22 janvier 2026

La nouvelle ère d’Oracle <BR> De la vente de logiciels à la fourniture d’énergie pour l’IA

Après des décennies à se forger une réputation dans le secteur des logiciels d’entreprise, Oracle change de cap. L’entreprise, dirigée par Larry Ellison, ne se concentre plus uniquement sur son produit historique, mais se positionne comme un fournisseur d’énergie pour l’intelligence artificielle (IA). Ce virage stratégique a propulsé son action boursière à des sommets, mais il s’accompagne de nouveaux risques et défis.

Une avalanche de chiffres : la nouvelle « mégamétrique »
Oracle a récemment révélé un carnet de commandes de 45 milliards de dollars, un chiffre qui s’apparente plus à un budget national qu’à celui d’une entreprise technologique. Ce montant impressionnant témoigne de l’ambition d’Oracle de devenir un acteur majeur du secteur de l’IA. De plus, selon des rumeurs, l’entreprise aurait signé un accord de 300 milliards de dollars sur cinq ans avec OpenAI, l’un des leaders de l’IA générative.

Ces chiffres colossaux ne mesurent plus le succès en termes de logiciels vendus, mais en mégawatts — une unité de puissance électrique. Le nouveau modèle économique d’Oracle est celui de la « grille d’IA », où l’entreprise fournit l’infrastructure et la puissance de calcul nécessaires pour alimenter les centres de données qui font fonctionner les systèmes d’IA. Ce changement de modèle a été salué par Wall Street, où l’action d’Oracle a connu son plus grand bond en une seule journée depuis 1992, propulsant sa capitalisation boursière près de la barre du trillion de dollars (1.000 milliars de dollars).

Les défis de la construction : du PowerPoint au béton
Ce pivot stratégique n’est pas sans risques. La construction de datacenters et des infrastructures nécessaires pour les alimenter est une entreprise complexe et coûteuse. Oracle, qui a longtemps opéré dans le monde des logiciels, doit désormais se battre avec les réalités de la construction comme les longs délais d’approvisionnement pour les transformateurs et autres équipements ainsi que la lenteur des processus pour l’amélioration des lignes de transmission. Et enfin, il faut ajouter les litiges locaux liés au bruit et à l’utilisation des terres, qui peuvent transformer un projet « rapide » en un long combat.

Là où les services publics traditionnels opèrent sous une protection réglementaire, Oracle parie qu’il peut faire face à ces défis sous la pression du marché. En d’autres termes, l’entreprise doit prouver qu’elle peut gérer des dizaines de milliards de dollars de dépenses d’investissement (capex) et de nouvelles dettes. Le gain potentiel est immense c’est à dire devenir la première entreprise de services publics d’IA, capable de vendre de la puissance de calcul au mégawatt. Mais la preuve de son succès ne se trouvera pas dans une présentation PowerPoint, mais dans le béton et le cuivre de ses futures infrastructures.

Un pari boursier sur l’IA et l’énergie
L’ascension d’Oracle est un signe des temps. Alors que les entreprises dépensent des milliards pour prendre la tête de la course à l’IA, la puissance de calcul est devenue une ressource aussi précieuse que le pétrole. L’action d’Oracle a presque doublé cette année, surperformant de loin les « Magnificent Seven » (les sept plus grandes entreprises technologiques américaines). Cette performance a également propulsé le cofondateur Larry Ellison parmi les personnes les plus riches du monde, avec une valeur nette de 371,7 milliards de dollars, en grande partie grâce à sa participation de 41 % dans Oracle.

Bien que l’action ait récemment connu un léger recul après sa hausse spectaculaire, les analystes restent optimistes. Selon les experts en bourse, les prévisions d’Oracle sont « tellement incroyables » qu’il est peu probable que l’histoire se termine ici. Avec un carnet de commandes qui pourrait atteindre 500 milliards de dollars dans les mois à venir, l’entreprise est bien positionnée pour un avenir où le succès se mesurera non pas en lignes de code, mais en mégawatts. Cela pourrait donner des idées à nos startups.

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