12 janvier 2026

Transformation numérique en Algérie <BR> Un virage stratégique au cœur de la modernisation de l’État

S’exprimant à l’ouverture des travaux d’une journée parlementaire intitulée « La transformation numérique en Algérie : un choix stratégique et la concrétisation de la vision du président de la République », organisée au siège du Conseil de la Nation, M. Nasri a insisté sur le fait que ce dossier bénéficie d’une attention particulière et d’un suivi direct du président de la République, Abdelmadjid Tebboune. Cette implication au plus haut niveau de l’État s’explique, selon lui, par l’impact déterminant de la numérisation sur la modernisation de l’administration et sur l’amélioration de la relation entre l’administration et le citoyen.

Une transformation structurelle, au-delà de la simple technologie

Pour le président du Conseil de la nation, la transformation numérique ne peut être réduite à une simple évolution technologique ou à une réponse ponctuelle à des contraintes conjoncturelles. Elle constitue plutôt une orientation stratégique impérative, étroitement liée à l’efficacité du service public, à la protection des droits fondamentaux et à l’amélioration durable de la qualité des prestations administratives.

Dans ce contexte, il a rappelé une déclaration du président de la République selon laquelle « la numérisation est entièrement lumière », une formule qui résume l’objectif de transparence, de traçabilité et de lutte contre les pratiques opaques que permet le recours aux outils numériques.

La gouvernance des données, pilier de la numérisation

M. Nasri a également mis l’accent sur la notion de gouvernance juridique des données, qu’il considère comme le socle de toute politique de transformation numérique crédible. Cette gouvernance renvoie à l’ensemble des règles, cadres juridiques et mécanismes institutionnels destinés à encadrer la collecte, le stockage, le traitement et l’utilisation des données, notamment celles à caractère personnel.

À ce titre, il a jugé nécessaire d’adopter des systèmes précis de classification, de sécurisation et de gestion des données, intégrant des mécanismes de consentement explicites et des procédures d’accès clairement définies. L’objectif est de garantir la protection des droits des citoyens, tout en assurant une exploitation efficace et sécurisée de l’information au sein de l’administration.

Une administration plus interactive et moins bureaucratique

Abordant l’impact de la numérisation sur le fonctionnement administratif, le président du Conseil de la nation a souligné que cette dynamique a conduit à une refonte progressive des règles encadrant les services publics. Selon lui, l’administration évolue d’un modèle vertical, souvent perçu comme rigide, vers une relation plus interactive et participative avec l’usager.

Dans cette perspective, il a évoqué l’émergence de la décision administrative numérique, une décision créée, notifiée et archivée par voie électronique. Ce mode de fonctionnement contribue, d’après lui, à la simplification des procédures, à la réduction des délais de traitement et au renforcement de la transparence dans l’action publique.

Vers un droit d’accès numérique aux services publics

M. Nasri a plaidé pour la consécration du droit du citoyen à l’accès numérique aux services publics, estimant que la numérisation doit devenir un levier d’inclusion et d’égalité. Il a indiqué que l’Algérie, sous la conduite du président Abdelmadjid Tebboune, s’inscrit dans une démarche de transformation numérique globale, couvrant l’ensemble des secteurs.

Cette stratégie vise notamment à améliorer la performance administrative, à rationaliser les dépenses publiques et à réduire les délais de traitement, tant pour les citoyens que pour les institutions.

Des indicateurs encourageants, mais des défis persistants

Selon le président du Conseil de la nation, les indicateurs de performance numérique enregistrés récemment témoignent d’une évolution positive du rendement électronique en Algérie. Ces résultats, a-t-il estimé, confirment l’existence d’une base technologique solide et d’une vision claire tournée vers l’avenir, ouvrant la voie à des cycles technologiques plus ouverts, plus robustes et plus performants.

Toutefois, M. Nasri a souligné que la réussite de cette transition reste conditionnée au développement de solutions numériques flexibles, sécurisées et conformes aux normes nationales et internationales. Ces solutions doivent s’appuyer sur des expertises capables de concevoir des systèmes intégrés, allant des plateformes de services électroniques aux applications d’intelligence artificielle et d’analyse des données, tout en respectant les standards les plus élevés en matière de cybersécurité.

Un débat parlementaire tourné vers l’avenir

Les travaux de cette journée parlementaire, première du genre pour la session 2025-2026, se sont poursuivis avec des interventions de responsables institutionnels et d’experts. Les échanges ont porté sur les enjeux, les défis et les perspectives de la transformation numérique en Algérie, dans un contexte marqué par l’accélération des mutations technologiques à l’échelle mondiale.

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