Le cash résiste encore, mais les chiffres parlent, il y a eu plus de 81 millions de paiements électroniques enregistrés en seulement six mois. Réunis à l’ENA à l’initiative du CNESE, banquiers, experts et décideurs ont posé les jalons d’une économie algérienne enfin dématérialisée, avec un objectif clair qui est de faire du numérique 20% du PIB d’ici 2030.

L’Algérie fait un pas de plus vers la dématérialisation de son économie. Réunis le 15 septembre 2026 à l’École Nationale d’Administration (ENA) à l’initiative du CNESE, experts et décideurs ont planché sur les défis de la généralisation des paiements modernes, portés par un bilan encourageant de 81,7 millions de transactions électroniques enregistrées au premier semestre.
La transition numérique s’accélère au pays. À l’occasion d’une rencontre-débat de haut niveau organisée par le Conseil National Économique, Social et Environnemental (CNESE), les acteurs clés de l’écosystème financier ont dressé un état des lieux des paiements électroniques. Si les chiffres témoignent d’une progression constante, avec plus de 81 millions de transactions au cours du premier semestre 2026, le recours massif au cash reste un défi majeur à surmonter pour modifier durablement les habitudes des consommateurs.
Présidée par le Professeur Mohamed Boukhari, cette conférence a permis de souligner le rôle stratégique de la monétique dans la fluidité et la transparence des échanges. Les discussions ont mis en lumière la nécessité d’une synergie renforcée entre les banques, les institutions financières et les entreprises technologiques. À ce titre, M. Belloul Abou-bakr, administrateur du GIE Monétique, a insisté sur l’importance d’une coordination étroite entre les parties prenantes pour structurer durablement l’écosystème national.
Cinq axes pour repenser l’écosystème financier
Les travaux de la journée ont été articulés autour de cinq thématiques majeures présentées par des experts reconnus :
Technologie et infrastructure : Animé par M. Madjid Messoudène, axé sur la nécessité de moderniser les supports techniques.
Incitations économiques : Porté par le Professeur Brahim Guendouzi, axé sur la concrétisation de la stratégie numérique globale.
Dimensions socioculturelles : Développé par l’avocat Mohamed Aissaoui, sur l’évolution du comportement des consommateurs face au cash.
Cadre juridique : Présenté par le Professeur Nazim Sini, sur l’harmonisation des lois avec l’évolution technologique rapide.
Impact financier : Exposé par M. Abou-Bakr Belloul (GIE Monétique), sur l’effet des mécanismes modernes sur la structure économique.
Cette dynamique s’inscrit pleinement dans la Stratégie Nationale de Transformation Numérique (SNTN 2025-2030), qui ambitionne notamment de porter la contribution du numérique à 20% du produit intérieur brut (PIB) d’ici la fin de la décennie.
A Savoir
Définitions
GIE Monétique (Groupement d’Intérêt Économique Monétique) : Organisme algérien qui regroupe les banques et Algérie Poste, chargé de gérer, réguler et développer l’interbancarité et les systèmes de paiement électronique à l’échelle nationale.
CNESE (Conseil National Économique, Social et Environnemental) : Institution consultative algérienne qui constitue un cadre de concertation, de dialogue et d’évaluation sur les questions économiques, sociales et environnementales.
Inclusion financière : Processus visant à garantir l’accès des entreprises et des particuliers à des services financiers utiles et abordables (compte bancaire, crédit, assurance, paiement numérique) répondant à leurs besoins.
Interopérabilité : Capacité de différents systèmes, réseaux ou applications informatiques à communiquer entre eux et à échanger des données sans barrière technique pour l’utilisateur.
SATIM (Société d’Automatisation des Transactions Interbancaires et de Monétique) : Entreprise qui gère la plateforme technique de paiement par carte interbancaire en Algérie.

