L’Algérie a célébré l’excellence scientifique et l’innovation lors de la première édition du Prix du Président de la République du chercheur innovant. Cette distinction nationale a mis en lumière les contributions exceptionnelles de chercheurs et étudiants algériens, récompensés pour leurs travaux révolutionnaires dans des domaines aussi variés que la santé, l’agriculture et la défense nationale. Ces reconnaissances réaffirment la volonté de l’Algérie de s’affirmer comme un acteur majeur dans la recherche scientifique et le développement technologique.
Le Premier ministre algérien, Nadir Larbaoui, a présidé la première édition du Prix du Président de la République du chercheur innovant à Sidi Abdellah. Cet événement, coïncidant avec la Journée nationale de l’étudiant, a récompensé six lauréats (trois étudiants et trois enseignants-chercheurs) pour leurs projets innovants dans des domaines clés comme l’intelligence artificielle, l’économie de la connaissance, la sécurité alimentaire et sanitaire.
Le ministre de l’Enseignement supérieur, Kamel Baddari, a souligné l’importance de ce prix comme témoignage de la volonté présidentielle de faire de l’université un moteur de développement national, en encourageant l’excellence et la créativité. Les lauréats ont reçu, en plus de la distinction honorifique, des récompenses financières substantielles (5 millions, 3 millions et 2 millions de dinars algériens pour les 1er, 2e et 3e prix, respectivement)
Catégorie « Étudiants » : L’Avenir en marche
La catégorie « Étudiants » a brillamment mis en lumière la nouvelle génération de talents algériens, prêts à façonner l’avenir avec des solutions innovantes. Amel Imen Hadj Bouzid, doctorante au CERIST, s’est distinguée en remportant la première place grâce à son outil révolutionnaire de segmentation automatique en imagerie médicale. Cette innovation majeure réduit le temps de diagnostic de 20 à seulement 3 minutes, tout en augmentant considérablement la précision. Pour Amel, cette reconnaissance est bien plus qu’un honneur ; c’est « une grande responsabilité à assumer avec engagement ».
Ben Salem Ahmed Elyas, de l’École supérieure d’informatique de Sidi Bel-Abbès, s’est distingué en deuxième position. Son dispositif médical basé sur l’intelligence artificielle promet d’accélérer le diagnostic, la surveillance et le traitement du cancer, notamment grâce à des tests rapides en bloc opératoire. Il voit dans ce prix « un honneur qui permettra d’aller de l’avant ».
Enfin, Nargis Rayhan, étudiante en master à l’Université Frères Mentouri de Constantine, a été récompensée pour son biostimulateur agricole 100 % naturel, « Biostim Agro ». Ce produit, à base de bactéries locales et de résidus végétaux, vise à soutenir l’agriculture durable et la productivité. Pour Nargis, c’est une « fierté » et un encouragement à transformer son projet en start-up.
Catégorie Enseignants-Chercheurs : L’Excellence au service du Pays
Les enseignants-chercheurs ont, eux aussi, démontré l’étendue de leur savoir-faire et leur engagement indéfectible. Amar Azioune, directeur de recherche au CRBt, a été primé pour son projet novateur sur les nouvelles technologies de puces biologiques. Ces biopuces de troisième génération, entièrement développées en Algérie, sont l’aboutissement de vingt années de recherche et d’un transfert de savoir-faire depuis l’Europe. Bientôt disponibles sur les marchés national et international, elles représentent un véritable bond en avant. Pour M. Azioune, cette reconnaissance marque un « jour historique » et un « tournant pour l’innovation nationale ».
Le deuxième prix a été décerné à Zine Eddine Khemiri, chercheur au CRSTRA, pour son projet « O3 SipTech », une technologie d’irrigation intelligente pour les régions arides. Ce système permet une économie d’eau de 47 % et un rendement agricole exceptionnel, s’alignant parfaitement avec la stratégie nationale de développement de l’agriculture saharienne. Pour Khemiri, ce prix est « un véritable encouragement » à généraliser cette technologie.
Enfin, le Colonel Atif Djoulah du Ministère de la Défense nationale a obtenu le troisième prix pour son concept de « défense alimentaire ». Ce projet novateur vise à protéger la chaîne alimentaire nationale contre les menaces des guerres hybrides, qu’elles soient biologiques ou chimiques, renforçant ainsi la souveraineté et la sécurité globale de l’Algérie.
Ces récompenses ne sont pas seulement un hommage aux individus, mais un témoignage de la vitalité de la recherche scientifique en Algérie. Elles ouvrent la voie à de nouvelles perspectives, confirmant le rôle essentiel de l’innovation pour le développement économique et la sécurité du pays.

