Une session de formation de trois jours destinée aux responsables de la sécurité des systèmes d’information (RSSI) des institutions de l’État et des organismes nationaux a été inaugurée hier à l’École nationale supérieure de cybersécurité (ENSCS) de Sidi Abdellah, dans le Pôle scientifique et technologique Chahid-Abdelhafid-Ihaddadene. Cette initiative constitue la deuxième édition d’un programme structurant dans le domaine de la cybersécurité algérienne.
Cette formation s’inscrit dans la mise en œuvre de la Stratégie nationale de sécurité des systèmes d’information 2025-2029, élaborée par le ministère de la Défense nationale (MDN). Cette stratégie, présentée récemment et conforme au décret présidentiel du 30 décembre 2025, fixe les orientations majeures de l’Algérie en matière de cybersécurité pour les cinq prochaines années. Elle repose sur plusieurs piliers, dont la formation continue des cadres, le renforcement des infrastructures de protection et l’adaptation aux évolutions des menaces cybernétiques.
Organisation et partenariats institutionnels
La session est organisée par l’Agence de la sécurité des systèmes d’Information (ASSI) du MDN, en collaboration avec le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique. Cette coopération interministérielle illustre la dimension transversale de la cybersécurité en Algérie, qui implique désormais plusieurs départements gouvernementaux.
L’ASSI, créée en tant qu’organe opérationnel de référence en matière de cybersécurité, est chargée de la supervision technique et stratégique de la protection des systèmes d’information de l’État. Son rôle s’est renforcé avec l’adoption du décret présidentiel n° 26-07 du 7 janvier 2026, qui impose la création obligatoire d’une structure dédiée à la sécurité des systèmes d’information (SSI) et à la protection des données au sein de toutes les institutions, administrations et organismes publics du pays.
Cette mesure représente un tournant majeur : alors que de nombreux pays peinent à imposer une gouvernance centralisée de la cybersécurité, l’Algérie opte pour une approche contraignante et universelle.
Le directeur général de l’École nationale supérieure de cybersécurité.
Dans son allocution, le directeur de l’ENSCS, Mohamed Amine Riahla, a rappelé que cette session s’inscrit dans le cadre de l’article 5 du décret présidentiel relatif à la création de l’école. Cet article stipule explicitement que l’établissement est chargé de contribuer à l’effort national de recherche scientifique en cybersécurité ; et assurer une formation supérieure d’ingénieurs et de docteurs dans ce domaine.
M. Riahla a souligné que « la présence de l’Inspecteur général et du directeur des réseaux près le ministère de l’Enseignement supérieur reflète l’intérêt accordé à la formation de même que le rôle central de l’ASSI et les efforts déployés pour le renforcement de la souveraineté numérique ». Il a affirmé que « l’École a été créée récemment, mais elle a de grandes ambitions, dont la coordination avec l’ASSI ».
Perspectives et défis
Cette session illustre la prise de conscience accélérée de l’Algérie face aux enjeux cybernétiques. Avec la création de l’ENSCS, l’adoption d’une stratégie nationale quinquennale et la généralisation obligatoire des structures SSI dans l’administration, le pays engage une transformation structurelle de sa posture numérique.
Les défis restent néanmoins considérables : pénurie mondiale de compétences en cybersécurité (estimée à 3,4 millions de postes vacants dans le monde selon l’ISC²), complexité croissante des attaques (ransomwares, ingénierie sociale avancée, attaques sur la chaîne d’approvisionnement), et nécessité de maintenir une formation continue face à l’évolution permanente des menaces.
Pour l’heure, cette deuxième session de formation des RSSI constitue un pas concret vers la constitution d’une « ressource humaine qualifiée en cybersécurité », objectif affiché par les autorités algériennes dans leur quête de souveraineté numérique.
A Savoir
Le RSSI
En Algérie, un RSSI (Responsable de la Sécurité des Systèmes d’Information) est le cadre chargé de la protection des données et de l’intégrité informatique des entreprises et des institutions publiques.
La fonction de RSSI s’articule autour des aspects suivants :
Rôle institutionnel et réglementaire :
Le métier est régi par le Référentiel National de Sécurité de l’Information (RNSI) et renforcé par des décrets présidentiels (tels que le Décret n°26-07) qui imposent la création d’une structure dédiée à la sécurité des systèmes d’information et à la protection des données au sein de toutes les institutions et organismes publics algériens.
Missions principales :
Le RSSI élabore la Politique de Sécurité des Systèmes d’Information (PSSI), cartographie les risques, sensibilise le personnel, gère les incidents cybernétiques et s’assure de la conformité de l’organisation avec la réglementation nationale.
Formations en Algérie
Plusieurs écoles spécialisées et centres de formation proposent des cursus adaptés aux standards internationaux (ISO 27001) et aux exigences du RNSI.
Offres d’emploi
Des institutions financières et entreprises nationales (Bourse d’Alger, groupes énergétiques, etc.) recrutent régulièrement ces experts pour anticiper les nouvelles menaces de cybersécurité

