3 mars 2026

Marché des Puces <BR> Nvidia perd des milliards en Chine, mais reste un géant

Le mercredi 28 mai 2025, lors de la présentation des résultats trimestriels de Nvidia, une entreprise majeure dans la conception de puces informatiques, son PDG, Jensen Huang, a fait une annonce fracassante : la société perd des milliards de dollars de revenus car elle ne peut plus vendre ses produits à la Chine.

Un marché chinois colossal mais fermé
Huang a clairement indiqué que le marché chinois, estimé à 50 milliards de dollars pour l’industrie américaine des puces, est désormais « effectivement fermé » à Nvidia. Conséquence directe, l’entreprise doit passer par pertes et profits (c’est-à-dire officiellement reconnaître comme perdu) plusieurs milliards de dollars de stocks de puces qui ne peuvent être ni vendus, ni réutilisés. C’est une mesure comptable qui reflète une perte financière significative.

Nvidia maintient une croissance impressionnante malgré tout
Malgré cette perte d’accès à la deuxième économie mondiale, Nvidia a tout de même affiché des résultats financiers remarquables. Au premier trimestre fiscal, la société a enregistré une croissance de ses revenus de 69%, atteignant 44 milliards de dollars, ce qui a largement dépassé les prévisions des analystes. Cette performance a propulsé le cours de l’action Nvidia d’environ 4% lors des transactions après-Bourse, atteignant un niveau qui, s’il se maintient, serait le plus élevé depuis janvier 2025. Ces résultats confirment la forte dynamique de Nvidia, dont la capitalisation boursière (la valeur totale de l’entreprise en Bourse) a bondi de près de 240% en 2023 et de plus de 170% l’année dernière.

Les restrictions américaines : un casse-tête pour Nvidia
Le mécontentement de Jensen Huang concernant la situation en Chine est palpable. En avril 2025, l’administration Trump a exigé une licence d’exportation pour le processeur H20 de Nvidia, pourtant précédemment approuvé pour le marché chinois. Cette décision a eu pour effet de stopper net les ventes « sans période de grâce ». Le gouvernement américain justifie ces restrictions par des préoccupations de sécurité nationale, craignant que la vente de puces d’intelligence artificielle (IA) aussi sophistiquées à la Chine, considérée comme un adversaire majeur, ne renforce ses capacités technologiques.

Le H20 est une version spécifique de puce d’IA, « ralentie » (moins puissante) que les modèles haut de gamme de Nvidia, et avait été conçue pour se conformer aux contrôles d’exportation américains mis en place par l’administration Biden en 2022. Malgré cela, la nouvelle restriction a eu un impact financier direct. Nvidia a estimé que ses ventes du dernier trimestre auraient été supérieures de 2,5 milliards de dollars si elle avait pu vendre les puces H20 pendant toute la période. L’entreprise a ainsi dû radier 4,5 milliards de dollars de stocks devenus inutilisables. Pour le trimestre en cours, Nvidia anticipe l’abandon de 8 milliards de dollars de commandes de H20, ce qui aurait augmenté ses prévisions de revenus d’environ 18%, pour atteindre 45 milliards de dollars.

Les craintes de Huang face à la politique américaine
Selon Huang, ces contrôles à l’exportation ne nuisent pas seulement à Nvidia, mais aussi à l’ensemble des États-Unis. Il pense que la Chine développera ses propres capacités en IA, avec ou sans les puces de Nvidia, et que les chercheurs chinois se tourneront vers les puces et technologies locales, comme celles développées par Huawei.

« Les États-Unis ont basé leur politique sur l’hypothèse que la Chine ne peut pas fabriquer de puces d’IA », a déclaré Huang. « Cette hypothèse a toujours été discutable, et maintenant elle est clairement fausse. La question n’est pas de savoir si la Chine aura une IA, c’est déjà le cas. »

Malgré son désaccord public avec ces politiques, Huang reste prudent dans ses critiques envers le président Donald Trump, connu pour ses réactions fermes envers les entreprises qui s’opposent ouvertement à lui. Huang a d’ailleurs remercié Trump d’avoir annulé une règle de « diffusion de l’IA » qui aurait imposé des quotas sur les puces d’IA pour la plupart des pays. Il a également salué son rôle dans la conclusion d’accords avec l’Arabie Saoudite et les Émirats Arabes Unis pour la construction de grands centres de données au Moyen-Orient. Le PDG de Nvidia a également souligné que ses dernières puces sont fabriquées aux États-Unis, en accord avec l’objectif de Trump de relocaliser la production de haute technologie.

Huang a reconnu que Nvidia n’avait pas de solution immédiate à l’épineuse question du marché chinois. Interrogé sur la possibilité de développer une nouvelle puce spécifique à la Chine ou d’obtenir un assouplissement de l’administration, Huang a affirmé qu’il n’y avait pas de « plan B » immédiat.

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