Le projet de loi de finances 2027 exonère d’IRG, d’IBS et de droits d’enregistrement les investissements dans les fonds à capital-risque. Effet kiss-cool. L’objectif affiché est de transformer l’argent qui dort en financement des start-up. L’objectif réel est de réparer un système bancaire qui ne sait pas financer l’amorçage. Le compte à rebours commence le 1er janvier 2027.
Le projet de loi de finances 2027 veut convaincre ménages et entreprises de sortir leur argent des placements dormants. L’objectif est de financer les jeunes pousses et les PME innovantes. Le dispositif entre en vigueur le 1er janvier 2027.
Dix ans sans impôt. C’est la carotte que brandit le gouvernement algérien pour convaincre les épargnants de miser sur les start-up. L’article 129 du projet de loi de finances pour 2027 (PLF-2027) exonère d’impôt sur le revenu global (IRG) et d’impôt sur les bénéfices des sociétés (IBS) les produits, revenus et plus-values de cession des titres émis par les organismes de placement collectif à capital-risque (OPCR). Les Sicar et les FCPR sont les premiers visés. Les droits d’enregistrement disparaissent aussi pendant dix ans, à compter du 1er janvier 2027.
Le message est clair car l’épargne qui dort ne crée pas d’emplois. Le texte, dans son exposé des motifs, parle de « renforcer l’attractivité du cadre fiscal » et d’« orienter davantage l’épargne vers l’investissement productif ». Derrière la formule, une réalité brutale, les banques algériennes financent mal les phases d’amorçage. Les jeunes entreprises innovantes frappent à la porte, repartent les mains vides.
Un second verrou levé pour les fonds étrangers
L’article 130 ajoute une couche. Les fonds d’investissement créés dans le cadre de conventions internationales bénéficieront d’une exonération d’IBS sur les dividendes perçus, pendant dix ans à partir du début de leur activité. Le but affiché est de les faire s’installer en Algérie, pas seulement y passer. Le PLF reconnaît vouloir «concilier l’objectif d’incitation à l’investissement avec la préservation des intérêts du Trésor public». Traduction : l’avantage est généreux, mais il a une date de péremption.
La Bourse n’est pas oubliée. L’article 131 reconduit pour cinq ans la réduction d’IBS accordée aux sociétés cotées. Cette réduction équivaut au taux d’ouverture du capital au public. Le dispositif, né avec la loi de finances 2014, expirait le 31 décembre 2026. Il repart donc pour un tour, avec la même justification celle de «préserver l’attractivité de l’introduction en Bourse».
Reste une question. L’épargne algérienne suivra-t-elle? Les avantages fiscaux ne créent pas une culture du capital-risque. Ils peuvent seulement la révéler.
À savoir
OPCR (organismes de placement collectif à capital-risque) : structures qui collectent l’épargne pour l’investir en fonds propres dans des entreprises non cotées, souvent jeunes ou innovantes. Les Sicar (sociétés d’investissement à capital-risque) et les FCPR (fonds communs de placement à risque) en sont les principales formes.
IRG et IBS : l’IRG frappe le revenu des particuliers. L’IBS taxe les bénéfices des sociétés.
Droits d’enregistrement : taxes perçues lors de certains actes juridiques, comme les cessions de titres.
Capital-risque : financement d’entreprises à fort potentiel de croissance, mais à risque élevé, en échange d’une participation à leur capital.

