Un centre de recherche, cinq commissions et la formation de 50 000 spécialistes d’ici 2030 ont été annoncés lors d’une réunion interministérielle. Le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Kamel Baddari, a réuni ce 8 septembre 2026 les représentants de plusieurs ministères pour amorcer la mise en œuvre de la stratégie nationale en intelligence artificielle (IA). Plusieurs mesures structurantes ont été dévoilées à l’issue de cette première réunion de coordination.
Une stratégie placée sous le signe de la souveraineté
Parmi les annonces figure la création d’un centre national de recherche dédié à l’intelligence artificielle et aux données. Cette structure aura pour mission de fédérer les travaux de recherche et d’accompagner le développement de solutions technologiques dans ce domaine.
De plus, cinq commissions thématiques ont également été instituées. Elles couvrent les principaux axes de la stratégie à savoir les données et les infrastructures, le financement, les grands modèles linguistiques, le doctorat spécialisé en IA, ainsi que la formation continue.
Dans le volet applicatif, deux projets ont été programmés à court terme. Le premier concerne un système de gestion de la fiscalité basé sur l’intelligence artificielle. Le second vise à créer un système algérien multisectoriel pour généraliser l’usage des outils d’IA dans différentes administrations et secteurs.
Cette réunion a été marquée par plusieurs annonces importantes. Tout d’abord, il a été décidé de créer cinq commissions thématiques, qui correspondent aux principaux axes de la stratégie nationale. La première commission est chargée des données et des infrastructures. La deuxième commission est dédiée au financement des projets liés à l’intelligence artificielle. La troisième commission concerne les grands modèles linguistiques, qui sont au cœur des technologies actuelles de traitement automatique du langage. La quatrième commission est consacrée au doctorat spécialisé en intelligence artificielle, afin de former des chercheurs de haut niveau. Enfin, la cinquième commission a pour mission de développer la formation continue dans ce domaine, pour permettre aux professionnels déjà en activité de se perfectionner et d’acquérir de nouvelles compétences.
Une stratégie placée sous le signe de la souveraineté
Pour le ministre Kamel Baddari, « l’intelligence artificielle n’est pas une option pour l’Algérie, c’est un impératif stratégique de souveraineté et de compétitivité » . La stratégie repose sur quatre piliers principaux à savoir le développement de modèles d’IA gouvernementaux souverains et « open source », la consolidation des capacités nationales de calcul intensif, la garantie du stockage des données administratives dans des centres de données nationaux sécurisés, et le renforcement des compétences locales.
De plus, il faut savoir qu’en avril dernier, le pays a lancé son premier cluster de startups d’IA et de cybersécurité à Sidi Abdellah.
Former 50 000 spécialistes d’ici 2030
Par ailleurs, l’objectif de former 50 000 spécialistes en intelligence artificielle d’ici 2030 a été réaffirmé. Ce programme devrait contribuer à renforcer les compétences nationales et à répondre aux besoins croissants du marché du travail et de la recherche.
L’Algérie dispose déjà d’atouts dans ce domaine. L’École nationale supérieure de l’intelligence artificielle (ENSIA) , fondée en 2021, propose un cursus d’ingénieur d’État hautement sélectif, avec un seuil d’accès supérieur à 18 sur 20. De plus, le pays abrite aujourd’hui la plus grande base d’étudiants en IA d’Afrique avec plus de 70 programmes de master.
Projets de recherche et innovation
Enfin, les participants ont préparé le lancement de projets de recherche dans le cadre du Programme National de Recherche (PNR), en fonction des priorités définies par la stratégie. Ces projets visent à encourager l’innovation et à ancrer l’IA dans les politiques publiques et économiques du pays.
A Savoir
DÉFINITIONS
Qu’est-ce que l’intelligence artificielle (IA) ? L’intelligence artificielle désigne l’ensemble des techniques informatiques qui permettent aux machines d’imiter certaines capacités humaines, comme la reconnaissance d’images, la compréhension du langage ou la prise de décision. Elle repose sur des algorithmes capables d’apprendre à partir de données.
Qu’est-ce qu’un grand modèle linguistique ? Un grand modèle linguistique est un type d’IA entraîné sur d’immenses quantités de texte pour comprendre et générer du langage. Il est notamment utilisé pour la traduction automatique, la rédaction de textes ou les assistants conversationnels.
Qu’est-ce que l’« open source » ? L’« open source » désigne un modèle de développement où le code source d’un logiciel est accessible librement, permettant à chacun de l’utiliser, le modifier et le partager. Cela garantit une plus grande transparence et réduit la dépendance aux solutions propriétaires.
Qu’est-ce que le calcul intensif (ou haute performance) ? Le calcul intensif fait référence à l’utilisation de supercalculateurs ou de centres de données puissants pour traiter des volumes massifs de données et entraîner des modèles d’IA complexes. Ces infrastructures sont essentielles pour développer des applications d’IA à grande échelle.
Le contexte de la stratégie algérienne : Cette initiative s’inscrit dans une volonté plus large de souveraineté numérique, à l’image d’autres pays qui cherchent à maîtriser leurs données et leurs infrastructures technologiques. L’Algérie mise sur la formation et la recherche pour accompagner sa transition numérique et renforcer sa compétitivité sur le continent africain .

