ce partenariat algéro-danois rassemble quatre institutions académiques de renom et positionne l’Algérie comme le seul pays du Maghreb sélectionné dans ce programme prestigieux.
Quatre institutions, une ambition commune
Le projet KIPAD s’appuie sur un consortium équilibré réunissant, côté danois, l’Université du Danemark du Sud (SDU – Syddansk Universitet) et l’Université Technique du Danemark (DTU – Danmarks Tekniske Universitet), et côté algérien, l’École Nationale Polytechnique (ENP) ainsi que l’École Nationale Supérieure d’Intelligence Artificielle (ENSIA).
Cette sélection n’est pas le fruit du hasard. L’Algérie est le seul pays maghrébin retenu dans le cadre du Knowledge and Innovation Programme (KIP) du Danemark, un programme phare du gouvernement danois doté d’un budget global de 430 millions de couronnes danoises (environ 58 millions d’euros) pour la période 2025-2029.
Une rencontre stratégique à l’ENP
Le 19 mai 2026, une délégation danoise a été reçue à l’École Nationale Polytechnique (ENP) d’Alger pour une séance de travail déterminante. La rencontre a été présidée par le Professeur Abdelouahab Mekhaldi, Directeur de l’ENP, accompagné de son adjoint chargé des relations extérieures, le Professeur Iskander Zouaghi, ainsi que des représentants du département de Génie Industriel et du chef du département de Génie Électrique.
Du côté danois, le Professeur Benamour Senoussi, coordinateur du projet au sein de l’Université du Danemark du Sud (SDU), a piloté les discussions, rejoint par le Professeur Karam Ilker, maître de conférences à l’Université Technique du Danemark (DTU), en qualité de représentant du partenaire danois.
Au-delà des échanges institutionnels, la délégation a eu l’opportunité de visiter les infrastructures phares de l’ENP, notamment le Centre de Développement de l’Entrepreneuriat, la Maison de l’Intelligence Artificielle, le Centre d’Enseignement de la Langue Anglaise, ainsi que les différents laboratoires de recherche de l’école. Par ailleurs, une séance de travail s’est tenue dans le cadre de la diplomatie scientifique à l’Ambassade du Danemark.
Dans la foulée, une séance de travail a également eu lieu au niveau de l’Ambassade du Danemark en Algérie, renforçant ainsi la dimension diplomatique de cette coopération. Cette rencontre illustre la volonté des deux pays d’ancrer ce partenariat académique dans une dynamique bilatérale plus large, conformément à la stratégie du Danemark pour un engagement renforcé avec l’Afrique (Africa’s Century Strategy).
Pourquoi l’IA et les énergies vertes ?
Le choix des thématiques intelligence artificielle et énergies vertes n’est pas anodin, car il répond à des enjeux stratégiques partagés par les deux pays. Pour l’Algérie, il s’agit de valoriser un potentiel considérable en matière d’énergies renouvelables, notamment solaire et éolien, tout en modernisant son secteur énergétique et en développant ses compétences en intelligence artificielle, un domaine où l’ENSIA constitue déjà un pôle d’excellence national.
Pour le Danemark, leader mondial de la transition énergétique et de l’éolien offshore, il s’agit d’exporter son expertise tout en enrichissant ses propres programmes de recherche par les perspectives africaines.
Le Knowledge and Innovation Programme du Danemark vise précisément à développer des partenariats universitaires axés sur l’apprentissage collaboratif et l’innovation pour répondre aux défis mondiaux communs, avec un budget de 90 millions de DKK (14 millions de dollars américains ) dédié au renforcement des capacités et des réseaux, et 340 millions de DKK (53 millions de dollars américains ) pour les bourses d’études.
Quelles perspectives pour KIPAD ?
Ce partenariat ouvre des perspectives concrètes dans plusieurs domaines. En matière de recherche conjointe, il permettra de mener des projets collaboratifs en intelligence artificielle appliquée aux énergies renouvelables. Sur le plan de la mobilité académique, il favorisera les échanges d’enseignants-chercheurs et d’étudiants entre les quatre institutions. Dans le domaine de l’innovation, il encouragera la collaboration avec les incubateurs et les centres d’innovation des deux pays. Pour la formation, il permettra le développement de programmes communs et de cours en ligne. Enfin, en ce qui concerne les compétences, il contribuera au renforcement des capacités des jeunes chercheurs algériens et danois.
Les activités du programme ont officiellement démarré, et les premiers appels à projets ont été lancés en 2025, avec un démarrage effectif des partenariats en 2026. Le projet KIPAD bénéficie d’un financement de type seed funding (amorçage) pouvant atteindre 500 000 DKK (environ 78 000 dollars américains) pour la phase de développement, avant un financement principal pouvant aller jusqu’à 6 millions de DKK (935 000 dollars américains) sur cinq ans pour les partenariats retenus.
Un modèle de coopération Sud-Nord équilibrée
Ce qui distingue le programme KIP du Danemark, c’est son exigence d’une participation égale entre partenaires africains et danois dès la conception des projets. Contrairement à de nombreux programmes de coopération classiques, le KIP impose que les partenaires contribuent de manière équilibrée aux résultats et disposent d’un accès équitable aux ressources. Cette approche vise à garantir la pérennité du partenariat au-delà du financement initial.
Le projet KIPAD représente bien plus qu’un simple accord académique, c’est une reconnaissance internationale de l’excellence algérienne dans les domaines de l’ingénierie et de l’intelligence artificielle. En associant l’ENP et l’ENSIA à deux des plus grandes universités techniques danoises, l’Algérie s’inscrit résolument dans la dynamique de l’innovation et de la transition énergétique mondiale.
Les activités sont désormais officiellement lancées, et l’avenir comme le soulignent les acteurs du projet s’annonce prometteur pour cette coopération qui allie excellence académique, enjeux stratégiques et diplomatie scientifique.

