Les Algériens ont confirmé leur attachement et leur addiction aux nouvelles technologies de communication, particulièrement le téléphone et Internet. Ce constat on ne peut mieux édifiant est vérifié à l’occasion de la fête du Sacrifice (Aïd El Adha) que les musulmans du monde entier ont fêté ce dimanche 6 novembre. Tour d’horizon
L’utilisation effrénée des nouvelles technologies de communication (NTIC), à entendre particulièrement téléphones portables et Internet pour présenter, via un texto ou SMS ses vœux de fête est en passe de détrôner et de supplanter ainsi les visites familiales qui ont tendance à se réduire peu à peu. Même si les TIC n’ont pas encore envahi certaines régions d’Algérie dont les familles restent obstinément attachées à leurs traditions et rites religieux, il n’en demeure pas moins que la révolution technologique a beaucoup apporté de changements sur les comportements des Algériens. Ceci dit, les visites familiales restent un rituel incontournable durant ces fêtes religieuses pour maintenir les traditions ancestrales et resserrer les liens familiaux.
Tradition contre modernité
Tradition oblige, la fête se fait en famille qui se réunit au complet. Ainsi, la fête de l’Aïd El Kébir revêt une grande importance et une occasion que les Algériens saisissent parfaitement pour retrouver le charme et l’ambiance familiale. Ainsi, a-t-on constaté durant les deux jours de la fête, un ballet de visites est visible dans les rues de toute l’Algérie. Hommes, femmes et enfants dans un va-et-vient incessant, font le tour de la famille. Les plus jeunes et les enfants préfèrent rendre visite à leurs grands-parents, tantes paternelles ou maternelles et oncles qui les reçoivent avec joie et gaîté. Et rien ne peut stopper ce ballet de visites. Même les non véhiculés n’hésitent pas à se déplacer à pied, car l’important est d’aller à la rencontre de ses proches pour leur présenter les vœux. Parents, enfants et petits-enfants, tous se réunissent autour de la même table garnie d’une panoplie de gâteaux spécialement préparés pour l’occasion. Hommes, enfants portant leurs plus beaux vêtements parfois accompagnés de la maman, une assiette de gâteaux entre les mains, traversent des kilomètres entiers sans rechigner. Au niveau des stations de bus, de trains, ou de taxis, on assiste à un flux important de voyageurs en quête, en ces jours de fête, d’un moyen de transport pour rejoindre ses proches. « C’est une tradition, voire un devoir d’aller chez la famille et rendre visite à nos aînés », nous dit un jeune, la vingtaine rencontré à la gare routière du Caroubier, qui devait se rendre à Béjaia où sont établis ses grands-parents. Et à un autre de renchérir : « Le jour de l’Aïd reste sacré. Les visites familiales sont un devoir que chaque musulman se doit d’accomplir, car cela relève du respect et de la de considération envers nos parents et proches de la famille. » A juste titre, il faut souligner que le transport de voyageurs fonctionnait à un rythme très réduit durant les deux jours de l’Aïd, pénalisant ainsi bon nombre de citoyens à rallier leurs destinations escomptées. De même, le réseau de la téléphonie mobile était saturé et perturbé. Les Algériens qui, comme le reste des musulmans la planète, ont célébré la fête de l’Aïd dans une ambiance empreinte de liesse, procurée parfois grâce aux nouvelles technologies de communication. Internet représente un moyen incontournable pour beaucoup d’Algériens établis à l’étranger. Ce moyen permet à la communauté de l’Hexagone de maintenir le lien familial et partager « virtuellement » la joie de l’Aïd avec la famille. Une caméra Pc, un casque et le tour est joué sur Yahoo Messenger, MSN, Skype ou autres sites de discussion instantanée. Emergence des TIC aidant, beaucoup d’Algériens ont pu rétablir le line avec leurs membres de famille vivant de l’autre côté de la mer. Toutefois, il y a un point noir à relever : perturbation du réseau téléphonique qui s’invite comme un trouble-fête. Effectivement, joindre son correspondant par téléphone durant les jours de l’Aïd n’est pas souvent chose facile, compte tenu du flux de SMS et appels effectués en pareille occasion.
Internet à la rescousse
Des cybercafés sont pleins à craquer, des milliers d’SMS et messages ont été échangés. C’est ce qui marque la fête de l’Aïd en l’ère des nouvelles technologies de l’information et de la communication. Plongé dans ce monde en choisissant ce qu’offrent les TIC comme moyen de communication épargne la corvée du déplacement selon certains. « Heureusement qu’il y a Internet, ça m’a épargné de parcourir 200 km notamment avec ce mauvais temps », nous a dit un quadragénaire, rencontré à Tizi Ouzou. Il affirme que le portable et Internet ont pu lui « faciliter la tâche ». Car, souligne-t-il, pour cause des conditions métrologiques, il s’est contenté d’envoyer un texto. « Avec un simple clic je peux voir et parler avec ma fille établie au Canada depuis 3 ans », dira une dame, la cinquantaine, rencontrée le lendemain de l’Aïd à la rue Didouche Mourad à Alger. Pour ceux qui ne possèdent pas de connexion chez eux, le cybercafé leur était la meilleure destination. En effet, le jour de la fête, après l’accomplissement de la prière de l’Aïd, et le cérémonial de l’immolation du mouton, les cybercafés ont été pris d’assaut au point que certains d’eux affichent « complet ». Ainsi cette occasion religieuse était vécue « virtuellement ». C’est ce qu’a tenté de dire sur un ton marqué d’amertume Siham, 3e année archéologie à l’université d’Alger. Tout le monde n’a pas les moyens de passer l’Aïd avec les siens dans une ambiance familiale et de savourer les plats préparés en l’occasion, ajoute cette étudiante originaire de Tébessa. Siham n’est pas la seule à « courir la toile » pour cause d’éloignement.
Jusqu’à 400 millions de SMS
Plusieurs personnes ont pu grâce aux TIC célébrer l’occasion avec leurs proches et amis. Mais malgré l’efficacité de ces moyens de communication, il y a toujours quelque chose qui manque, exprime une autre étudiante à l’Ecole nationale supérieure de journalisme (ENSJ), originaire d’Oran. Un manque qu’elle traduit par l’absence du climat convivial et chaleureux de la famille. Les Tic qui ont pris le dessus lors de ces occasions s’explique également par le nombre de communications téléphoniques effectuées et des SMS envoyés. Le nombre de textos enregistrés durant la matinée de l’Aïd El Adha était de 150 millions. Ce chiffre fut doublé pour atteindre 400 millions de textos la fin de la journée, opérateurs télécoms confondus.

