Le gouvernement algérien vient de doubler à nouveau les dotations financières du Prix du président de la République de la meilleure start-up, créé en début d’année. Une mesure qui traduit la volonté des autorités de dynamiser l’écosystème entrepreneurial du pays.
L’Algérie, qui cherche à diversifier son économie traditionnellement dépendante des hydrocarbures, a multiplié ces dernières années les mesures en faveur de l’entrepreneuriat numérique. La création de ce prix présidentiel en janvier 2026, puis son renforcement huit mois plus tard, illustre la volonté des pouvoirs publics de structurer un écosystème startup mature et compétitif sur le continent africain.
L’Algérie intensifie ses efforts pour soutenir son tissu entrepreneurial émergent. Dans cette dynamique, les récompenses financières du Prix du président de la République de la meilleure start-up, instauré en janvier 2026, viennent d’être significativement revues à la hausse. Cette décision est consignée dans le décret présidentiel n° 26-277 du 23 août 2026, publié au Journal Officiel n° 60, qui modifie et complète le décret présidentiel n° 26-86 de janvier dernier portant création de cette distinction.
Selon les nouvelles dispositions, les montants des trois catégories récompensées connaissent une hausse substantielle. La meilleure scale-up, entreprise jeune ayant déjà démontré sa capacité à croître rapidement, voit sa récompense passer de 3 à 6 millions de dinars algériens (DA). La meilleure start-up, quant à elle, est désormais primée à hauteur de 4 millions de DA, contre 2 millions auparavant.
Enfin, le meilleur « Projet innovant » bénéficie d’une augmentation encore plus marquée, avec une dotation triplée, passant de 1 à 3 millions de DA. Dans l’hypothèse où ce dernier prix récompenserait un travail collectif, le montant sera réparti équitablement entre l’ensemble des participants, conformément aux modalités déjà prévues par le texte fondateur de janvier.
Ces révisions s’inscrivent dans une stratégie plus large visant à stimuler l’innovation et l’entrepreneuriat en Algérie, tout en favorisant le développement de l’économie de la connaissance. Le prix constitue ainsi un levier politique pour attirer les talents, valoriser les initiatives à fort potentiel et positionner le pays sur la carte des écosystèmes technologiques émergents.
Un jury pluridisciplinaire et international
La sélection des lauréats est confiée à un jury nommé par arrêté du ministre chargé des Start-up. Celui-ci est constitué pour une durée d’un an, renouvelable une seule fois, et allie expertise nationale et regard international. Il comprend notamment le représentant du ministère, un expert international spécialisé dans les nouvelles technologies, ainsi qu’une compétence en matière de capital-risque, ce financement spécifique destiné aux jeunes entreprises à fort potentiel de croissance mais présentant un risque élevé pour les investisseurs traditionnels.
Le jury intègre également deux membres du comité national de labellisation des start-up, des projets innovants et des incubateurs, plus un représentant de l’Institut national algérien de la propriété industrielle (INAPI). Cette composition diversifiée garantit une évaluation à la fois technique, économique et juridique des candidatures.
La remise des prix intervient chaque année lors d’une cérémonie officielle organisée à l’occasion de la Semaine mondiale de l’entrepreneuriat, qui se tient traditionnellement au mois de novembre. Cet événement international, célébré dans plus de 170 pays, offre une vitrine médiatique de choix aux lauréats algériens. Et vous, qu’attendez-vous de cette revalorisation financière pour l’avenir des jeunes entreprises technologiques en Algérie ?
A Savoir
Définitions
Start-up : Jeune entreprise, généralement fondée sur un modèle économique innovant et exploitant les technologies numériques. Elle se caractérise par une forte capacité de croissance et une recherche de scalabilité (possibilité de développer son activité sans augmentation proportionnelle des coûts).
Scale-up : Entreprise qui a dépassé le stade de la start-up naissante et connaît une croissance rapide et soutenue, souvent sur les marchés internationaux. Le passage de start-up à scale-up suppose généralement une levée de fonds significative et une structuration accrue des équipes.
Économie de la connaissance : Modèle économique fondé sur la production, la diffusion et l’utilisation du savoir et de l’information comme principales sources de création de valeur. Elle englobe les secteurs des technologies de l’information, de la recherche-développement, de l’éducation et des industries créatives.
Capital-risque : Forme de financement par lequel des investisseurs apportent des fonds à des entreprises jeunes, innovantes et non cotées en bourse, en échange d’une participation au capital. Ce type de financement accepte un niveau de risque élevé en contrepartie d’un potentiel de rendement important.
Incubateur : Structure d’accompagnement qui aide les jeunes entreprises à démarrer leur activité en leur fournissant des locaux, des conseils stratégiques, un accès à des réseaux professionnels et parfois des financements initiaux.
Labellisation : Procédure par laquelle une autorité compétente attribue un label, c’est-à-dire une reconnaissance officielle, à une entreprise ou un projet répondant à des critères prédéfinis. En Algérie, la labellisation des start-up est gérée par un comité national dédié.
INAPI (Institut national algérien de la propriété industrielle) : Organisme public chargé de la protection de la propriété intellectuelle et industrielle en Algérie. Il délivre notamment les brevets, les marques et les dessins et modèles industriels, et veille à la protection des inventions.
Journal Officiel (JO) : Publication administrative de l’État algérien dans laquelle sont insérés les lois, décrets, arrêtés et autres actes réglementaires. Un texte n’y acquiert force exécutoire qu’après sa publication au Journal Officiel.
Semaine mondiale de l’entrepreneuriat : Initiative mondiale lancée en 2008 par l’organisation Global Entrepreneurship Network (GEN). Elle se déroule chaque année en novembre dans des centaines de pays et vise à inspirer les entrepreneurs, faciliter les connexions et créer un écosystème favorable à la création d’entreprises.

