Réuni sous la présidence du Premier ministre Sifi Gharib ce lundi 25 mai 2026, le Conseil du gouvernement a acté un virage technologique majeur pour l’Algérie. À travers l’adoption d’une feuille de route ambitieuse sur l’intelligence artificielle et le lancement imminent d’un guichet virtuel unique pour les citoyens et les entreprises, l’exécutif passe à la vitesse supérieure pour débureaucratiser l’administration et d’en faire un puissant levier d’attractivité économique.
Sous la présidence du Premier ministre, M. Sifi Gharib, le Conseil du gouvernement a validé deux chantiers technologiques majeurs à savoir la future stratégie nationale pour l’intelligence artificielle et le déploiement imminent du guichet unique «Dzair Digital Services». Un double tournant destiné à moderniser l’administration et à stimuler l’économie.
Le gouvernement passe à la vitesse supérieure dans sa transition technologique. Conformément aux directives du président de la République visant à moderniser les institutions et à débureaucratiser l’administration, le Premier ministre, M. Sifi Gharib, a présidé ce lundi 25 mai 2026 une réunion cruciale de son cabinet. Entièrement dédiée à la transition numérique, cette séance de travail a acté un virage industriel et stratégique indispensable pour l’économie nationale, articulé autour de deux dossiers prioritaires.
IA, vers une souveraineté technologique nationale
Sous l’impulsion du chef de l’État, l’Algérie s’est engagée ces dernières années dans une profonde dynamique de modernisation de l’activité publique. C’est dans cette lignée que le gouvernement a examiné et validé le Projet de stratégie nationale pour l’intelligence artificielle (IA). Loin d’être un simple effet de mode, ce projet structurant vise à positionner le pays comme un acteur compétitif à l’échelle régionale.
Pour bâtir une capacité nationale durable, cette feuille de route repose sur trois piliers fondamentaux à savoir les données, les infrastructures numériques et les compétences humaines.
Sur le plan pratique, la stratégie prévoit d’abord une modernisation des secteurs clés du pays. Cela se traduira par l’intégration d’outils d’IA pour optimiser la santé grâce à l’aide au diagnostic, l’énergie via la gestion intelligente des réseaux électriques et des hydrocarbures, ainsi que l’agriculture de précision pour la prévision des récoltes et la gestion de l’eau.
Ce plan s’articule également autour de la formation et de la recherche en renforçant les pôles universitaires spécialisés, notamment l’École Nationale Supérieure d’Intelligence Artificielle (ENSIA) de Sidi Abdellah, afin de retenir les compétences locales et d’encourager la recherche appliquée. Enfin, l’écosystème des start-up sera dynamisé par la mise en place de cadres réglementaires et de financements spécifiques, destinés à inciter les jeunes pousses algériennes à développer des solutions d’IA locales adaptées aux besoins du marché. Une fois adoptée définitivement en Conseil des ministres, cette stratégie se déclinera en plans d’action opérationnels selon un calendrier strict.
«Dzair Digital Services», le portail unique du citoyen et des entreprises
L’autre annonce phare de la réunion concerne l’état d’avancement et le plan de lancement du portail national unifié des services publics, baptisé «Dzair Digital Services». Cet ambitieux projet marque la fin de l’éparpillement des plateformes ministérielles au profit d’un guichet virtuel unique, accessible en ligne et sur smartphone.
Le gouvernement a insisté sur l’importance d’élargir rapidement le catalogue des prestations proposées afin d’offrir aux usagers un service fluide et de haute qualité. L’objectif est de simplifier radicalement les démarches administratives, de réduire les déplacements des citoyens et de renforcer la transparence de l’État.
Les innovations majeures de ce portail reposent sur trois axes stratégiques, à commencer par l’unification des démarches qui permet de centraliser sur une seule interface toutes les requêtes, qu’il s’agisse de documents d’état civil, de demandes de permis, de procédures fiscales ou de dossiers d’investissement.
La plateforme s’appuie également sur l’interopérabilité des administrations, mettant fin au calvaire des pièces justificatives multiples grâce à l’interconnexion en temps réel des bases de données des ministères de l’Intérieur, de la Justice et des Finances.
Enfin, elle vise une réduction drastique de la bureaucratie puisque, en limitant le contact physique entre l’administré et l’administration, le portail accélère les délais de traitement des dossiers tout en garantissant une clarté totale dans l’octroi des autorisations, en particulier pour les opérateurs économiques.
Le pragmatisme comme méthode de travail
Cette réunion reflète la méthode de travail de Sifi Gharib. Issu du monde scientifique et industriel, le Premier ministre insiste sur le pragmatisme et l’obligation de résultats. Pour l’exécutif, le succès de «Dzair Digital Services» et de la stratégie IA dépasse le cadre technique car il s’agit d’un levier d’attractivité indispensable pour stimuler l’investissement local et étranger. Un calendrier strict a d’ailleurs été imposé aux différents départements ministériels pour l’exécution des premières phases de déploiement.

