17 mai 2022

Présentation de la plateforme « Turathi.dz » de protection des biens culturels

Chaque jour, quelque part dans le monde, un objet est volé ou pillé dans le but d’être vendu illégalement sur le marché. Au cours des 30 dernières années, le trafic illicite d’œuvres d’art et de biens culturels est devenu un problème majeur. Le vol, le pillage et le trafic illicite des biens culturels sont des crimes.

La ministre de la Culture et des Arts, Soraya Mouloudji a procédé, lundi à Alger, au lancement de la plateforme électronique « Turathi.dz », destinée à lutter contre la contrebande et le trafic illicite des biens culturels, et réalisée en collaboration avec l’ambassade des Etats-Unis d’Amérique.
Dédiée essentiellement aux corps constitués de la Police et la Gendarmerie nationales ainsi qu’aux Douanes algériennes (dont des représentants étaient présents), « Turathi.dz » est un guide-photo numérique, permettant la consolidation des stratégies de protection et de valorisation des collections des musées et des bibliothèques, à travers l’élaboration de projets numériques et la formation à leur maitrise pratique pour empêcher toute tentative de commercialisation illégale des biens culturels.
Le trafic illicite des biens culturels est une des activités criminelles transnationales les plus importantes et les plus lucratives. Il s’agit d’un crime international qui dépasse les frontières, car les objets volés sont souvent déplacés d’un pays à l’autre.
La ministre de la Culture et des Arts a indiqué que son département a « œuvré à la recherche des voies et techniques avec ses partenaires, afin de pouvoir lutter efficacement contre la contrebande et le trafic illicite des biens culturels », conformément aux orientations du président de la République M. Abdelmadjid Tebboune, portant sur la nécessité de la conservation, la protection et la valorisation de l’héritage culturel algérien.

La plateforme électronique « Turathi.dz » est constituée d’une « base de données numériques sur les différents biens culturels, les plus exposés au vol, à la contrebande et à la commercialisation illicite », a indiqué Soraya Mouloudji, expliquant que ce guide-référence peut être utilisé par « les agents des différents corps constitués, les hommes de loi, ainsi que les collaborateurs internationaux actifs dans ce domaine ».
Ce projet intervient en application du « mémorandum d’entente » signé en 2019 par l’Algérie et les Etats Unis d’Amérique, portant sur la « limitation de l’exportation d’objets archéologiques vers les Etats-Unis et l’arrêt de la spoliation et le trafic de ces objets conformément à la convention de l’UNESCO de 1970 ».

De son côté, l’ambassadeur des Etats-Unis d’Amérique, Elisabeth Moore Aubin a rappelé dans sa lettre, que ce guide photo, réalisé en collaboration avec la « Coalition des antiquités », fait partie des « engagements plus larges entre la partie algérienne et américaine », qui comprenait également la « création d’un plan à long terme de numérisation des biens culturels algériens, qui contribuera à prévenir et à poursuivre les pillards et permettra au ministère de partager plus largement son riche patrimoine culturel avec le public ».
Une journée de formation sur l’utilisation et l’exploitation des données de ce nouveau moyen numérique de contrôle a été encadrée par des experts algériens à l’adresse des éléments des corps constitué présents. Internet offre un outil précieux aux trafiquants en rendant le trafic des biens culturels plus rapide, plus facile et de plus en plus difficile à combattre pour les autorités mais il peut aussi être utilisé contre les trafiquants.

A savoir

Depuis sa création l’UNESCO a élaboré l’arsenal juridique de référence pour la protection et la sauvegarde du patrimoine culturel, comprenant la Convention de 1970 pour interdire et empêcher l’importation, l’exportation et le transfert de propriété illicites des biens culturels. Il est donc du devoir de chacun d’agir contre le trafic illicite des biens culturels et de protéger le patrimoine culturel.

A savoir

Une étude menée par INTERPOL sur l’utilisation d’Internet aux fins de la vente d’objets
culturels a souligné les énormes difficultés auxquelles les autorités sont confrontées dans ce
domaine. Ces difficultés sont également mentionnées dans un document rédigé par
l’UNESCO, en étroite collaboration avec INTERPOL et l’ICOM, demandant de prodiguer des
conseils à ses États membres sur les « Mesures élémentaires concernant les objets culturels
mis en vente sur Internet »

Ce document énumère un certain nombre de facteurs expliquant pourquoi il est si difficile de
surveiller le trafic d’objets culturels sur Internet :
a) le volume et la diversité des objets mis en vente ;
b) la diversité des lieux ou des plateformes de vente d’objets culturels sur Internet ;
c) l’absence d’informations qui permettraient de bien identifier les objets ;
d) le peu de temps disponible pour réagir étant donné la brièveté des enchères ;
e) la situation juridique des sociétés, entités ou particuliers qui sont à l’origine de la
vente d’objets culturels sur Internet ;
f) la complexité des questions de juridiction posées par ces ventes ;
g) le fait que les objets vendus se trouvent souvent dans un pays autre que celui où se
situe la plate-forme de vente sur Internet.

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