26 juillet 2026

Commerce extérieur et numérisation <BR> Le ministère suspend les accueils physiques et bascule vers une plateforme numérique de traitement

Le ministère du Commerce Extérieur et de la Promotion des Exportations (MCEPE) a annoncé, par une note officielle adressée à l’ensemble des opérateurs économiques, une modification substantielle de ses modalités de réception des recours et des préoccupations. Cette décision, présentée comme une mesure provisoire, entre en vigueur immédiatement et s’étendra jusqu’au 10 août 2026.

Cette mesure s’inscrit dans un mouvement plus large de réforme de l’administration algérienne, engagé dans le cadre du plan d’action gouvernemental visant à améliorer le climat des affaires et à faciliter les échanges extérieurs.
La date butoir du 10 août 2026 laisse présager une phase test prolongée, qui pourrait déboucher sur une généralisation définitive du tout-numérique si les résultats s’avèrent concluants.

Concrètement, l’accueil physique au sein des locaux du ministère est suspendu pour toute la durée de cette période. L’objectif affiché est double, d’une part, désengorger les services et réduire les délais d’attente pour les usagers ; d’autre part, permettre aux équipes administratives de se consacrer pleinement à l’étude et au traitement des dossiers, sans les interruptions liées aux déplacements et aux files d’attente.

Pour compenser cette fermeture temporaire des guichets, le ministère met en place un système de réception entièrement numérisé, reposant sur quatre adresses électroniques distinctes. Chaque opérateur est invité à adresser sa demande à la boîte mail correspondant à la catégorie précise de sa préoccupation. Cette sectorisation permet aux services compétents de traiter chaque dossier avec une spécialisation accrue, évitant ainsi les transferts internes chronophages.

Le ministère insiste sur la nécessité de joindre systématiquement à chaque envoi électronique l’ensemble des pièces justificatives et des données utiles à l’instruction du dossier. Cette exigence vise à éviter les allers-retours inutiles et à permettre une réponse rapide et complète.

Les opérateurs ne disposant pas d’un accès aisé à Internet ou rencontrant des difficultés techniques sont invités à se rapprocher des chambres de commerce et d’industrie, qui pourront les accompagner dans la numérisation et l’envoi de leurs dossiers.

Enfin, les autorités rappellent que cette réorganisation temporaire s’inscrit dans une logique d’amélioration continue des services publics, en phase avec les objectifs de modernisation de l’administration et de soutien aux acteurs du commerce extérieur, qui jouent un rôle clé dans la diversification de l’économie nationale.

Les quatre filières désormais ouvertes sont les suivantes :

Pour les questions relatives au programme indicatif des importations (filière S2)
requete.fonctionnement@mcepe.gov.dz

Pour les demandes concernant les importations destinées à la revente en l’état (sans transformation ni montage) :
requete.revente@mcepe.gov.dz

Pour les dossiers liés à l’importation de services (prestations intellectuelles, techniques, logistiques, etc.) :
requete.service@mcepe.gov.dz

Pour les opérations d’exportation (toutes catégories de biens et services vendus à l’étranger) :
requete.export@mcepe.gov.dz

Opérateur économique : désigne toute personne physique (commerçant, entrepreneur individuel) ou morale (société, entreprise, groupe) exerçant une activité professionnelle relevant du commerce, de l’industrie ou des services, et réalisant des opérations d’importation ou d’exportation.

Recours : action par laquelle un opérateur conteste une décision administrative (refus d’autorisation, rejet de demande, modification de quotas, etc.) ou demande un réexamen de son dossier.

Préoccupation : terme générique qui englobe toute question, doute, demande d’information ou signalement émis par un professionnel auprès de l’administration, sans qu’il y ait nécessairement un contentieux.

Programme indicatif des importations (ou filière S2) : dispositif administratif algérien qui fixe, par période, les quantités et les valeurs maximales de produits pouvant être importés, dans le cadre de la régulation des échanges et de la protection de la production locale.

Importation pour revente en l’état : opération consistant à acheter des marchandises à l’étranger et à les revendre sur le marché national sans leur faire subir aucune transformation, ni assemblage, ni conditionnement supplémentaire.

Importation de services : achat auprès d’un fournisseur étranger de prestations immatérielles, telles que des études, des conseils, des licences logicielles, des formations, des transports internationaux, ou encore des services d’ingénierie.

Dématérialisation : processus de substitution des échanges papier par des échanges numériques (courriels, plateformes en ligne, signatures électroniques), afin de simplifier les procédures et d’en accélérer l’exécution.

Cette suspension des accueils physiques ne concerne que le siège central du ministère à Alger. Les directions régionales et les services déconcentrés peuvent maintenir leurs propres modalités d’accueil, sous réserve de consignes spécifiques.

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