16 juillet 2026

Le Président lance le compte à rebours !

Lors de la dernière réunion du Conseil des ministres qui avait probablement l’ambiance d’un vestiaire avant la finale de la Coupe du monde, le chef de l’État a sorti son chronomètre et fixé un délai maximal d’un mois pour réaliser l’interconnexion intersectorielle via le Centre national des données. Et quand le Président dit un mois, ce n’est pas un mois et demi, ce n’est pas «dans les prochains mois », ce n’est même pas «dès que possible ». C’est 30 jours calendaires, tic-toc, messieurs-dames.

L’Algérie passe la vitesse supérieure

Il s’agit d’une orientation stratégique inscrite dans un contexte de transformation numérique. L’engagement de l’Algérie en faveur du développement et de l’innovation est irréversible. Autrement dit, le train du numérique est en gare, et ceux qui ne montent pas risquent de rester sur le quai avec leur mallette en cuir et leur tampon encreur.

Après la mise en place des infrastructures numériques stratégiques et l’adoption du cadre réglementaire de la gouvernance des données publiques, le temps est désormais celui de « la mise en exploitation effective du Data Center national et de la généralisation de son utilisation par l’ensemble des institutions publiques ». Traduction pour les non-initiés, fini le temps où chaque ministère gardait ses données dans un tiroir fermé à clé, avec le mot de passe écrit sur un Post-it collé sous le clavier.

Adieu les silos, bonjour l’interopérabilité !

Sur le plan opérationnel, cette orientation « marque le passage d’un modèle de gestion fondé sur des systèmes d’information sectoriels fonctionnant en silos, souvent cloisonnés et faiblement communicants, vers une gouvernance numérique intégrée reposant sur l’interconnexion et l’interopérabilité des plateformes publiques ».

En français courant, adieu les administrations qui ne se parlent pas! Fini l’époque où pour obtenir un papier du ministère A, il fallait d’abord aller chercher un papier du ministère B, qui lui-même demandait un papier du ministère C, qui renvoyait vers le ministère A. Le serpent qui se mord la queue, version bureaucratique.

Cette évolution permettra de construire progressivement un « véritable système national de données, conformément au référentiel national de gouvernance des données publiques, prévu par la réglementation en vigueur (Décret présidentiel n° 25-320)». Oui, vous avez bien lu, il existe un décret avec un numéro aussi précis que votre numéro NIN. Et il est sérieux.

Le Décret 25-320 : le super-héros de la donnée publique

Ce décret instaure un modèle souverain» visant à « unifier la gestion des données publiques, à éliminer le cloisonnement administratif et à garantir une interopérabilité sécurisée entre toutes les institutions de l’État ».

Imaginez un peu, toutes les administrations algériennes qui parlent la même langue numérique, qui échangent des données en temps réel, sans passer par trois intermédiaires, deux tampons et une photocopie couleur. C’est un peu comme si tous les Algériens décidaient soudainement de rouler dans le même sens sur l’autoroute. Utopique ? Peut-être. Nécessaire ? Absolument.

L’interconnexion des administrations constitue ainsi « le levier essentiel pour valoriser le patrimoine informationnel de l’État, fluidifier les échanges de données entre les institutions et renforcer la qualité de la décision publique, grâce à une information fiable, sécurisée et partagée ».

Autrement dit,  plus besoin de deviner combien de fonctionnaires travaillent réellement dans telle administration, ou de faire appel à un médium pour connaître le budget alloué à tel programme. Les données seront là, accessibles, vérifiables, et osons le mot vraies.

Le Data Center national : la nouvelle star des services publics

L’entrée en exploitation du Centre national des données ouvre également « une nouvelle étape dans la modernisation des services publics ». Une étape qui, espérons-le, ressemblera moins à un marathon bureaucratique et plus à un sprint efficace.

En résumé, un mois, pas une minute de plus. Le Président a parlé, le chronomètre est lancé, et les administrations ont désormais rendez-vous avec l’ère numérique. Que le meilleur (et le plus rapide) gagne!

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