La Bourse d’Alger, principal marché financier de l’Algérie, a récemment renoué avec la croissance après plusieurs années de stagnation. Cette reprise a été en grande partie alimentée par l’introduction en bourse de grandes entreprises telles que le Crédit Populaire d’Algérie (CPA) et la Banque de Développement Local (BDL). Ces introductions en bourse (ou IPO, pour « Initial Public Offering ») désignent le processus par lequel une entreprise émet des actions pour la première fois sur le marché financier, ce qui permet de lever des fonds tout en ouvrant son capital au public.
Ces opérations ont non seulement apporté des liquidités aux entreprises concernées, mais ont également renforcé la crédibilité du marché financier algérien. Parallèlement, l’arrivée de startups innovantes comme Moustachir, une plateforme numérique offrant des services dans des secteurs en plein essor, a dynamisé l’activité boursière. Ces nouvelles entreprises attirent les investisseurs à la recherche de projets à fort potentiel, contribuant ainsi à la diversification des investissements disponibles sur le marché. L’essor des IPO et la diversification des entreprises cotées ont permis à la Bourse d’Alger de réaliser des records de souscription, un indicateur de l’engouement des investisseurs pour ces nouvelles opportunités.
La Bourse d’Alger, en devenant un levier stratégique pour le développement économique, s’affirme ainsi comme un moteur essentiel de la croissance du pays. L’afflux de nouveaux capitaux et la diversification des produits financiers participent activement à la structuration de l’économie algérienne en offrant aux entreprises un accès direct à des financements via le marché boursier.
En parallèle à cette reprise boursière, la COSOB (Commission d’Organisation et de Surveillance des Opérations de Bourse) a franchi un tournant majeur dans la modernisation des marchés financiers algériens en accélérant leur digitalisation. Cette évolution se manifeste par l’introduction de l’instruction n°10-24, une nouvelle réglementation qui régit les modalités de passation des ordres de bourse via des canaux électroniques et téléphoniques. L’objectif est de permettre une gestion des transactions plus fluide et plus accessible, tout en garantissant plus de sécurité et de transparence.
L’instruction n°10-24 impose aux intermédiaires en opérations de bourse (IOB) de se doter de plateformes électroniques pour la passation des ordres. Ces IOB sont des entités ou des sociétés spécialisées dans l’achat et la vente d’actions, et elles ont pour rôle de faciliter l’accès des investisseurs au marché boursier. Grâce à la digitalisation, les investisseurs pourront désormais passer des ordres de manière instantanée, avec une traçabilité accrue des transactions, ce qui renforce la transparence du marché. Ce système permettra également d’améliorer la protection des investisseurs, en réduisant les risques de fraude ou d’erreurs humaines.
Les intermédiaires disposent d’un délai de six mois pour se conformer à ces nouvelles exigences. Une fois cette transition opérée, les investisseurs auront accès à une interface plus moderne, offrant des informations en temps réel sur leurs investissements. Ce passage à l’électronique est essentiel pour répondre aux attentes croissantes des investisseurs, qui demandent une gestion plus personnalisée et efficace de leurs portefeuilles.
L’introduction de cette nouvelle réglementation s’inscrit dans un contexte où la digitalisation des marchés financiers devient un impératif global, permettant de favoriser une plus grande inclusion financière, de stimuler la concurrence et de rendre le marché plus compétitif. Cette initiative s’aligne avec les stratégies de développement numérique du pays, visant à faire de l’Algérie un acteur plus important dans l’économie numérique mondiale.
En somme, la Bourse d’Alger et la COSOB œuvrent de concert pour moderniser et digitaliser les marchés financiers algériens, offrant ainsi aux investisseurs un environnement plus transparent, sécurisé et efficace, tout en contribuant à la croissance économique nationale.

