11 février 2026

CES 2026 <BR> Une édition sans rupture, mais riche en signaux faibles

L’édition 2026 du Consumer Electronics Show (CES) de Las Vegas a fermé ses portes après une semaine dense, mais sans véritable révolution technologique. Plusieurs analystes décrivent un cru « itératif », marqué par l’amélioration de tendances déjà observées lors des précédentes éditions plutôt que par l’apparition de nouveaux paradigmes. Une dynamique classique pour le salon, souvent rythmé par des cycles comme une année de forte innovation, suivie de périodes plus calmes, le temps que les technologies mûrissent et se déploient dans les usages.

L’automobile autonome accélère

Parmi les segments les plus remarqués, celui du véhicule autonome a connu une accélération notable. Nvidia a officialisé une nouvelle plateforme logicielle open source développée en partenariat avec Mercedes-Benz. L’objectif,  commercialiser dès 2026 une voiture autonome de niveau 2+,  un palier intermédiaire permettant à la voiture de gérer la conduite dans certains contextes tout en laissant au conducteur la responsabilité légale. Une voiture autonome de niveau 2+ est un véhicule qui dispose d’un système d’aide à la conduite avancé capable d’assister simultanément le conducteur sur plusieurs actions, mais sans jamais le remplacer.

Particularité de ce système, une intelligence artificielle multimodale capable de se passer de cartographie locale, un défi technique majeur pour ce type de véhicule. Le déploiement aura toutefois un cadre géographique limité. En effet, seules les routes américaines sont concernées pour le moment, en raison des contraintes réglementaires européennes, toujours en retard sur ces questions.

Lenovo se repositionne dans la chaîne de valeur

Autre surprise du salon, la stratégie de montée en gamme de Lenovo. Longtemps assimilé à un simple constructeur informatique orienté volume, le groupe chinois a présenté une feuille de route ambitieuse intégrant sa propre intelligence artificielle, baptisée Quira, directement embarquée dans ses futurs équipements. Une manière assumée de remonter la chaîne de valeur et de ne plus dépendre uniquement de Microsoft, Intel ou Qualcomm pour proposer des expériences complètes. Un positionnement qui rappelle, dans sa philosophie, celui d’Apple.

Une innovation ludique et transgénérationnelle : le Lego

En marge des annonces majeures, l’une des surprises les plus inattendues de l’édition est venue d’un acteur que l’on n’attendait pas forcément sur ce terrain : Lego. Le fabricant danois a présenté une nouvelle génération de « briques intelligentes » intégrant un véritable module électronique composé d’un processeur, d’un accéléromètre, d’une connectivité Bluetooth, d’une batterie et de tags NFC. Grâce à ces éléments, les briques peuvent désormais communiquer entre elles et enrichir les scénarios de jeu de façon dynamique et interactive.

Les premiers kits, notamment sous licence Star Wars, ciblent à la fois le jeune public et les adultes. Une stratégie qui n’a rien d’anodin à l’heure où les « kidultes » représentent près de 30 % des ventes de Lego. Ce terme désigne des adultes qui continuent de consommer des produits ou loisirs traditionnellement associés à l’enfance — jouets, figurines, jeux vidéo ou encore dessins animés. Loin d’être marginal, ce segment constitue aujourd’hui un marché important dans plusieurs industries du divertissement.

Cette innovation se démarque d’ailleurs dans un salon souvent critiqué pour son accumulation de prototypes spectaculaires mais rarement aboutis commercialement. Ici, Lego propose une technologie tangible, universelle, adaptée au grand public et clairement orientée vers l’usage, ce qui explique sans doute l’enthousiasme qu’elle a suscité.

Cette innovation constitue l’un des rares exemples de technologie accessible, universelle et réellement orientée vers l’usage, dans un salon parfois critiqué pour son excès de prototypes spectaculaires mais hors marché.

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