18 juin 2024

YASSIR BRISE LE PLAFOND DE VERRE
UNE LICORNE À L’ESAA (avec vidéo)

Jeans, basket et sweet à capuche, main dans la poche, sourire aux lèvres c’est comme cela qu’apparait Noureddine Tayebi, fondateur de Yassir, sur l’estrade de l’amphithéâtre de l’ESAA dans le cadre des « Conférences de l’Excellence ESAA », qui est remplie à craquer. Cette conférence se déroule en présence de Yacine El Mahdi Oualid, ministre l’Économie de la connaissance, des Start-up, des Micro-entreprises. Les portes de l’amphithéâtre sont fermées. Plus de place. Une chaleur étouffante et un silence assourdissant. « Je commence » dira Noureddine Tayebi en affichant un slide de photos de personnalités reconnues dans le monde.

Pour expliquer son parcours, il va parler de Stanfort university, est en effet l’une des universités les plus réputées du monde, de son histoire et surtout de son modèle qu’il va appliquer dira-t-il dans ses études, mais aussi dans son travail. Il n’oublie de dire qu’il est ingénieur de formation et qu’il est sorti de l’École Polytechnique d’Alger.
Le campus de Stanford est situé dans une région réputée pour la libre circulation des idées et pour ses entreprises technologiques à succès comme Facebook, LinkedIn et maintenant Yassir. En outre, l’Université de Stanford est particulièrement réputée pour son esprit d’entreprise et la capacité de ses étudiants à attirer des fonds pour leurs startups.

« Je ne stress pas »

« Je suis dans une phase où je ne stress pas » dira-t-il tout en expliquant « le principe d’équilibre » qu’il a certainement touché à Stanford. Il ajoute que « grâce à ce principe d’équilibre que c’est avec un minimum d’effort que l’on peut avoir un grand impact ». Dans nombre d’études scientifiques ou plutôt surtout de vulgarisations scientifiques, dans maints documentaires sur la nature ou le monde animalier comme souvent dans la vie courante, nous entendons discuter de l’équilibre de la nature et des menées néfastes de l’humanité qui la déséquilibre de plus en plus. Or, comme en économie ou en politique, l’équilibre n’est jamais atteint, n’existe pas, et constitue soit un discours idéologiquement orienté, soit un objectif tout à fait théorique. Tout en parlant de financement, il rappellera que « c’est la culture qui est le capital principal ».
Il fait défiler les slides et revient au premier en disant « comme je vous l’ai dit plus tôt, je vais vous donner l’explication de ce qui les réunis tous, ou bien quel est leur facteur commun. Et bien, c’est leur jeunesse. Toutes les personnes, ici, en montrant l’écran, sont jeunes. Ils n’ont pas peur de l’échec ». Il ajoute « Pour nous aussi nous avons pris un risque, mais nous y croyons et nous l’avons lancé » tout en ajoutant que « c’était une mission de créer un modèle de succès vraiment 100 % algérien, permettant de réhabiliter le talent local et de montrer qu’on peut créer de la plus-value en Algérie »
Yassir a commencé à fournir des services de taxis et de livraisons dans les grandes villes algériennes dans un premier avec un développement de la plateforme « from scratch ». Au cours de la conférence qu’il a donnée, il dira que « Yassir est d’abord une mission » en ajoutant que « Yassir c’est 2000 employés, 100000 en indirect et plusieurs millions de commandes ». Il dira que « Yassir espère une prolifération des impacts sociaux en augmentant les revenus de leurs partenaires et en renforçant les facteurs de motivation qui garantissent un meilleur niveau de vie. »
Son discours met en avant la mise en place d’un écosystème. En effet, il parlera « de hub de développement, de marketplace et plus de 40 000 magasins ». De plus, il dira que « Yassir c’est trois axes : le VTC, le delivery et le service de paiement ». En aparté, nous lui avons demandé ce qu’il entendait par « service de paiement », il nous répond que « ce sera une banque digitale ».

Internationalisation de Yassir

Après s’être implantée dans l’ensemble du Maghreb, la start-up vise maintenant le monde et en particulier l’Afrique. Elle vient de s’installer au Sénégal et après « ce sera l’Afrique du Sud » nous dit Noureddine Tayebi sans oublier « le Canada, la France et d’autres pays ».
La deuxième partie de son speech sera axé sur le financement et la levée de fonds. En tant qu’ancien étudiant à Stanford, il est proche du capital-risque américain dont il connait les moindre recoin et structure. Il dira que « nous avons été audités. Nos chiffres sont clairs et transparents » tout en ajoutant que « cela n’a pas été facile ». Il raconte qu’« au début, nous allions vers les VC-ventures capital —, mais la région n’était ni connue ni appréciée. Aujourd’hui, tous les VC connaissent la région et Yassir », car dira-t-il « Aujourd’hui, la licorne, nous l’avons déjà ».
Il racontera une anecdote quand il avait rencontré un VC avec lequel il avait discuté et qui quelques jours plus tard lui signifie qu’il va le financer. Il le recherche et lui demande « pourquoi vous financer ce projet » et l’investisseur lui répond « j’ai vu du potentiel en toi ». Cette anecdote est racontée pour mettre en œuvre le fait qu’« il y a toujours des personnes qui aident même si on ne les connait pas ». Un message subliminal en direction des étudiants et futurs entrepreneurs.
On croit comprendre que l’ambitieux patron veut faire de Yassir une entreprise bien plus sophistiquée qu’un simple service de VTC et de livraison à domicile : une plateforme multiservice.
Une fois le speech terminé, une séance de questions-réponses qui ne s’arrête pas. Un flot de questionnement et des réponses claires de l’intervenant. Il dira entre autres que « nous sommes partis vers l’Afrique, car l’Algérie, aussi grande soit-elle, reste un petit marché » tout en ajoutant « nous sommes en croissance ».
Il clôturera cette rencontre par « si on arrive à faire ce que nous avons programmé alors nous aurons gagné »

À savoir
En marge de la journée d’information organisée par l’École Supérieure Algérienne des Affaires le jeudi 08 décembre autour du lancement de son nouveau programme « Essentials Of MBA Digital & Governance » sous le haut patronage du ministre de l’Économie de la connaissance, des Start-up, des Micro-entreprises et leur promotion Monsieur Yacine El Mahdi Oualid, s’est tenue la 5e édition des Conférences de l’Excellence ESAA qui a reçu Monsieur Noureddine Tayebi, CEO de Yassir, pour une Conférence sous le thème « Une Licorne algérienne, est-ce possible ? Comment ? Et pourquoi ? »

Diplômé en ingénierie de l’École Nationale Polytechnique d’Alger, et de l’université d’Urbana-Champaign de l’Illinois, Noureddine Tayebi poursuit ses études à l’université de Stanford ou il obtient un doctorat en génie électrique. Il commence son parcours entrepreneurial en 2011 avec 23 brevets déposés.
En 2017, il a co-fondé la start-up algérienne Yassir. D’abord déployée comme une application de taxi à la demande elle devient la startup la plus valorisée de toute l’Afrique du Nord offrant des services à la demande telle que le transport, la livraison de repas et de courses, ainsi que des services financiers, la marketplace annonce en novembre 2022 avoir levé 150 millions de dollars en financement de série B d’investisseurs mondiaux de premier plan.

Enfin, les Conférences de l’Excellence ESAA sont un cycle de rencontres régulières et ambitionne de mettre en avant et en face de la communauté de l’école, d’éminents personnages publics ayant réussi à se distinguer, à incarner dans leur champ d’activité respectif, une certaine forme de singularité.

La vidéo de la conférence

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