22 janvier 2026

L’Afrique adopte une « Feuille de Route » majeure à Alger pour ses Start-ups

C’est un engagement historique en faveur de l’entrepreneuriat continental. La 4e Conférence Africaine des Start-ups (ASC 2025), tenue à Alger sous le Haut Patronage du Président Abdelmadjid Tebboune, s’est clôturée par l’adoption officielle de la Déclaration d’Alger.

Ce document stratégique, fruit d’un consensus entre ministres africains de l’innovation et représentants de l’Union africaine (UA), vise à créer un environnement économique plus dynamique et moins fragmenté pour les jeunes entreprises.

Les neuf priorités pour l’ècosystème africain

La Déclaration d’Alger s’articule autour de neuf engagements clés qui définissent la vision commune du continent pour stimuler la croissance et l’internationalisation de ses start-ups.

Les axes majeurs sont les suivants :

Accès aux Capitaux
Priorité au financement par l’attraction de davantage d’investissements privés et de capital-risque (fonds spécialisés dans les entreprises à fort potentiel de croissance).

Talents et Mobilité
La Conférence s’est engagée à établir un cadre continental pour faciliter les déplacements des entrepreneurs et la reconnaissance mutuelle des qualifications, considérées comme vitales pour la fluidité des ressources humaines.

Compétences et Valeur Ajoutée
Soutenir les incubateurs et renforcer la formation des jeunes afin de développer des produits et services africains à forte valeur ajoutée.

Marché Unique
Appuyer l’expansion régionale et mondiale des start-ups pour qu’elles s’intègrent mieux dans les chaînes de valeur globales.

Le Ministre de l’Économie de la connaissance, des Start-ups et des Micro-entreprises, Noureddine Ouadah, a exprimé sa satisfaction quant à la réussite de cette édition, soulignant le renforcement de la coopération intra-africaine.

Le rôle stratégique de l’Algérie et de l’UA

L’Union africaine a chaleureusement accueilli la Déclaration. L’ambassadeur Selma Malika Haddadi a rappelé le rôle indispensable des politiques étatiques pour soutenir l’innovation.

Elle a notamment cité le cadre fiscal. L’UA encourage l’adoption de politiques fiscales incitatives spécifiquement conçues pour la recherche-développement, afin de retenir les jeunes talents sur le continent et d’encourager la prise de risque entrepreneuriale. Mais aussi le Fonds Algérien. L’UA a réitéré son soutien à l’initiative du Président Tebboune de créer un fonds dédié au financement des start-ups africaines. Ce mécanisme est perçu comme essentiel pour structurer l’écosystème du capital-risque et accélérer la croissance des entreprises à fort impact. Selon les experts, ce fonds permettra d’installer durablement l’Afrique dans une dynamique de compétitivité mondiale.

Vers l’adoption institutionnelle

Les ministres africains ont appelé le Conseil exécutif de l’Union africaine à adopter formellement la Déclaration d’Alger lors de sa 44ᵉ session, prévue en février 2026 à Addis-Abeba.

Cette adoption institutionnelle transformerait les engagements en politiques continentales contraignantes, permettant ainsi à l’Afrique de capitaliser pleinement sur sa jeunesse innovante. Les participants ont d’ailleurs tenu à remercier le Président Tebboune pour son « leadership éclairé » en faveur de cette jeunesse et de l’intégration économique régionale.

La déclaration d’Alger

Les principaux points énoncés dans la Déclaration finale de la 4e édition de la Conférence africaine des start-up :

1. Soutenir la croissance des start-up et leur ouverture vers les marchés régionaux et internationaux.

2. Faciliter l’accès au financement en mobilisant investisseurs et secteur privé.

3. Renforcer les compétences humaines et la formation technique pour les jeunes entrepreneurs.

4. Appuyer les incubateurs en tant qu’acteurs clés du développement des start-up.

5. Intégrer les start-up dans les chaînes de valeur régionales et mondiales.

6. Promouvoir l’innovation et l’adaptabilité, notamment via les technologies favorisant les PME.

7. Faciliter la mobilité des talents africains et harmoniser la reconnaissance des diplômes.

8. Mettre en place un mécanisme de suivi annuel sur la situation des start-up africaines.

9. Renforcer la coopération intra-africaine et mobiliser la diaspora pour l’innovation.

10. Appeler l’Union africaine à adopter officiellement la Déclaration lors de sa session de février 2026.

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