Né à El M’Ghair en 1957, ce fils du désert est devenu l’un des inventeurs les plus prolifiques de la planète. Vice-président chez Adeia en Californie, il a travaillé pour IBM et Google, cofondé une entreprise rachetée par Samsung, et transformé l’industrie des puces électroniques. Son secret ? Une curiosité qui ne s’éteint jamais.
Imaginez un petit garçon, en 1957, qui grandit dans l’oasis d’El M’Ghair, au cœur du Sahara algérien. Il joue dans le sable, il regarde les étoiles, et sans doute se demande comment fonctionne le monde autour de lui. Personne, à l’époque, n’aurait parié un dinar sur le fait que cet enfant du désert finirait par façonner les technologies que nous utilisons tous, chaque jour, dans nos téléphones et nos ordinateurs.
Et pourtant. Aujourd’hui, Belgacem Haba est vice-président chez Adeia, en Californie. Son nom est associé à 667 brevets déposés aux États-Unis, et à plus de 3 000 brevets dans le monde entier. Des chiffres qui donnent le vertige, certes, mais qui ne racontent qu’une partie de l’histoire.
Car avant d’être ces chiffres, il y a un parcours. Un vrai. Celui d’un jeune Algérien passionné par les sciences qui intègre l’Université des Sciences et de la Technologie Houari-Boumediène (USTHB) à Alger. Qui travaille, qui rêve, et qui un jour traverse l’Atlantique pour rejoindre Stanford, l’une des universités les plus exigeantes de la planète. Deux continents, deux cultures, une seule soif comment comprendre pour construire.
C’est en plein cœur de la Silicon Valley qu’il a déployé ses ailes. IBM, Google, NEC, Rambus… les plus grandes firmes technologiques du monde se sont succédé sur son bureau. Il a cofondé SiliconPipe, une entreprise spécialisée dans les semi-conducteurs que le géant sud-coréen Samsung n’a pas hésité à racheter. Aujourd’hui, chez Adeia, il continue de repousser les limites de la miniaturisation des composants électroniques. Ces puces minuscules qui font tourner nos vies modernes.
Son entreprise actuelle a tenu à célébrer ce cap symbolique. « Cette réussite traduit la curiosité, la créativité et l’engagement envers l’invention que Belgacem apporte à Adeia », a salué la direction. Car son travail a profondément transformé l’industrie des puces électroniques.
Mais ce qui touche, chez cet homme, c’est l’humilité. Interrogé sur son parcours, il ne parle pas de lui. Il parle des autres. «Les inventeurs dans le monde sont des ingénieurs, des chercheurs et des visionnaires qui contribuent à façonner l’avenir des semi-conducteurs, des médias et des technologies émergentes », nous confie-t-il lors d’un entretien sur LinkedIn. « En général, ils sont poussés par la curiosité et une réflexion révolutionnaire. Leurs innovations alimentent les appareils, les expériences et les technologies connectées sur lesquelles les gens comptent au quotidien. »
Voilà qui résume bien l’esprit de Belgacem Haba. Un homme parti de presque rien, d’une oasis que beaucoup d’entre nous placent à peine sur une carte, et qui a su transformer une curiosité d’enfant en un héritage technologique mondial. De l’oasis d’El M’Ghair aux bureaux lumineux de la Silicon Valley, il ouvre une voie qui force le respect.
De l’oasis d’El M’Ghair aux bureaux de la Silicon Valley, Belgacem Haba ouvre la voie. Avec talent, certes. Mais aussi avec cette humilité que l’on retrouve chez ceux qui savent que l’invention véritable appartient à celui qui ne cesse jamais de questionner le monde.
Et si la prochaine grande invention qui changera notre quotidien venait, elle aussi, d’un enfant qui grandit aujourd’hui dans un village algérien, loin des projecteurs, en train de regarder les étoiles et de se demander comment fonctionne le monde ?

