Réuni ce mercredi sous la présidence du Premier ministre, Sifi Ghrieb, l’exécutif a examiné le mécanisme qui doit permettre d’évaluer le taux d’intégration locale dans la fabrication de téléphones mobiles, ainsi que dans l’industrie automobile. Le but affiché : sortir du simple assemblage.
La réunion consacrait son premier point à un exposé sur la méthode proposée pour calculer ce taux d’intégration, aussi bien pour les téléphones mobiles que pour les véhicules légers et lourds. Selon le communiqué des services du Premier ministre, le dispositif doit établir quels composants matériels sont réellement produits sur place et quelles opérations industrielles sont effectuées localement. Pour un smartphone, cela revient à distinguer ce qui relève de la fabrication de ce qui se réduit au montage de pièces importées.
Le gouvernement en attend trois effets à savoir encourager l’implantation de ces industries, faire monter les taux d’intégration et alléger la facture des importations. Il présente le nouveau mécanisme comme une approche renouvelée, destinée à bâtir «une véritable industrie nationale, en dépassant le stade de l’assemblage traditionnel». Pour y parvenir, il compte s’appuyer sur les partenariats, le transfert de technologie, la formation des compétences et le renforcement du réseau de sous-traitance, afin d’élargir les capacités de production locales.
À savoir
Taux d’intégration. Part de la valeur d’un produit réalisée localement, en composants fabriqués sur place et en opérations industrielles menées dans le pays. Plus il est élevé, moins le produit dépend d’éléments importés.
Assemblage et fabrication. Assembler consiste à monter des kits de pièces conçues et produits à l’étranger, ce qui crée peu de valeur locale. Fabriquer implique de produire soi-même des composants, par exemple cartes électroniques, batteries, boîtiers ou écrans, et d’effectuer localement davantage d’étapes de production.
Facture des importations. Montant des achats de biens à l’étranger. En remplaçant des produits finis ou des kits importés par des composants locaux, un taux d’intégration plus élevé réduit cette dépense.
Transfert de technologie et sous-traitance. Le premier désigne le partage de savoir-faire industriel par un partenaire étranger. La seconde est le tissu de petites et moyennes entreprises locales qui fournissent pièces et services aux grands industriels. Sans lui, un site d’assemblage reste isolé.

