23 octobre 2026

Informatique quantique et IA : L’USTHB accueille la 6è édition du symposium QCAI

Alger a accueilli, les 11 et 12 octobre 2026, la sixième édition du Symposium international sur l’informatique quantique et l’intelligence artificielle (QCAI’2026). Organisée par le Laboratoire de recherche en intelligence artificielle (LRIA) de la faculté d’informatique de l’Université des Sciences et de la Technologie Houari Boumediene (USTHB), la rencontre a rassemblé des chercheurs et experts nationaux et étrangers autour d’un objectif : évaluer l’état de la recherche et renforcer les passerelles entre le monde académique et le secteur industriel.

Le programme s’articule autour de trois pistes complémentaires, une piste de recherche consacrée aux fondamentaux et aux applications de l’IA, une piste dédiée à l’informatique quantique, des approches hybrides aux algorithmes entièrement quantiques, et une piste « Connect to the Industry », destinée à favoriser l’interaction entre universitaires et acteurs économiques. Doctorants, étudiants en master et chercheurs confirmés y présentent leurs travaux devant des experts du domaine. Une sélection des meilleurs articles fera l’objet de présentations orales.

Trois conférences invitées au programme
La première journée a été marquée par l’intervention du professeur Faicel Hnaien, de l’Université de technologie de Troyes (France), sur un algorithme génétique quantique hybride appliqué à l’ordonnancement industriel. Ce type de problème consiste à déterminer l’ordre de passage des tâches sur plusieurs machines afin d’optimiser leur traitement, parmi un nombre immense de combinaisons possibles. Faisant face aux limites des machines quantiques actuelles peu nombreuses en qubits, ces unités d’information quantique, et sensibles aux perturbations, le chercheur propose d’associer méthodes classiques et quantiques. Ses expérimentations ont été menées à la fois sur simulateurs et sur du matériel réel, dans le cadre de l’ère dite « NISQ » (Noisy Intermediate-Scale Quantum), qui désigne les dispositifs quantiques intermédiaires et bruités disponibles aujourd’hui.

Le professeur Houari Sahraoui, de l’Université de Montréal (Canada), a pour sa part abordé l’évaluation de l’IA générative en génie logiciel. Sa thèse à savoir les critères actuels, centrés sur l’exactitude du code, sont insuffisants. Les développeurs attendent aussi que les outils respectent leurs préférences de codage, produisent des commentaires exploitables et s’intègrent aux flux de travail humains. Une session d’optimisation quantique a également porté sur la cyberdéfense, la cryptographie post-quantique et les algorithmes adaptés aux contraintes des dispositifs actuels.

Former les doctorants et rapprocher les mondes
Le recteur de l’USTHB, Djamal Eddine Akretche, a souligné l’importance de ces manifestations pour la formation doctorale, permettant aux jeunes chercheurs de confronter leurs travaux à des experts internationaux. La doyenne de la faculté d’informatique, Ioualalene Malika Boukala, a évoqué les applications de l’IA et du quantique dans la santé, la cybersécurité et l’industrie. Le directeur du LRIA, le Dr Lyes Abada, a rappelé que le laboratoire, créé en 2000, cumule plus de 25 ans d’activité et a appelé à renforcer les liens entre chercheurs, étudiants et industriels.

L’événement s’accompagne d’une reconnaissance internationale, la professeure Habiba Drias, fondatrice du laboratoire d’IA de l’université, a été nommée co-rédactrice en chef de la revue « Evolutionary Intelligence », classée dans le premier quartile (Q1) des publications scientifiques et éditée par Springer Nature. Cette nomination constitue une étape marquante pour la visibilité de la recherche algérienne aux plus hauts niveaux de la science internationale.

L’informatique quantique exploite les propriétés de la matière à l’échelle de l’atome, superposition et intrication, pour traiter l’information de manière différente des ordinateurs classiques.
L’IA générative désigne des systèmes capables de produire textes, images ou code; l’IA dite « agentique » va plus loin en accomplissant des tâches de façon autonome.
La cryptographie post-quantique regroupe des méthodes de chiffrement conçues pour résister à un futur ordinateur quantique.
Enfin, le classement Q1 désigne les revues scientifiques les plus sélectives selon les bases de données internationales.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *