Un accord-cadre entre l’ENSTICP et l’agence spatiale pour former les ingénieurs en Algérie, plutôt que d’aller les chercher à l’étranger.
Signature à Alger. Deux noms figurent sur le document à savoir Souissi Boulerbah, directeur de l’école nationale supérieure de l’information, des technologies de la communication et de la poste (ENSTICP), et Benbouzid Ayhan Bey, qui dirige le Centre d’exploitation des satellites de télécommunications spatiales (CESTS), une entité de l’Agence spatiale algérienne (ASAL). L’accord-cadre entre les deux institutions vise un objectif concret qui est que les futurs ingénieurs ne passeront plus de l’autre côté du mur pour toucher au spatial.
L’accord commence par les étudiants. Ceux de l’ENSTICP pourront désormais faire leurs stages, leurs projets de fin d’études et leurs thèses au sein même des structures de l’ASAL, encadrés par des chercheurs universitaires et des experts de l’agence. Autant dire du travail en contact direct avec de vrais satellites.
Le tout sans quitter le territoire national.
Côté matériel, l’école touche au but, accès partagé aux stations au sol et aux téléports, ces stations qui dialoguent avec les satellites en orbite, ainsi qu’aux laboratoires et bancs d’essai de l’agence. Les étudiants y testeront des liaisons radiofréquence et des nanosatellites de type CubeSat, ces petits engins qui tiennent dans une main. Ils y travailleront aussi sur l’internet des objets par satellite, utile pour connecter des capteurs perdus dans le désert, loin de tout réseau terrestre.
Le volet recherche prévoit des équipes conjointes pour porter des projets nationaux et internationaux, avec des échanges d’experts entre les deux institutions. Et puis il y a les formations et certifications spécialisées dans les technologies satellitaires (des titres qui comptent, sur un marché de l’emploi qui, avouons-le, paie plutôt bien ces compétences rares).
Pourquoi c’est important
Regardons la carte. L’Algérie exploite sa constellation d’observation Alsat et dispose d’un centre spatial à Oran. Parce que les satellites, ça ne s’achète pas comme un téléphone, il faut des ingénieurs capables de les piloter et de les faire vivre en Algérie. C’est le pari de cet accord qui est de garder la maîtrise de ses infrastructures orbitales sans dépendre de l’étranger.
L’ENSTICP le dit sans détour ces actions ne sont qu’une première étape. L’objectif est de former des talents nationaux de haut niveau au service de la souveraineté stratégique et numérique du pays.
Mais entre un accord signé et des ingénieurs formés, il y a un chemin. Le prochain signal sera concret en voyant les premières promotions qui débarqueront au CESTS.
A Savoir
Les CubeSats : de très petits satellites standardisés (environ 10 centimètres de côté pour le modèle de base), moins coûteux à concevoir et à lancer que les satellites classiques. Ils sont devenus un outil privilégié de la formation spatiale universitaire.
L’IoT par satellite : l’internet des objets relayé par satellite permet de connecter des capteurs situés dans des zones dépourvues de réseaux terrestres, utiles pour l’agriculture, la surveillance ou les infrastructures isolées.
Le CESTS : le Centre d’exploitation des satellites de télécommunications spatiales est l’entité de l’ASAL chargée du suivi, du contrôle et de l’exploitation opérationnelle des satellites de télécommunications algériens.
ENSTICP : École nationale supérieure de l’information, des technologies de la communication et de la poste est un établissement public d’enseignement supérieur algérien.
Son rôle. C’est une école d’ingénieurs spécialisée dans les domaines des télécommunications, des technologies de l’information et de la communication (TIC) et du secteur postal. Elle forme les cadres et ingénieurs qui alimentent les opérateurs de télécoms, les administrations de poste et les entreprises du numérique en Algérie. L’école propose aussi de la formation continue dans l’informatique, les réseaux, la programmation ou encore le management.
Son rattachement. Elle dépend du ministère de la Poste et des Télécommunications algérien, et elle est également accréditée dans le système de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique.
Son emplacement. L’école se situe aux Eucalyptus, sur la route de Larbaa, dans la banlieue d’Alger.
L’ASAL : créée en 2002, l’agence spatiale algérienne pilote les programmes spatiaux nationaux, notamment les satellites d’observation de la terre Alsat et le projet de constellation de télécommunications COMSAR. Son centre spatial se trouve à Oran.

