Lancée dans le cadre du projet DGA, porté par le ministère de l’Économie de la connaissance et appuyé par l’Allemagne et l’Union européenne via la GIZ, le programme AlgerianAgripreneurs forme une nouvelle génération d’agri-entrepreneurs. La sixième promotion du programme AlgerianAgripreneurs affiche déjà des résultats tangibles. Entre commercialisation de produits, obtention du label «Projet innovant» et montée en compétences, un écosystème agritech structurant se dessine pour moderniser l’agriculture algérienne.

Six mois seulement après le lancement de la sixième promotion du programme AlgerianAgripreneurs, les premiers résultats tangibles sont déjà au rendez-vous. Ce programme, dédié à l’accompagnement des entrepreneurs dans le secteur de l’agritech, affiche une dynamique encourageante qui témoigne de l’émergence d’un écosystème innovant en Algérie.
Des résultats concrets en six mois
Ce dispositif, piloté dans le cadre du projet DGA (Développement de l’entrepreneuriat numérique et vert), mêle incubation et accélération pour soutenir les porteurs de projets agricoles qui utilisent les technologies numériques. En l’espace de six mois, les résultats sont déjà significatifs.
Cinq entrepreneurs actifs dans le secteur de l’agritech ont ainsi lancé la commercialisation de leurs produits ou services. Parallèlement, trente prototypes, appelés MVP (Minimum Viable Product), sont en cours de développement car il s’agit de versions simplifiées de produits qui permettent de tester leur fonctionnement sur le marché avant d’envisager un développement complet.
Un projet a déjà reçu le label « Projet innovant », une reconnaissance officielle délivrée par les autorités algériennes qui atteste du caractère novateur d’une initiative et qui facilite l’accès à des financements et à un accompagnement privilégié.
Quatre autres dossiers ont été déposés pour l’obtention de ce même label, tandis que neuf sont actuellement en préparation.
Enfin, 85 % des participants estiment avoir atteint leurs objectifs, notamment dans les domaines de la montée en compétences entrepreneuriales, de la concrétisation des idées, de l’accès au marché et du lancement de nouvelles offres.
Un double accompagnement pour les promotions
Le programme AlgerianAgripreneurs suit actuellement deux promotions en parallèle. La première est accompagnée vers l’obtention du label « Start-up », un sésame qui permet aux jeunes entreprises de bénéficier d’un régime fiscal et douanier avantageux, ainsi que d’un accès facilité aux marchés publics.
Parallèlement, une seconde promotion bénéficie d’un programme d’accélération destiné à renforcer sa viabilité économique et technique, c’est-à-dire sa capacité à générer des revenus durables et à maîtriser les outils technologiques nécessaires à son activité, tout en simplifiant son entrée sur le marché.
Une ambition structurante pour l’agriculture algérienne
Cette dynamique s’inscrit dans une vision plus large qui est de faire de l’innovation agricole un levier de souveraineté alimentaire, de création d’emplois et de transition écologique et numérique. L’objectif est de bâtir un écosystème agritech résilient (capable de résister aux chocs climatiques et économiques), compétitif et inclusif, c’est-à-dire ouvert à toutes les régions et à tous les profils d’entrepreneurs.
Le cadre institutionnel et financier du projet
L’initiative fait partie de la composante InnovAgro du projet DGA, placée sous la tutelle du ministère de l’Économie de la connaissance, des Start-ups et des Micro-entreprises. Ce projet est cofinancé par l’Union européenne et l’Allemagne, et mis en œuvre en Algérie par l’agence GIZ (Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit), l’organisme public allemand chargé de la coopération internationale. Ce soutien européen et allemand témoigne de l’intérêt porté à la modernisation du secteur agricole algérien par le biais de l’innovation et de l’entrepreneuriat.
A Savoir
Définitions
- Agritech : contraction de « agriculture » et « technologie », ce terme désigne l’ensemble des innovations technologiques appliquées à l’agriculture (drones, capteurs, logiciels de gestion, intelligence artificielle, etc.) pour améliorer les rendements, réduire les intrants et optimiser les ressources.
- Incubation et accélération : l’incubation est une phase d’accompagnement des idées ou des projets très jeunes, souvent en amont de la création d’entreprise. L’accélération intervient ensuite pour aider une start-up déjà existante à croître rapidement, notamment en lui ouvrant des réseaux d’investisseurs et de partenaires.
- Label « Projet innovant » et « Start-up » en Algérie : ces labels sont délivrés par le ministère de l’Économie de la connaissance après évaluation par des commissions spécialisées. Ils ouvrent droit à des avantages fiscaux, à des aides financières et à un accompagnement personnalisé. Le label « Start-up » est plus exigeant et requiert une existence juridique et un potentiel de croissance avéré.
- Sécurité alimentaire : capacité d’un pays à assurer à sa population un accès régulier et suffisant à une nourriture de qualité. L’agritech peut y contribuer en améliorant la productivité agricole et en réduisant les pertes après récolte.
- Transition verte et numérique : la transition verte désigne le passage vers des modes de production plus respectueux de l’environnement ; la transition numérique renvoie à l’intégration des outils digitaux dans tous les secteurs. Leur combinaison dans l’agriculture permet une agriculture de précision, plus sobre en eau et en énergie.

