18 juin 2024

Infrastructures numériques et enjeux globaux
La géopolitique des câbles sous-marins

Les câbles sous-marins, transportant 99 % du trafic mondial de données, sont au cœur de l’internet et des rivalités internationales. La demande croissante de données et les tensions géopolitiques redéfinissent le paysage des télécommunications. Les câbles optiques sous-marins, qui transportent 99 % du trafic mondial de données, sont essentiels à l’internet. Cette année, environ 140 000 kilomètres de nouveaux câbles seront installés, soit trois fois plus qu’il y a cinq ans, en réponse à la demande croissante due aux services de streaming et de cloud, selon TeleGeography. Les câbles sous-marins et les centres de données sont des infrastructures numériques cruciales, déterminant le pouvoir et l’influence des pays et des entreprises. Regardons ce qui se passe dans le pacifique.

Les tensions géopolitiques entre les États-Unis et la Chine ralentissent l’installation de nouveaux câbles sous-marins reliant la Chine au reste du monde. Autrefois envisagée comme un futur hub pour ces réseaux, la Chine ne verra que trois nouveaux câbles installés cette année, bien moins que Singapour. Cette situation affectera également la construction de datacenter en Chine.
La Chine, autrefois en pleine expansion économique et grande consommatrice de données, voit sa présence dans les réseaux de câbles sous-marins diminuer. Depuis 2020, l’initiative Clean Network, lancée par l’administration Trump, exclut les entreprises chinoises des projets de télécommunications pour garantir la sécurité des données. Par conséquent, des projets comme le câble sous-marin de 13 000 km entre Los Angeles et Hong Kong ont été révisés pour exclure la Chine.

La présence de la Chine dans les réseaux de câbles sous-marins devrait encore diminuer, avec seulement trois câbles internationaux reliant Hong Kong prévus d’ici 2025. En revanche, la demande de trafic de données entre les États-Unis et l’Asie reste forte, avec plusieurs nouveaux câbles prévus pour le Japon, Singapour et Guam.
Les entreprises américaines, notamment Google, jouent un rôle clé dans ces installations. Entre 2021 et 2025, elles participeront à des projets représentant 220 000 km de nouveaux câbles sous-marins, soit 48 % du total mondial.

Ces câbles influencent également l’emplacement des centres de données. Cushman & Wakefield prévoit que la part de la Chine dans les revenus mondiaux des centres de données passera de 9 % en 2023 à 7 % en 2028, tandis que celle des États-Unis baissera de 49 % à 38 %. L’Asie du Sud-Est verra sa part augmenter de 9 % à 11 % grâce aux nouveaux projets de câbles.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *