8 septembre 2026

Une avancée majeure pour la réduction de la fracture numérique <BR> Lancement du service universel des télécoms pour 3.000 régions

L’Autorité de Régulation de la Poste et des Communications Électroniques (ARPCE) a officiellement lancé, ce lundi 7 septembre 2026, une adjudication par appel à la concurrence dans le cadre du service universel. Cette procédure vise à sélectionner un ou plusieurs opérateurs télécoms pour déployer un réseau public de télécommunication mobile dans 3 000 localités réparties sur l’ensemble du territoire national.

Le service universel est une obligation légale pour réduire la fracture numérique
Cette décision s’appuie sur la loi n°18‑04 du 10 mai 2018, qui fixe les règles générales applicables à la poste et aux communications électroniques. Elle répond également aux recommandations des hautes autorités du pays, qui insistent sur la nécessité de réduire les inégalités d’accès aux services numériques entre les citoyens.

L’enjeu central de cette opération est le service universel car il s’agit de l’obligation faite aux opérateurs, sous le contrôle du régulateur, de proposer un ensemble minimal de services de communications électroniques (voix, SMS, Internet) à un prix abordable, sur l’ensemble du territoire, y compris dans les zones où la rentabilité commerciale est faible. Autrement dit, le service universel garantit que la logique de marché ne laisse personne sur le bord de la route numérique.

Les localités visées sont qualifiées de « à faible densité de population », c’est-à-dire qu’elles comptent peu d’habitants au kilomètre carré, souvent isolées des grands centres urbains. Dans ces zones, les opérateurs privés investissent rarement spontanément, car le coût des infrastructures (antennes, fibre, alimentation électrique) est élevé pour un nombre restreint d’abonnés potentiels. L’intervention publique devient donc indispensable pour corriger ce déséquilibre.

La couverture mobile est bien plus que de la téléphonie, c’est un accélérateur de développement rural

Le renforcement de la couverture mobile ne se limite pas à la téléphonie. Il permettra surtout d’améliorer l’accès à Internet, notamment via la 4G ou la 5G, ouvrant la voie à des usages essentiels comme la télémédecine, l’enseignement à distance, les démarches administratives en ligne, ou encore la commercialisation des produits locaux. C’est tout le tissu économique et social de ces zones qui pourra en bénéficier.

Au-delà de l’aspect technique, cette initiative poursuit trois objectifs complémentaires. Premièrement, elle vise à soutenir le développement numérique des territoires ruraux en y introduisant les outils et les compétences du XXIe siècle, afin de leur permettre de bénéficier pleinement des avancées technologiques.
Deuxièmement, elle entend favoriser la cohésion sociale, c’est-à-dire réduire les écarts de qualité de vie et d’opportunités qui existent entre les citoyens des villes et ceux des campagnes, pour que chacun ait les mêmes chances d’accéder aux services essentiels.
Troisièmement, elle contribue à l’aménagement du territoire en répartissant plus équitablement les infrastructures sur l’ensemble du pays, ce qui permet à la fois de freiner l’exode rural et de dynamiser les zones périphériques en leur offrant de nouveaux leviers de développement.

En pratique, l’appel à la concurrence va permettre à l’ARPCE de comparer les offres techniques et financières des opérateurs candidats. Le ou les lauréats devront s’engager sur un calendrier de déploiement, des débits minimums et une qualité de service garantie. Les travaux devraient démarrer dans les prochains mois, pour une mise en service étalée sur plusieurs années.

3% du chiffre d’affaire pour le service universel
Enfin, selon les informations disponibles sur le site officiel de l’Autorité de Régulation de la Poste et des Communications Électroniques (ARPCE), le taux de contribution des opérateurs mobiles au service universel en Algérie est fixé à 3 %.
Voici les détails essentiels concernant cette contribution. Le taux exact de cette contribution est fixé à 3 % du chiffre d’affaires global réalisé chaque année par les opérateurs titulaires de licences. La base de calcul correspond au chiffre d’affaires annuel global de chaque opérateur, ce qui signifie que le montant versé varie en fonction de ses performances commerciales.

De plus, les sommes ainsi collectées alimentent le fonds de service universel pour lutter contre l’exclusion numérique, géré par l’ARPCE, qui est utilisé pour financer les projets de couverture des zones non rentables commercialement. En complément de cette contribution des opérateurs, l’État peut également abonder ce fonds par des subventions directes, dont les montants sont fixés par la loi de finances .

Définitions

Adjudication par appel à la concurrence : procédure formelle par laquelle une autorité publique (ici l’ARPCE) sollicite des propositions concurrentes de plusieurs entreprises, afin de retenir celle qui offre le meilleur rapport qualité-prix pour la réalisation d’un projet d’intérêt général.

Service universel : ensemble minimal de services de communications électroniques (téléphonie vocale, accès à Internet, etc.) que tout citoyen doit pouvoir obtenir, à un tarif raisonnable, indépendamment de son lieu de résidence. Ce concept est inscrit dans le droit européen et repris par de nombreux pays pour lutter contre l’exclusion numérique.

Localité à faible densité : zone rurale ou isolée dont la population est inférieure à un seuil défini par le régulateur (par exemple moins de 100 habitants/km²). Ces territoires représentent souvent plus de 80 % de la superficie du pays mais moins de 20 % de la population totale.

Cohésion sociale : capacité d’une société à garantir à tous ses membres un accès équitable aux services essentiels, à réduire les inégalités et à renforcer le sentiment d’appartenance à une communauté nationale.

Aménagement du territoire : politique publique visant à organiser l’espace géographique en y implantant des infrastructures (routes, écoles, hôpitaux, réseaux numériques) de manière équilibrée, pour éviter la concentration excessive dans les métropoles et le dépeuplement des campagnes.

Fracture numérique : inégalité d’accès aux technologies de l’information et de la communication, qui peut être géographique (ville/campagne), économique (revenus) ou générationnelle (âge). Ce projet cible spécifiquement la fracture géographique.

Réseau public de télécommunication mobile : infrastructure composée d’antennes-relais, de câbles, de commutateurs et de logiciels, permettant aux utilisateurs de téléphones portables ou de tablettes de passer des appels et de se connecter à Internet sans fil. Il est dit « public » car ouvert à tout abonné, par opposition à un réseau privé réservé à une organisation.

Développement numérique : processus d’intégration des technologies de l’information et de la communication dans les activités économiques, sociales et administratives, visant à stimuler l’innovation et la croissance.

Cohésion sociale : capacité d’une société à assurer le bien-être de tous ses membres, à réduire les inégalités et à favoriser un sentiment d’appartenance partagée, notamment par un accès équitable aux services essentiels.

Aménagement du territoire : politique publique visant à organiser et à répartir équitablement les infrastructures, les équipements et les services sur l’ensemble du territoire national, afin de corriger les déséquilibres régionaux et de promouvoir un développement harmonieux.

Disparités entre les groupes de population : inégalités d’accès aux infrastructures et aux services numériques entre différentes catégories de citoyens, souvent liées à des critères géographiques, économiques ou sociaux.

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