Lors du Future of AI Summit, le PDG de Nvidia, Jensen Huang, a lancé un avertissement sans équivoque « la Chine pourrait l’emporter dans la course mondiale à l’Intelligence Artificielle » a-t-il déclaré en marge du sommet sur l’avenir de l’IA organisé par le Financial Times.
Lors du Future of AI Summit, il a affirmé que « La Chine va gagner la course de l’IA » en raison de la réglementation excessive aux États-Unis et des coûts très faibles pour les développeurs chinois. Bien que Nvidia ait ensuite modéré cette position, affirmant que la Chine n’était qu’à « quelques nanosecondes derrière les États-Unis », le message reste un appel pressant à l’action.
Cette double déclaration sert le plaidoyer de Huang qui est de maintenir l’influence américaine en incitant Washington à assouplir les restrictions d’exportation pour que Nvidia puisse continuer à équiper, et par conséquent à maîtriser, son rival.
L’avantage énergétique et infrastructurel chinois
Selon Huang, l’atout majeur de la Chine n’est pas seulement technologique, mais stratégique et économique, centré sur l’énergie. Pour lui, Pékin mène une stratégie de dumping énergétique, offrant une réduction de 50 % sur l’électricité aux entreprises qui utilisent des puces locales. Ce coût bas, résumé par Huang par la formule choc « l’électricité est gratuite en Chine », annule l’avantage technologique des puces américaines, car l’énergie bon marché compense l’écart de performance. Pendant ce temps, les entreprises américaines se battent contre la pénurie et les coûts élevés.
L’infrastructure chinoise est en pleine expansion, avec 29 centrales nucléaires en construction pour sécuriser l’avenir des centres de données. Les États-Unis, en revanche, ne font que planifier des projets futurs (comme les SMR) sans avoir de nouvelles centrales en cours, plaçant l’Amérique en situation de retard chronique sur l’approvisionnement stable en électricité.
Les restrictions américaines sont contre-productives
Le cœur du plaidoyer de Huang est de dénoncer l’inefficacité des contrôles à l’exportation américains sur les puces avancées, qu’il juge être une réglementation excessive. L’interdiction d’acheter des puces Nvidia, faisant chuter la part de marché de l’entreprise en Chine de 95 % à zéro, a eu un effet totalement inverse à l’objectif recherché. Elle a contraint et accéléré le développement de l’autonomie chinoise en matière de puces et de modèles d’IA (Huawei, DeepSeek, etc.).
Pour Huang, le risque de perdre l’influence de Nvidia et d’accélérer l’autonomie chinoise est supérieur au bénéfice d’un ralentissement temporaire du rival. Il juge que bloquer l’innovation est une tâche irréaliste et inefficace.
Huang rappelle que nuire à la Chine, c’est se nuire à soi-même, car la Chine représente environ 50 % des chercheurs en IA mondiaux. Isoler la Chine revient à se priver d’un marché clé et de la moitié du vivier mondial de talents.

