Poussés par la peur de se faire distancer dans la quête de l’Intelligence Artificielle Générale (AGI), les géants de la technologie investissent sans compter, quitte à négliger la rentabilité immédiate. Cette stratégie agressive pèse lourdement sur les chaînes d’approvisionnement mondiales et soulève de sérieuses inquiétudes concernant une potentielle bulle financière et l’impact environnemental croissant des infrastructures numériques.
Les leaders de la technologie se lancent dans une stratégie d’expansion agressive, alimentée par la crainte de rater le tournant de l’Intelligence Artificielle Générale (AGI), ce seuil théorique où les machines égaleraient ou surpasseraient l’intelligence humaine. Comme l’affirme les analystes et autres experts, «celui qui atteindra l’AGI en premier détiendra un avantage compétitif colossal»
Des coûts exorbitants et le spectre d’une bulle
Mais cette ambition a un coût. Les modèles de langage géants exigent des investissements colossaux, et la rentabilité est loin d’être assurée, compte tenu d’une base d’abonnés payants encore limitée. Ces dépenses massives font craindre à certains analystes une nouvelle bulle technologique, similaire à celle des années 2000. Des figures comme Mark Zuckerberg justifient cette stratégie car mieux vaut investir massivement maintenant pour ne pas se laisser distancer par la concurrence, quitte à ralentir l’allure plus tard.
Tensions sur l’approvisionnement et impact environnemental
Ces dépenses astronomiques pour l’IA exercent une pression considérable sur les chaînes d’approvisionnement : les fabricants de semi-conducteurs comme Nvidia, AMD et TSMC peinent à répondre à la demande en processeurs spécialisés, provoquant une flambée des prix et risquant de freiner le déploiement des infrastructures et la croissance des plus petits acteurs du marché.
Au-delà de cette compétition commerciale et des contraintes d’approvisionnement, cette soif de puissance de calcul soulève de sérieux défis écologiques, car la multiplication des centres de données – très gourmands en énergie et en eau – alarme les régulateurs ; plusieurs États américains, notamment la Californie et la Virginie, envisagent d’ailleurs d’imposer des contraintes plus strictes sur la consommation de ressources, forçant ainsi les géants du numérique à repenser la durabilité de leurs ambitions en IA.

