17 avril 2026

Économie du savoir en Algérie <br> Un cadre juridique pour structurer et dynamiser l’innovation

Lors de son intervention sur les ondes de la chaîne 1, dans le cadre du Forum de la radio, le ministre de l’Économie du savoir, des Start-up et des Microentreprises, Noureddine Ouadah, a exposé les grandes lignes d’un cadre juridique destiné à structurer et dynamiser l’économie du savoir en Algérie. «Ce cadre juridique vise à clarifier les piliers de l’économie du savoir en mettant l’accent sur des éléments essentiels tels que la propriété intellectuelle, le transfert de technologie et la recherche appliquée au sein des entreprises, et non uniquement dans le milieu universitaire », a-t-il expliqué. Ce concept repose sur l’exploitation des connaissances scientifiques et technologiques pour générer de la valeur économique. Dans cette optique, des mécanismes clés tels que la propriété intellectuelle -ensemble de droits protégeant les inventions, marques et créations artistiques- et la recherche appliquée -transformation des résultats de la recherche scientifique en applications concrètes- seront intégrés au tissu économique national.

L’objectif de cette réforme est d’encourager la création et le développement des start-up -jeunes entreprises innovantes à fort potentiel de croissance- et des microentreprises -structures de très petite taille, souvent créées par un entrepreneur individuel-.
« Cette transformation reflète une volonté politique affirmée d’inscrire durablement une nouvelle composante dans l’économie nationale, reposant sur la science, la technologie et le dynamisme de la jeunesse », a-t-il déclaré.
L’accent est mis sur l’économie numérique, un secteur stratégique qui englobe les technologies de l’information et de la communication (TIC), l’intelligence artificielle (IA) et le commerce électronique. «Cette transition numérique est cruciale pour moderniser l’économie nationale et renforcer sa compétitivité à l’échelle internationale» souligne-t-il.

Une transformation structurelle depuis 2020
Le ministre a rappelé que depuis 2020, une transformation en profondeur a été amorcée avec la création d’un ministère spécialement dédié à l’économie du savoir et aux entreprises émergentes. Cette initiative s’inscrit dans une stratégie nationale visant à réduire la dépendance aux hydrocarbures -source principale de revenus du pays-, à diversifier l’économie en explorant de nouveaux secteurs porteurs et à stimuler l’innovation technologique.

Dans ce cadre, l’Algérie s’est fixé un objectif ambitieux : la création de 20 000 start-up d’ici 2029. Pour atteindre cet objectif, plusieurs mesures ont été mises en place. L’internationalisation des start-up constitue l’une de ces initiatives, permettant à de jeunes entreprises d’être envoyées à l’étranger afin de bénéficier d’un accompagnement et d’un accès à des marchés plus vastes.
Par ailleurs, divers modes de financement ont été développés pour soutenir ces entreprises. En plus des aides publiques, des solutions innovantes telles que les fonds d’investissement, qui mobilisent du capital provenant d’investisseurs privés ou publics, ainsi que le crowdfunding, un financement participatif reposant sur les contributions de nombreux petits investisseurs via des plateformes en ligne, ont été mis en place pour diversifier les sources de financement et encourager l’essor de l’écosystème entrepreneurial.

Un cadre favorable à l’entrepreneuriat
Pour accompagner cette dynamique, un statut simplifié pour les auto-entrepreneurs a été introduit, facilitant la création d’activités indépendantes. Par ailleurs, des programmes dédiés à l’entrepreneuriat universitaire permettent aux étudiants et chercheurs de transformer leurs idées innovantes en projets concrets. “Nous avons les ressources nécessaires pour développer des solutions technologiques à moindre coût, et c’est sur cette base que nous devons bâtir un écosystème solide au service de nos entreprises émergentes” a-t-il souligné.
L’État mise aussi sur la création d’incubateurs -structures d’accompagnement offrant des services et conseils aux start-up en phase de lancement- et sur des réformes légales facilitant l’accès des PME et start-up aux marchés publics -contrats passés avec des administrations ou entreprises publiques-. Ces mesures favorisent également le développement des technologies locales dans des secteurs stratégiques, notamment l’énergie et la gestion de l’eau, avec un intérêt particulier pour le dessalement de l’eau de mer afin de pallier les problèmes de stress hydrique du pays.

Vers une autosuffisance alimentaire et une économie plus résiliente
Enfin, le ministre a souligné que l’Algérie ambitionne de renforcer son autosuffisance alimentaire et d’améliorer la résilience de son économie grâce à des projets innovants et structurés. L’intégration de technologies modernes dans l’agriculture, comme l’agriculture intelligente -utilisation de capteurs, drones et IA pour optimiser les cultures-, ainsi que le développement de nouvelles chaînes de valeur dans l’industrie agroalimentaire sont des axes majeurs de cette transformation.

Dans cette dynamique, le gouvernement mise sur la jeunesse qualifiée, en favorisant la formation et l’emploi des ingénieurs, développeurs et chercheurs dans des secteurs porteurs. L’objectif final est de bâtir une économie diversifiée, compétitive et tournée vers l’innovation, permettant à l’Algérie de s’affirmer comme un acteur clé du savoir et des nouvelles technologies sur la scène internationale.

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