Les résultats trimestriels du géant de Mountain View ont ravivé les doutes sur la rentabilité des investissements dans l’intelligence artificielle. Les places asiatiques ont réagi plus violemment que Wall Street sur la semaine.
Lorsque Google éternue, le Monde s’enrhume. Cette semaine, la publication des résultats du géant californien a provoqué des remous sur l’ensemble des Bourses mondiales. Mercredi soir, Alphabet, la maison mère, a dévoilé des résultats inférieurs aux attentes du marché. La sanction a été immédiate, jeudi, l’action a clôturé en baisse de 12,64%.
Dans la foulée, l’inquiétude a gagné les investisseurs, qui ont lourdement sanctionné les places asiatiques. Vendredi, à la clôture, l’indice Nikkei de Tokyo a perdu 2,11% et le Kospi de Séoul 3,48%, après avoir plongé de plus de 5% en séance. Les États-Unis, point de départ de ce mouvement, ont semblé mieux résister : sur la semaine, le S&P 500, qui regroupe 500 grandes entreprises cotées à New York, n’a cédé que 0,6%. Mais la séance de vendredi a été rude, il a reculé de 1,82%, sa plus forte baisse quotidienne depuis juin.
Wall Street plombée par la tech
La Bourse de New York a clôturé vendredi en forte baisse, entraînée par les valeurs technologiques. Le Nasdaq a chuté de 2,86%, terminant près de 8% sous son sommet historique du début octobre. Le S&P 500 a perdu 1,82% et le Dow Jones 1,09%. Les investisseurs s’interrogent à nouveau sur la rentabilité de l’IA.
Amazon et Intel aggravent la défiance
Amazon a reculé de 1,41% après avoir perdu jusqu’à près de 6% en séance. Son chiffre d’affaires et son bénéfice du troisième trimestre sont inférieurs aux attentes, malgré des ventes dans le cloud dopées par l’IA, en hausse de 39%. Intel s’est effondré de 28,58% après des prévisions très en deçà des attentes. HP (-9,60%) et Dell (-10,80%) ont suivi, pénalisés par la pénurie mondiale de puces mémoire, qui a fait grimper le prix des ordinateurs et freiné la demande.
Les investissements dans l’IA seront-ils rentables ?
Au cœur des inquiétudes c’est le coût de la course à l’IA. Alphabet a investi 51,4 milliards de dollars au troisième trimestre, et son flux de trésorerie disponible est ressorti négatif de 9,07 milliards. Les analystes regardent ces montants avec inquiétude, alors que la technologie elle-même montre des signes de fatigue. Certains parlent désormais d’une fracture : d’un côté les entreprises qui ont réussi à faire payer l’IA, de l’autre celles qui continuent d’investir des milliards sans pouvoir expliquer ce qu’elles en retirent.
Les semi-conducteurs emportés
Toute la chaîne des puces a été touchée, Nvidia (-4,22%), AMD (-10,88%), Broadcom (-5,48%) et Micron (-5,30%). Reddit (-29,27%) a aussi déçu, les observateurs jugeant que l’effet IA n’était pas au rendez-vous. L’indice Vix, qui mesure la nervosité du marché, a atteint un plus haut depuis avril 2026.
Les valeurs refuges résistent
Trois îlots ont tenu tête à la tempête à savoir la santé, la grande consommation et l’énergie. Chevron a pris 1,76% et ExxonMobil 2,17%, réchauffés par des résultats trimestriels modeste et un pétrole au plus haut. Le décalage horaire raconte d’ailleurs à lui seul la journée car Tokyo et Séoul ont plongé dès l’ouverture, dans le sillage d’Alphabet, quand Wall Street a attendu l’ouverture américaine et les chiffres d’Amazon et d’Intel pour vaciller à son tour.
La leçon de la semaine ?
Quand l’IA fait peur, les pétroliers sourient. Alors, l’IA finira-t-elle par rapporter autant qu’elle coûte ? Les prochains trimestres donneront la réponse. Et vous, vous misez sur quel camp ?
À savoir
Alphabet : maison mère de Google, YouTube et Google Cloud.
Capex (dépenses d’investissement) : l’argent dépensé pour acheter ou construire du matériel durable, comme des serveurs ou des centres de données.
Flux de trésorerie disponible (free cash flow) : l’argent généré par l’activité, une fois les investissements payés. Négatif, il signifie que l’entreprise doit puiser ailleurs pour financer ses projets.
Nasdaq, S&P 500, Dow Jones : les trois grands indices de Wall Street. Le Nasdaq est dominé par la tech, le Dow Jones regroupe 30 grands groupes plus traditionnels.
Nikkei et Kospi : les indices phares de Tokyo et de Séoul, très exposés aux fabricants de puces comme Samsung ou SK hynix.
Vix : Indice de la peur. Mesure la nervosité attendue des marchés. Plus il monte, plus les investisseurs ont peur.
Valeurs refuges : des secteurs qui souffrent moins en période de turbulences, car la demande y reste stable ou soutenue.
Contexte : en juin 2026, Alphabet avait annoncé une levée de fonds de 80 milliards de dollars pour financer son infrastructure d’IA. Pour 2026, le groupe a maintenu ses dépenses prévues entre 195 et 205 milliards de dollars, et en annonce une nette hausse pour 2027.

