20 juin 2026

L’IA en Chine <BR> La tempête silencieuse qui bouleverse le monde

7 500 modèles et ça ne fait que commencer

En mai 2026, plus de 7 587 modèles d’intelligence artificielle ont été enregistrés en Chine. C’est deux fois plus qu’un an auparavant. L’évolution est purement exponentielle depuis 2023, et elle interroge : un nouveau DeepSeek se cache-t-il parmi eux?

Nous avons eu accès au registre public chinois des IA, une base de données unique au monde, et ce qu’elle révèle est saisissant : la Chine n’est pas en train de rattraper son retard. Elle est en train de passer à la vitesse supérieure.

Alors que les Américains ChatGPT, Claude et Gemini restent les leaders incontestés en matière d’IA générative, l’Empire du Milieu accélère la cadence à un rythme que personne n’avait anticipé.

DeepSeek est le dragon chinois qui a chamboulé le monde en 2025. Mais que dire de Qwen, Kimi, ChatGLM ou MiniMax ? Des noms encore peu connus chez nous, mais qui tentent de s’imposer face aux géants américains — et qui y parviennent.

 Un registre public sans équivalent sur la planète

Le registre public chinois des IA est une base de données unique au monde. Le CAC (Cyberspace Administration of China), principal régulateur numérique du pays, oblige toute entreprise lançant un nouvel outil d’IA à l’enregistrer dans cette banque de données publique.

Pour être approuvé, un modèle doit passer un test rigoureux : il doit éviter 31 catégories de risques, y compris la violation des « valeurs socialistes fondamentales». Une fois ces critères remplis, le modèle est officiellement enregistré dans cette grande base de données, la seule de son genre.

C’est grâce à ce registre que nous avons pu comptabiliser les 7 587 modèles de mai 2026. Et c’est Kendra Schaeffer, de la société de recherche Trivium China, qui la première a compilé, catégorisé et partagé ces entrées avant de s’arrêter en avril 2025.

 7 500 modèles, mais pas 7 500 DeepSeek

Il faut cependant nuancer. Comme le souligne Kendra Schaeffer, ces 7 500 modèles ne représentent pas autant de futurs DeepSeek. Ils couvrent « un large éventail d’outils génératifs de sophistication variable », et nombre d’entre eux ne sont ni des grands modèles de langage (LLM), ni des technologies fondamentales.

On y retrouve aussi bien des IA dites « d’application générale » pour générer du texte ou des images que des outils ultra-spécialisés dans la santé, l’éducation ou le multimédia. Le registre est un miroir de l’écosystème dans toute sa diversité, pas seulement de sa puissance brute.

Les cadors du registre : Qwen, Kimi, ChatGLM…

Ces noms commencent à résonner en Occident. Qwen (Alibaba), Kimi (Moonshot AI), ChatGLM (Zhipu AI), Doubao (ByteDance)… ils s’imposent progressivement comme des alternatives crédibles face à ChatGPT, Claude et Gemini.

La suspension récente des modèles les plus puissants d’Anthropic, Claude Fable 5 et Mythos 5, pour les ressortissants étrangers pourrait largement profiter à ces acteurs chinois open source. Leurs modèles sont peut-être jugés un peu moins performants que les meilleurs américains, mais ils ont trois avantages décisifs : ils sont peu coûteux, facilement accessibles et auto-hébergeables pour les entreprises.

L’open-source : la Chine a dépassé les États-Unis

La Chine s’est rapidement distinguée par le choix de l’open-source, librement accessible au public, en opposition directe aux modèles propriétaires de la big tech américaine.

La diffusion virale du modèle R1 de DeepSeek en 2025 a largement favorisé cette adoption. Des organisations qui privilégiaient auparavant les approches fermées, comme Baidu et MiniMax, ont opéré un virage décisif vers l’ouverture de leurs modèles.

Une comparaison réalisée par la plateforme collaborative HuggingFace révèle un fait marquant qui est que la Chine a récemment dépassé les États-Unis en termes de téléchargements de modèles open-source sur la plateforme. Le pays est devenu le moteur mondial de l’open-source en IA.

Les modèles chinois open-source représentent désormais 17 % de tous les téléchargements mondiaux. L’exemple le plus frappant reste DeepSeek-V4, dont le coût d’utilisation est inférieur à 1 % de celui de GPT-5.5 d’OpenAI. En clair, l’IA chinoise offre des performances comparables à l’américaine, mais pour une fraction du prix. C’est un bouleversement complet du marché.

 La tech américaine tremble

L’arrivée de DeepSeek fin janvier 2025 a été la première grande secousse pour les géants de la tech américaine. Les Chinois ont alors démontré que leur technologie pouvait créer des modèles plus petits, moins consommateurs de paramètres et d’électricité, avec des performances très satisfaisantes.

Mais le véritable avantage des modèles chinois est sans aucun doute le prix qui est près de 60 fois moins élevé si on compare DeepSeek-V4 à Claude Fable 5 d’Anthropic.

En matière d’adoption mondiale, ChatGPT d’OpenAI reste le leader incontesté, suivi par Gemini de Google et Claude d’Anthropic. Mais la curiosité autour des modèles chinois est bien réelle car la plateforme OpenRouter, qui donne accès à des centaines de modèles d’IA, révélait mi-juin que quatre des cinq modèles les plus populaires de la semaine étaient chinois. Nous allons d’abord voir apparaître davantage de modèles, puis finalement seuls les modèles les plus efficaces survivront.

 L’IA, pilier de la stratégie industrielle chinoise

L’intelligence artificielle est reconnue depuis 2017 comme une industrie nationale clé, massivement soutenue par l’économie d’État chinoise. Dorien Emmers compare facilement cette nouvelle industrie à celle des véhicules électriques en disant que  « Des entreprises émergent dans ces secteurs et vont se faire concurrence. Dans le domaine automobile, BYD est devenue l’un des grands gagnants du marché chinois. La même chose pourrait se produire avec DeepSeek, Qwen et compagnie. »

Toutefois, Kendra Schaeffer ne considère pas encore que les grands modèles de langage chinois soient entrés dans une phase de consolidation. « Nous sommes sur le point d’y arriver car la puissance de calcul est extrêmement coûteuse. Il est impossible d’avoir une multitude d’entreprises concurrentes dans ce domaine », estime-t-elle.

La Chine rattrape son retard, et vite

Selon Hugues Bersini, professeur d’informatique à l’ULB, si la Chine avait pris un peu de retard technologique face aux États-Unis, il n’y a « aucune raison qu’elle n’arrive pas à le combler ».

Trois courses se jouent en parallèle, celle des données, celle de la puissance de calcul et celle de l’accès aux puces de pointe. Sur ce dernier point, la Chine tente de rompre le monopole de trois entreprises indispensables à la conception des GPU à savoir la néerlandaise ASML, la taïwanaise TSMC et l’américaine Nvidia.

Les restrictions américaines à l’exportation des puces les plus performantes de Nvidia vers la Chine ont paradoxalement permis au pays d’innover de façon progressive, selon Dorien Emmers. La Chine place aujourd’hui ses espoirs dans son champion technologique Huawei, qui vient d’annoncer le développement d’une nouvelle technologie de pointe pour la fabrication de puces.

Plus largement, la Chine peut miser sur sa puissante économie d’État, son abondance énergétique pour alimenter les immenses centres de données, et aussi sur un certain muselage social qui lui permet de ne pas se soucier de revendications environnementales ou liées au respect des données privées.  La Chine vise peut-être davantage une place stratégique et politique, plutôt qu’une rentabilité économique dans un premier temps. Il ne faut pas perdre de vue que les Chinois sont, avant tout, des commerçants.

Les quatre pôles de l’IA chinoise

Pékin est de loin le leader absolu du pays, avec 15 entreprises IA dans le Top 50 Forbes 2026 et pas moins de 166 entreprises IA au total, soit un tiers de tout l’écosystème national. La capitale excelle dans les puces avec Cambricon, les grands modèles de langage avec Zhipu AI et Moonshot AI (créateur de Kimi), l’IA médicale et la conduite autonome. C’est le cerveau stratégique de l’IA chinoise.

Shanghai arrive en deuxième position avec 8 entreprises dans le Top 50, et se positionne comme le socle hardware du pays. On y trouve les fabricants de GPU comme Biren Technology, Moore Threads et Enflame, ainsi que des acteurs de la robotique comme Agibot et des centres de calcul haute performance. Shanghai est l’usine à puces de la Chine.

Hangzhou est la grande surprise de 2026. Avec 7 entreprises dans le Top 50, la ville s’impose désormais comme la troisième puissance IA nationale, rivalisant directement avec Pékin et Shanghai. C’est la ville de DeepSeek, le phénomène mondial de l’IA open-source, mais aussi d’Unitree Robotics (robots humanoïdes), de BrainCo (interfaces cerveau-machine) et de Rokid (lunettes intelligentes IA). On parle désormais des six dragons de Hangzhou à savoir DeepSeek, Unitree, BrainCo, Rokid, GameScience et Yunji) et des huit nouveaux chevaux, dont En technologie, qui symbolisent cette montée en puissance fulgurante.

Shenzhen complète le quatuor avec 5 entreprises dans le Top 50, et se distingue par sa capacité unique à réunir toute la chaîne de valeur sur moins de 50 km  de la puce à la fabrication, jusqu’au déploiement final.

On y retrouve Ubtech (robotique), ZTE (télécom + IA) et Tencent Music. Shenzhen est le laboratoire où le hardware rencontre les applications concrètes.

 La tendance clé de 2026, c’est que Hangzhou n’est plus un outsider car grâce à ses « six dragons » et ses « huit chevaux », la ville est devenue un pôle IA de premier plan, capable de tenir tête à Pékin et Shanghai. La géographie de l’IA chinoise se rééquilibre.

Le Top 10 des entreprises IA chinoises (2025)

1. DeepSeek (Hangzhou) — Le numéro un incontesté. Ses grands modèles open-source, notamment DeepSeek-V4, offrent des performances comparables à GPT-5.5 pour une fraction du coût. Symbole de la stratégie chinoise : open-source, efficace, accessible.

2. Huawei (Shenzhen) — Le seul acteur chinois à maîtriser toute la chaîne IA de bout en bout : puces Ascend, cloud, modèles. La colonne vertébrale de l’IA chinoise face aux restrictions américaines.

3. Alibaba (Hangzhou) — Déploie son grand modèle Tongyi Qianwen et mise massivement sur le cloud IA. Le bras armé de l’IA pour le commerce et l’industrie.

4. ByteDance (Pékin) — Le créateur de TikTok domine via son chatbot Doubao et surtout ses algorithmes de recommandation, les plus puissants au monde. L’IA au service du contenu et de l’attention.

5. Tencent (Shenzhen) — Son modèle Hunyuan et des applications fortes dans l’IA médicale et le gaming. L’IA intégrée dans chaque produit, de WeChat aux jeux vidéo.

6. DJI (Shenzhen) — Leader mondial des drones, pionnier de l’IA embarquée et des drones autonomes. L’IA chinoise n’est pas seulement logicielle : elle est aussi dans le ciel.

7. Ant Group (Hangzhou) — Leader de l’IA financière : scoring de crédit, détection de fraude, gestion des risques. Toute la finance chinoise tourne grâce à ses algorithmes.

8. Kingsoft (Pékin) — WPS AI, assistant intégré à la suite bureautique WPS Office. Le champion de l’IA de productivité, concurrent direct de Microsoft Copilot.

9. Baidu (Pékin) — Le « Google chinois » avec son chatbot Ernie Bot et sa plateforme de conduite autonome Apollo, l’un des programmes les plus avancés au monde.

10. Unitree Robotics (Hangzhou) — Leader de la robotique humanoïde et de la locomotion avancée. Ses robots entrent dans « l’ère des 10 000 yuans » et symbolisent l’IA incarnée dans le monde physique.

Ce qu’il faut retenir c’est que sur ces 10 entreprises, 6 sont basées à Hangzhou ou Shenzhen. Le centre de gravité de l’IA chinoise s’est déplacé vers le sud et l’est, loin du Pékin qui dominait il y a cinq ans.

 Les champions par secteur

Le paysage de l’intelligence artificielle chinoise se déploie à travers plusieurs secteurs stratégiques, chacun dominé par des champions nationaux.

Dans le domaine des puces dédiées à l’IA, Cambricon se hisse en tête du classement chinois avec une valorisation de 2 380 milliards de yuans. Il est suivi de près par Huawei et sa gamme Ascend, ainsi que par Moore Threads et Enflame, qui complètent ce peloton de tête essentiel à l’indépendance technologique du pays.

Le secteur de la vision artificielle et de la reconnaissance compte treize entreprises actives. Parmi elles, SenseTime affiche une valorisation de 500 milliards de yuans, tandis que Megvii, propriétaire d’Orbbec, occupe également une place de choix.

En matière de conduite autonome, WeRide a franchi un cap symbolique en devenant le premier opérateur de robotaxis au monde coté au Nasdaq. Pony.ai et Yingche Keji l’accompagnent dans cette course, ce dernier ayant déjà accumulé 200 millions de kilomètres commerciaux avec ses camions autonomes.

La reconnaissance vocale et le traitement du langage naturel (NLP) reposent largement sur iFlytek, deuxième entreprise chinoise du secteur avec une valorisation de 1 160 milliards de yuans et un leadership historique dans la reconnaissance vocale.

La génération de contenu par IA (AIGC) connaît une effervescence particulière. Moonshot AI s’y distingue avec son assistant Kimi, capable de traiter un contexte de deux millions de caractères. MiniMax, Baichuan et DeepSeek constituent également les piliers de ce segment en pleine expansion.

La robotique humanoïde et l’IA incarnée (Embodied AI) entrent dans une nouvelle phase avec l’arrivée de l’ère des 10 000 yuans. Unitree, Ubtech, Agibot et Fourier Intelligence sont les acteurs principaux de cette démocratisation annoncée.

L’IA appliquée à la santé mobilise notamment iFlytek et Jingtai, basée à Shenzhen, qui se spécialise dans le bio-calcul.

Enfin, le secteur financier s’appuie sur Ant Group, 4th Paradigm et Zhongguancun Kejin pour le contrôle des risques bancaires, un segment critique de la régulation financière automatisée.

La particularité chinoise, c’est la verticalité car chaque grand acteur (Alibaba, Tencent, Huawei, ByteDance) possède sa propre pile IA complète, du hardware au logiciel, en passant par le cloud.

 Les 5 tendances qui façonnent l’IA chinoise en 2026

 Agent AI

La Chine passe du chatbot classique à l’agent IA autonome : une IA capable non plus seulement de répondre, mais de planifier et exécuter des tâches complexes de manière indépendante. Selon Gartner, d’ici 2028, un logiciel d’entreprise sur trois contiendra un agent IA. C’est le passage du « je te parle » au «je fais pour toi».

 L’open-source domine

Les modèles chinois open-source représentent 17 % des téléchargements mondiaux. DeepSeek-V4 coûte moins de 1 % du prix de GPT-5.5. L’IA chinoise offre des performances comparables à l’américaine, mais pour une fraction du prix.

 Embodied AI

L’IA quitte l’écran pour entrer dans le monde physique avec robots humanoïdes (Unitree), drones autonomes (DJI), voitures sans conducteur (WeRide). L’IA n’est plus confinée à un écran,  elle se déplace, elle agit, elle interagit avec le monde réel.

 Frugal AI

Face au blocage des puces Nvidia, la Chine a développé la Frugal AI, des modèles légers, efficaces et peu coûteux, conçus pour les PME. C’est une stratégie de survie technologique autant qu’une opportunité commerciale.

 Token economy

L’économie des tokens explose car les appels d’API quotidiens sont passés de 10 milliards début 2024 à 140 billions en mars 2026, soit une multiplication par 14 en deux ans. L’IA est devenue l’infrastructure quotidienne de l’économie numérique chinoise.

 Les 4 murs de l’IA chinoise

L’écosystème chinois de l’intelligence artificielle fait face à plusieurs défis structurels qui freinent son développement.

Le blocage des puces constitue le premier obstacle majeur. Les restrictions américaines sur les GPU Nvidia pèsent lourdement sur la capacité de calcul du pays. Les puces domestiques, notamment celles de Huawei Ascend et de Cambricon, accusent un retard d’environ deux générations par rapport à leurs concurrents américains.

La pénurie de talents représente un second frein considérable. Le ratio entre l’offre et la demande pour les meilleurs scientifiques en intelligence artificielle s’établit à un pour neuf. Par ailleurs, seulement 20 % des chercheurs du secteur possèdent un doctorat ou un diplôme équivalent, ce qui limite la capacité d’innovation fondamentale.

L’exploitation des données reste également sous-optimale. Le taux d’utilisation des données en Chine atteint 25 %, un chiffre bien inférieur aux 62 % constatés dans l’Union européenne et aux 78 % enregistrés à Singapour. Ce gisement inexploité représente pourtant un levier essentiel pour l’entraînement des modèles.

Enfin, l’adoption de l’IA connaît une fracture profonde entre grandes entreprises et petites structures. Alors que plus de 60 % des grandes entreprises ont entamé leur transformation digitale, seulement 15 % des PME ont franchi ce cap. Cette inégalité d’accès risque de creuser les écarts de compétitivité au sein de l’économie chinoise.

Ces quatre murs expliquent pourquoi la Chine a choisi une stratégie différente des États-Unis à savoir l’open-source, la frugalité et l’efficacité plutôt que la course brute aux paramètres.

 

En conclusion, le registre chinois de l’IA est une fenêtre précieuse sur un écosystème bouillonnant, qui met en lumière des ambitions nationales et une stratégie industrielle finement huilée. DeepSeek restera le symbole de cette nouvelle force de frappe, tout comme Minimax, ChatGLM, Qwen et les autres. Mais soyons attentifs car ces modèles sont loin d’être les seuls. Le registre évolue de mois en mois et cache peut-être déjà les prochains acteurs de poids.

La Chine ne cherche pas à copier la Silicon Valley. Elle a pris une voie propre à savoir des agents autonomes, de l’open-source ultra-compétitif, de l’IA incarnée dans le monde physique, et une économie des tokens en explosion. Le tout avec une obsession faire plus avec moins, faute de pouvoir compter sur les puces américaines.

Avec DeepSeek comme étendard mondial et Hangzhou comme nouvelle capitale de l’IA, le pays vise 10 trillions de yuans de marché IA d’ici la fin du 15e plan quinquennal (2030).

Note : Cet article est un travail journalistique qui compile des données publiques (registre CAC, Forbes, HuggingFace, OpenRouter) et des expertises académiques (KULeuven, ULB, Trivium China). Aucune source primaire unique n’est citée pour l’ensemble des chiffres ils proviennent d’un croisement de registres officiels, de plateformes ouvertes et d’analyses.

Références — Organismes & Institutions

L’article s’appuie sur un ensemble de sources institutionnelles solides. Le CAC (Cyberspace Administration of China) est le régulateur numérique chinois qui impose l’enregistrement obligatoire de tout modèle d’IA dans le registre public, une base de données unique au monde.

Les données de classement des entreprises IA par ville proviennent du Forbes Top 50 2026, qui recense 15 entreprises à Pékin, 8 à Shanghai, 7 à Hangzhou et 5 à Shenzhen. Gartner est cité pour sa prédiction selon laquelle, d’ici 2028, un logiciel d’entreprise sur trois contiendra un agent IA autonome.

Côté plateformes techniques, HuggingFace a révélé que la Chine a récemment dépassé les États-Unis en termes de téléchargements de modèles open-source, tandis qu’OpenRouter, une plateforme donnant accès à des centaines de modèles IA, a montré que quatre des cinq modèles les plus populaires mi-juin 2026 étaient chinois.

L’analyse experte provient de plusieurs institutions académiques et de recherche. Trivium China est une société de recherche spécialisée sur la Chine, où travaille Kendra Schaeffer, première à avoir compilé et catégorisé les entrées du registre chinois des IA. 


Dorien Emmers, professeure en études chinoises et économie à la KULeuven (Université catholique de Louvain, Belgique), compare l’IA chinoise aux véhicules électriques et estime que les restrictions américaines ont favorisé l’innovation progressive du pays.


Enfin, Hugues Bersini, professeur d’informatique à l’ULB (Université Libre de Bruxelles), affirme qu’il n’y a aucune raison que la Chine ne comble pas son retard technologique et souligne que c’est la puissance de calcul qui fait toute la différence entre les modèles.

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