13 janvier 2026

L’Algérie consolide sa souveraineté numérique face aux défis de l’IA <BR> La protection des données au cœur de la sécurité de l’État

M. Bourhil a rappelé que la consolidation de cet enjeu majeur est un objectif inscrit dans la stratégie nationale de transformation numérique définie par le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune.

Définir la Souveraineté Numérique

Face à un espace numérique mondialisé qui échappe souvent aux mécanismes de contrôle traditionnels, le concept de souveraineté numérique devient vital. « Pour l’Algérie, cette souveraineté se traduit par une triple ambition : Premièrement, bâtir une économie numérique à forte valeur ajoutée ; Deuxièmement, améliorer les services publics et renforcer l’inclusion numérique ; et Troisièmement, assurer la protection des données personnelles des citoyens. »

Le bouclier algérien : la loi 18-07

Le cadre légal qui régit cet effort est la Loi 18-07 relative à la protection des personnes physiques à l’égard du traitement des données à caractère personnel. M. Bourhil a insisté sur l’importance de ce texte qui dit-il anticipe les risques. En effet, il a été conçu pour tenir compte des conséquences du développement rapide des technologies de l’information et de la communication sur la vie privée des citoyens. De plus, il contraint toute entité manipulant des données personnelles (administrations, entreprises) à respecter strictement la confidentialité et à mettre en œuvre des mesures techniques et organisationnelles robustes. Ces mesures sont destinées à prévenir toute forme de vol, d’accès non autorisé ou de perturbation des infrastructures, constituant ainsi une ligne de défense de la souveraineté nationale.

Selon le président de l’ANPDP, l’inscription de la protection des données personnelles au cœur de cette législation est une affirmation du contrôle de l’État sur son espace numérique.

De l’Espionnage à l’IA : les nouveaux défis :

La mondialisation numérique, accélérée par l’émergence de l’Intelligence Artificielle (IA), pose de nouveaux défis majeurs à la souveraineté des États. M. Bourhil a mis en garde contre les risques croissants auxquels sont exposés les systèmes nationaux comme les cyberattaques qui sont des tentatives visant à paralyser les infrastructures stratégiques (énergie, finance, communication).

Mais aussi par de menaces informationnelles qui se traduisent  par l’espionnage, la désinformation et la propagande, désormais amplifiées par les outils sophistiqués de l’IA générative. La loi 18-07 est donc rappelée comme une disposition législative qui a su anticiper ces enjeux en érigeant la protection des données en garantie essentielle de la protection de la vie privée des citoyens.

Appel à la sensibilisation et à l’éthique

En conclusion de son intervention, M. Bourhil a salué l’initiative du Colloque — organisé par l’Institut de droit et des sciences politiques de l’Université Tahri-Mohamed de Béchar  et a appelé à une mobilisation générale.

Il a vivement insisté sur l’impératif de renforcer la sensibilisation du public et des professionnels, de diffuser une culture numérique responsable, et de promouvoir l’éthique ainsi que les meilleures pratiques encadrant le traitement des données.

Les travaux de la rencontre, ouverts par le wali de Béchar, M. Ahmed Benyoucef, se poursuivront avec l’étude des expériences concrètes en matière de protection des données numériques.

Définition

Souveraineté Numérique

C’est la capacité d’un État à contrôler ses propres données, infrastructures et réseaux numériques, ainsi qu’à appliquer ses lois et sa réglementation à l’activité qui se déroule dans l’espace virtuel. Il s’agit d’assurer que les décisions concernant les données nationales soient prises sur le territoire national, sans ingérence extérieure.

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