La Haute Autorité de transparence, de prévention et de lutte contre la corruption a officiellement inauguré sa nouvelle plateforme de déclaration de patrimoine, présentée comme une avancée majeure dans la lutte contre la corruption. Lors d’une journée d’étude à l’Université d’Oran 2, sa présidente, Salima Mesrati, a détaillé un bilan 2025 en progression et annoncé de nouveaux outils numériques destinés à renforcer la transparence, la protection des lanceurs d’alerte et la coordination avec la Justice.
La Haute Autorité de transparence, de prévention et de lutte contre la corruption a franchi hier un cap stratégique avec le lancement officiel de sa plateforme numérique dédiée à la déclaration de patrimoine. Une étape présentée comme «déterminante» par sa présidente, Salima Mesrati, qui a également livré un bilan jugé «positif» des actions engagées en 2025.
La cérémonie s’est tenue à l’Université d’Oran 2, lors d’une journée d’étude consacrée à la gouvernance numérique, en présence de représentants de la Présidence, du Premier ministère et du ministère de la Justice.
Un bilan 2025 en progression
Dans son intervention, Salima Mesrati a annoncé que la Haute Autorité avait reçu 1 530 signalements l’an dernier. Parmi eux, 1 260 dossiers complets ont été instruits, tandis que 36 affaires ont été transmises aux procureurs ou à la Cour des comptes.
La présidente a insisté sur l’importance de renforcer la culture du signalement, notamment grâce à des outils numériques plus accessibles et à une meilleure protection des lanceurs d’alerte.
Une stratégie articulée autour de cinq piliers
Rappelant que la lutte contre la corruption constitue l’une des priorités du président de la République, Mme Mesrati a détaillé les grands axes de la stratégie nationale à savoir transparence administrative, intégrité institutionnelle, participation citoyenne, reddition des comptes et innovation technologique.
Elle a notamment souligné que le droit d’accès à l’information demeure «la pierre angulaire de la transparence» et que la lutte contre la corruption ne peut plus être l’affaire des seules institutions. La société civile, la jeunesse et les outils numériques jouent désormais un rôle central dans l’évaluation des services publics. Elle a également souligné la nécessité de renforcer la culture du signalement, en simplifiant les canaux numériques et en garantissant la protection des lanceurs d’alerte.
Des outils numériques renforcés
Au-delà du lancement de la plateforme de déclaration de patrimoine, la Haute Autorité a dévoilé plusieurs nouveaux dispositifs comme les applications mobiles pour les signalements, les outils de suivi en ligne des dossiers et le lancement de l’indice national de conformité, un mécanisme destiné à mesurer le respect des procédures dans les institutions publiques.
Vingt-cinq institutions, dont des ministères et des assemblées locales, participent déjà à cette démarche en adoptant des codes de conduite, en évaluant les risques et en mettant en place des indicateurs d’alerte.
Un protocole avec la Justice
La journée a été marquée par la signature d’un protocole de coopération avec le ministère de la Justice. Celui-ci doit permettre la transmission sécurisée des dossiers suspectés de corruption et améliorer la coordination entre les deux institutions.
Une gouvernance en mutation
Avec ce nouveau dispositif numérique, l’Algérie entend moderniser ses mécanismes de contrôle et renforcer la confiance des citoyens. Pour la Haute Autorité, l’objectif est clair à savoir mettre la technologie au service de la transparence et ancrer durablement une culture d’intégrité dans l’administration publique.

