Entre coupes sombres chez Meta pour financer des supercalculateurs et plongeons financiers vertigineux chez OpenAI et SpaceX, les titans de la tech purgent leurs effectifs tout en faisant la fête à Wall Street. Plongée dans les coulisses d’un tournoi de l’IA suprême où les milliards s’envolent aussi vite que les salariés, et où l’ego des dirigeants sert de stratégie industrielle.
Dans la tech, pour préparer la guerre de l’IA, la routine est immuable, on remercie poliment un dixième des effectifs d’un côté, et on s’organise une petite fête d’introduction en Bourse de l’autre. Une gestion de patrimoine somme toute très équilibrée.
SpaceX et OpenAI déboulent en Bourse
L’avantage d’entrer en Bourse, c’est que le monde entier peut enfin regarder sous le capot. L’inconvénient, c’est qu’on y découvre parfois des choses surprenantes. Prenons SpaceX. Leur dossier d’introduction révèle une performance digne des plus grands artistes avec une perte abyssale de 4,9 milliards de dollars en 2025, magnifiquement compensée par un abonnement mensuel de 1,25 milliard que leur verse Anthropic juste pour la puissance de calcul. On y apprend aussi qu’Elon Musk veut ouvrir des filiales sur la Lune et sur Mars, probablement pour échapper au fisc terrestre, qu’il se méfie de Grok qui est pourtant sa propre créature, et qu’il explique gentiment aux boursicoteurs du dimanche comment cramer leur épargne chez lui.
Pendant ce temps, OpenAI court à perdre haleine pour s’introduire en Bourse dès septembre. Les banquiers de chez Goldman Sachs en ont déjà les larmes aux yeux peut être de joie, évidemment.
Meta avec moins de salariés, plus d’ambition ou le paradoxe Zuckerberg
Chez Meta, le printemps a été marqué par un grand ménage de saison avec -10% d’effectifs, soit 8 000 personnes invitées à aller voir ailleurs si l’IA y est. C’est la grande tendance de l’année, déjà testée et approuvée par Amazon et Microsoft.
Pour consoler les survivants, Mark Zuckerberg a fendu l’armure dans un mémo d’une rare poésie qui dit « Le succès n’est pas garanti. L’IA est la technologie la plus cruciale de notre vie. Ceux qui mèneront la danse définiront la prochaine génération. » Traduction, « On a viré vos collègues pour s’acheter de supercalculateurs, alors maintenant, faites que ça marche. »
Trois titans, trois dynamiques (et beaucoup d’ego)
Le grand tournoi de l’IA suprême oppose trois profils psychologiques bien distincts, à commencer par Meta, le colosse aux pieds d’argile, qui affiche une capitalisation de 1 500 milliards de dollars et s’appuie sur trois milliards d’utilisateurs captivés par des vidéos de chats pour justifier un carnet de chèques colossal destiné à piquer les cerveaux d’en face; pourtant, ses modèles reçoivent des critiques mitigées et l’absence de service Cloud propre, contrairement à Google ou Microsoft, l’oblige pour l’instant à dépenser à aveugle en attendant des jours meilleurs.
Vient ensuite SpaceX, le couteau suisse de l’espace, une entité hybride mêlant fusées, réseau internet et désormais IA, dont la valorisation espérée à 2 000 milliards de dollars est portée par l’aura de l’homme le plus riche du monde; cela n’empêche pas les sceptiques de douter de la rationalité d’un tel chiffre et de se demander si Elon Musk dispose d’assez de bande passante cérébrale pour piloter de front deux mastodontes comme SpaceX et Tesla, même s’il trouve curieusement le temps de tweeter quatre-vingts fois par jour (sic).
Enfin, OpenAI incarne le pionnier fatigué qui, après avoir lancé la folie planétaire avec ChatGPT en 2022, savoure encore son statut de rockstar et s’offre le luxe de gagner un procès contre un Musk revanchard qui a promis de faire appel; mais l’avance du premier arrivé s’essouffle face à un concurrent comme Anthropic qui lui colle aux basques, laissant entière la question cruciale de savoir comment l’entreprise compte générer assez de cash pour honorer des factures d’électricité dignes du PIB d’un petit pays.
La suite au prochain trimestre, avec probablement de nouveaux licenciements préventifs et des promesses de colonisation spatiale.

