12 janvier 2026

Inauguration du Centre de Recherche en Mathématiques Appliquées (CRMA) <BR> Un levier stratégique pour l’Algérie

L’événement a réuni des figures de proue de la science nationale, notamment M. Kamel Sanhadji, Directeur général de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSS), ainsi qu’un large panel de chercheurs et d’experts.

Pourquoi les mathématiques appliquées sont-elles essentielles ?
Contrairement aux mathématiques pures qui étudient les concepts pour leur beauté logique, les mathématiques appliquées consistent en l’utilisation d’outils mathématiques pour résoudre des problèmes concrets du monde réel.

L’ouverture de ce centre repose sur deux piliers techniques majeurs :
La modélisation complexe
Il s’agit de traduire un phénomène réel (comme la propagation d’un virus ou le flux du trafic routier) en équations mathématiques afin d’en prédire l’évolution.
L’analyse de données (Data Science)
L’art d’extraire des informations exploitables à partir de masses de données brutes, un élément indispensable à l’ère du Big Data.

Des enjeux transversaux pour le développement national
Ce nouveau pôle d’excellence ne se limite pas à la théorie ; il vise à transformer le savoir en solutions opérationnelles dans plusieurs secteurs clés.
Sécurité Sanitaire et Biotechnologie : La présence de l’ANSS souligne l’importance de la biostatistique. Le centre permettra, par exemple, de modéliser des épidémies ou d’optimiser le développement de nouveaux médicaments grâce à la simulation numérique.

Intelligence Artificielle (IA) : Les algorithmes d’IA (comme le Deep Learning) reposent entièrement sur des fondements mathématiques (algèbre linéaire, probabilités). Le CRMA sera le moteur de l’innovation algorithmique en Algérie.

Optimisation Industrielle : Dans le secteur de l’énergie ou de la logistique, les mathématiques permettent de réduire les coûts et d’améliorer l’efficacité des processus de production.

Vers une souveraineté technologique
L’ambition portée par le nouveau Centre de Recherche en Mathématiques Appliquées dépasse la simple production de publications scientifiques. Il s’agit d’un projet de souveraineté nationale et de rayonnement diplomatique, structuré autour de deux axes fondamentaux, la quête de Souveraineté Technologique et l’autonomie algorithmique.
Dans un monde de plus en plus numérisé, dépendre exclusivement de technologies étrangères représente un risque stratégique (cybersécurité, coûts de licence, accès aux données).

En développant des solutions locales, l’Algérie vise deux objectifs comme celui de concevoir des logiciels et des modèles d’analyse « faits maison » pour les secteurs sensibles comme l’énergie, la défense ou la finance. Cela permet de s’assurer que les outils utilisés répondent précisément aux réalités du terrain algérien. Mais aussi réduire la dépendance économique en transformer le pays de simple consommateur de technologies importées en un producteur de propriété intellectuelle. Cela limite la fuite de devises liée à l’achat d’expertises externes.

L’enjeu humain est au cœur de cette stratégie. L’Algérie forme d’excellents mathématiciens, mais beaucoup s’expatrient faute d’infrastructures à la hauteur de leurs ambitions. En offrant un environnement de travail de haut niveau, doté de ressources de calcul intensif et de projets stimulants, le centre offre une alternative concrète aux chercheurs locaux. C’est ce qu’on appelle retenir les cerveaux par des projets.

Un pôle d’excellence reconnu agit comme un aimant. Il permet de nouer des collaborations mondiales avec des universités de prestige ou des géants de la technologie, positionnant l’Algérie comme un partenaire incontournable et non plus comme un simple marché.

Pourquoi est-ce un « Écosystème » ?
On ne parle pas seulement d’un bâtiment, mais d’un réseau dynamique. Pour que cette ambition réussisse, le centre doit connecter trois mondes. Le monde académique pour l’innovation pure, le monde industriel pour que les équations deviennent des produits et l’État pour définir les priorités nationales (santé, sécurité, économie).

Horizon 2030, le CRMA, Catalyseur d’une Algérie de la Connaissance
À l’horizon 2030, le Centre de Recherche en Mathématiques Appliquées (CRMA) de Sidi Abdellah est appelé à devenir bien plus qu’une simple infrastructure de calcul. Il se positionnera comme le véritable cerveau stratégique d’une Algérie résiliente, capable de convertir les défis technologiques en leviers de croissance.

Cette institution représente le moteur d’une transformation profonde à savoir le passage d’une économie de rente, historiquement dépendante des ressources naturelles, vers une économie de la connaissance, où la valeur est créée par l’intelligence, l’innovation et l’exploitation souveraine des données.

En intégrant les mathématiques au cœur de l’appareil productif national, l’Algérie se dote des outils nécessaires pour anticiper les crises (sanitaires, climatiques ou économiques) grâce à la puissance de la modélisation prédictive mais aussi optimiser ses ressources pour garantir un développement durable et une souveraineté technologique accrue et transformer chaque donnée brute en une opportunité stratégique, propulsant ainsi le pays sur la scène technologique internationale.

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