1 octobre 2026

Satellites NGSO <BR> L’Algérie ouvre les plis pour deux licences de connectivité par satellite

L’Autorité de Régulation de la Poste et des Communications Électroniques (ARPCE) a lancé le 9 avril 2026 un appel à la concurrence international (n° 01/2026) portant sur deux licences d’exploitation de réseaux satellites NGSO. Le 30 septembre de la même année, l’ARPCE a procédé à l’ouverture publique des plis en son siège à Alger, à 13h30. Cet appel porte sur l’octroi de deux licences pour l’établissement et l’exploitation d’un réseau de communications électroniques ouvert au public par satellites en orbite non géostationnaire (NGSO), ainsi que pour la fourniture des services associés.

L’ouverture s’est déroulée en séance publique, conformément aux dispositions réglementaires en vigueur, notamment celles prévues par le règlement de l’appel à la concurrence, qui fixe les modalités d’ouverture et d’examen des offres ainsi que les critères d’évaluation. Les offres techniques et financières soumises par les candidats ont été examinées à cette occasion. Le comité d’évaluation a ensuite entamé l’examen des offres techniques et financières, dans le respect des principes de transparence et d’objectivité.

Jusqu’à présent, le marché algérien des communications par satellite était largement dominé par Algérie Télécom Satellite (ATS), à capitaux publics, et par Djezzy. L’ouverture de ces licences vise principalement à couvrir le grand Sud désertique et les zones montagneuses difficiles d’accès, où la fibre et les réseaux terrestres ne parviennent pas, tout en introduisant davantage de concurrence pour améliorer les prix et la qualité de service.

Dans un communiqué publié à l’issue de la séance, le président de l’Autorité, Mohamed El Hadi Hanachi, a expliqué que les technologies de communications par satellite en orbite non géostationnaire constituent une solution supplémentaire pour améliorer la couverture complète des communications, en particulier dans les zones isolées au terrain difficile, où le déploiement de réseaux terrestres est compliqué. Il a également souligné leur rôle pour assurer la continuité des services en cas de dysfonctionnements, d’interruptions, de circonstances exceptionnelles ou de risques divers pouvant affecter les infrastructures de communication.

M. Hanachi a précisé que cette adjudication s’inscrit dans la poursuite des orientations nationales visant à développer le secteur des communications électroniques et à renforcer la transformation numérique, en suivant les évolutions technologiques mondiales et en élargissant la portée des services de communications à haut débit. L’objectif est de garantir une meilleure couverture et d’améliorer la qualité des services fournis aux citoyens et aux institutions sur l’ensemble du territoire national.

Le responsable a ajouté que cette démarche ouvre la voie à des solutions technologiques innovantes susceptibles de soutenir le développement économique et social, en particulier dans les zones reculées et isolées. Il a toutefois tenu à préciser que cette technologie ne remplace pas les technologies actuellement utilisées : elle vient en complément, en fournissant des solutions de communication supplémentaires, notamment dans les zones au terrain difficile où les réseaux terrestres sont difficiles à déployer.

Concernant les offres commerciales, M. Hanachi a exprimé l’espoir que les propositions des concessionnaires retenus pour les deux licences permettront une concurrence en termes de prix et de qualité des services, dans l’intérêt des clients.

Candidats potentiels
L’appel à la concurrence est ouvert à deux catégories d’acteurs soit les opérateurs déjà titulaires d’une licence VSAT en Algérie, et soit les opérateurs internationaux disposant de constellations NGSO à l’échelle mondiale. Cela signifie que des fournisseurs de satellites en orbite basse comme Starlink (SpaceX), OneWeb (Eutelsat) et Amazon Kuiper sont théoriquement éligibles. Toutefois, à ce stade, aucun d’entre eux n’a été officiellement confirmé comme soumissionnaire ou attributaire.

Source: APS

Définition

Les satellites NGSO (Non-Geostationary Orbit), ou satellites en orbite non géostationnaire, évoluent à une altitude plus basse que les satellites géostationnaires classiques. Cette position leur permet de réduire la latence, c’est-à-dire le temps de transmission des données, et d’offrir une meilleure réactivité. Ils sont particulièrement adaptés aux zones isolées ou difficiles d’accès, où l’installation de réseaux terrestres (fibre, câble, antennes) reste coûteuse ou techniquement complexe.
Ces systèmes ne se substituent pas aux réseaux existants. Ils agissent comme une solution complémentaire, notamment pour garantir la continuité des communications en cas de panne ou de situation d’urgence.
Les satellites NGSO, ou satellites en orbite non géostationnaire, sont des engins spatiaux qui se déplacent dans le ciel au-dessus de la Terre, contrairement aux satellites géostationnaires (GSO) qui restent fixes par rapport à un point donné du globe.
À l’inverse, les satellites NGSO se situent à des altitudes bien plus basses. Ils évoluent en orbite terrestre basse (LEO), entre 400 et 2 000 km, ou en orbite terrestre moyenne (MEO), entre 8 000 et 20 000 km. À ces altitudes, ils bougent rapidement dans le ciel et ne couvrent donc qu’une zone limitée à un instant donné.
Cette proximité avec la Terre offre deux avantages majeurs pour les télécommunications. Elle permet d’abord une latence réduite, car le signal parcourt une distance beaucoup plus courte, ce qui diminue le temps de transmission des données, un aspect essentiel pour les services interactifs. Elle permet ensuite de réduire le coût et la taille des équipements, puisque les terminaux utilisateurs peuvent être plus petits et moins coûteux, le signal étant plus fort et nécessitant moins de puissance.
Pour offrir une couverture continue, ces satellites sont déployés en constellations (ou mégaconstellations). Il s’agit de groupes comprenant parfois des centaines, voire des milliers de satellites qui coopèrent. Pendant qu’un satellite s’éloigne, un autre prend le relais, assurant ainsi une connectivité permanente, même dans les zones isolées où les réseaux terrestres n’arrivent pas.

Le taux de pénétration mesure le nombre d’abonnements rapporté à la population. Un taux supérieur à 100 % ne signifie pas que chaque habitant possède plusieurs lignes, mais qu’il existe en moyenne plus d’un abonnement par personne : cartes SIM multiples, abonnements professionnels et personnels, objets connectés.

La FTTH (fibre jusqu’au domicile) désigne une technologie qui amène la fibre optique directement chez l’abonné, offrant des débits très élevés. La LTE, ou 4G, est une norme de réseau mobile haut débit. La 5G, successeure de la 4G, promet des débits plus rapides et une meilleure réactivité du réseau.

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