13 janvier 2026

Réponse de Taiwan <BR> La tentative américaine de délocalisation de la production de puces taïwanaises démentie

Ce week-end a été marqué par une déclaration explosive à la télévision américaine, rapidement démentie par Taipei, concernant l’avenir de la production mondiale de semi-conducteurs. L’enjeu est colossal : la souveraineté technologique et la maîtrise de la chaîne d’approvisionnement des puces électroniques.

La proposition choc du Secrétaire au Commerce
Le Secrétaire américain au Commerce, Howard Lutnick, a affirmé publiquement avoir discuté avec la vice-première ministre taïwanaise, Cheng Li-chun, d’un éventuel accord visant à transférer la moitié de la production de puces de Taïwan sur le sol des États-Unis. Sauf qu’il n’en est rien.

Cette proposition représenterait une délocalisation massive d’une industrie stratégique. Les semi-conducteurs, ou puces électroniques, sont le « cerveau » de toute l’électronique moderne, smartphones, voitures, centres de données, équipements militaires…. Taïwan domine actuellement cette industrie, notamment grâce à TSMC, Taiwan Semiconductor Manufacturing Company, le plus grand fondeur, entreprise qui fabrique les puces, du monde, connu pour sa maîtrise des technologies de gravure les plus avancées.

Démenti catégorique et clarification taïwanaise
Cependant, la déclaration de Lutnick a été catégoriquement réfutée par le gouvernement taïwanais. Dans un communiqué officiel, la vice-première ministre Cheng Li-chun a précisé que la délocalisation n’avait jamais été abordée lors de ses entretiens à Washington.

« Il s’agit d’une idée américaine. Nous n’avons jamais pris d’engagement concernant un partage de la production de semi-conducteurs à parts égales entre les deux pays », a-t-elle insisté.

Les discussions portaient en réalité sur la coopération en matière de chaîne d’approvisionnement et, surtout, sur la question sensible des tarifs réciproques. Pour mettre fin à toute spéculation, Mme Cheng a déclaré sans ambiguïté : « Nous n’accepterons pas de telles conditions. »

La pression américaine et l’épée de Damoclès douanière
Cette « fausse information » est largement perçue comme un nouvel outil de pression de l’administration américaine sur Taïwan. Les États-Unis cherchent activement à rapatrier une partie de la production de puces pour des raisons de sécurité nationale et de résilience économique, afin de réduire leur dépendance aux fournisseurs asiatiques connu sous le nom de phénomène appelé « reshoring » ou « friendshoring ».

Le contexte des discussions est tendu. En effet, les exportations taïwanaises sont actuellement soumises à une taxe de 20 % aux États-Unis, en attendant la finalisation d’un accord commercial entre les deux parties. C’était l’objectif principal du déplacement de la délégation taïwanaise.
De plus, l’administration américaine maintient une pression constante en évoquant la possibilité d’imposer une taxe douanière de 100 % sur les importations de puces étrangères, une menace qui pèserait lourdement sur l’économie taïwanaise.

Des Investissements massifs, mais insuffisants pour Washington
Malgré cette pression, Taïwan n’est pas insensible aux sollicitations américaines. Le géant TSMC a déjà annoncé des investissements colossaux aux États-Unis, avec 65 milliards de dollars déjà engagés et un plan d’investissement supplémentaire de 100 milliards de dollars sur quatre ans pour ses outils de production et sa R&D sur le sol américain.

Ces initiatives démontrent la volonté de TSMC de se conformer aux exigences géopolitiques tout en sécurisant ses marchés. Cependant, il semble que Washington cherche encore à obtenir un engagement plus radical de la part de Taïwan.

Le secteur des semi-conducteurs et des technologies de l’information et de la communication (TIC) est vital pour Taïwan, il représente plus de 70 % de ses exportations vers les États-Unis, soulignant l’interdépendance des deux économies et l’enjeu majeur des négociations en cours. La bataille pour la maîtrise de la chaîne d’approvisionnement des puces ne fait que commencer.

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